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Comment repérer et gérer les allergies alimentaires chez l’enfant ?

L'équipe de rédaction de MEDADOM
janvier 2026

Chez l’enfant, l’alimentation joue un rôle indispensable dans son développement et sa croissance. Pour autant, de plus en plus d’enfants sont aujourd’hui concernés par des allergies alimentaires. Quels en sont les signes ? Comment identifier les allergènes ? Et quels sont les bons réflexes à adopter en cas de réaction allergique ? On fait le point.

 

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire chez l’enfant ?

 

Définition médicale d’une allergie alimentaire

L’allergie alimentaire correspond à une réaction excessive du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment spécifique qu’on appelle alors « allergène ». Cette réaction s’opère en deux temps au niveau du tube digestif.

Dans un premier temps, la rencontre avec l’allergène n’est pas symptomatique mais provoque la sensibilisation de l’organisme avec production d’anticorps dirigés contre cet allergène. Ces anticorps se fixent alors sur des cellules appelées mastocytes contribuant à la défense de l’organisme.

Dans un second temps, un nouveau contact avec l’allergène stimule les mastocytes qui libèrent des substances telles que l’histamine à l’origine de symptômes inflammatoires (par exemple eczéma, rhinite).

Chez l’enfant, 75% des allergies sont causées par six familles d’aliments parmi lesquelles :

  • Les œufs ;
  • Les arachides ou cacahuètes ;
  • Le lait de vache ;
  • La moutarde ;
  • Les fruits à coque ;
  • Le poisson.

Notons qu’en raison des changements dans nos habitudes alimentaires, certains allergènes dits « émergents » font leur apparition et risquent de provoquer des réactions allergiques graves. C’est le cas du sarrasin, du lait de chèvre et de brebis, du kiwi, des pignons de pin, de l'alpha galactose (présent dans la viande des mammifères) ainsi que des pois et des lentilles.

 

Quelle différence entre allergies et intolérances alimentaires ?

L’allergie alimentaire se distingue d’une intolérance alimentaire. Plus répandue, l’intolérance alimentaire correspond à une réaction irritative causée par des composants de certains aliments. Elle est généralement localisée au niveau de l’intestin.

Certaines intolérances alimentaires sont liées à l’absence d’enzymes digestives normalement présentes dans l’intestin. C’est le cas de l’intolérance au lactose et de l’intolérance au gluten.

D’autres intolérances alimentaires revêtent quant à elles un caractère occasionnel comme l’intolérance au lactose durant un épisode de diarrhée aiguë (qui provoque une irritation temporaire de l’intestin).

 

Pourquoi certains enfants développent-ils des allergies ?

Il faut savoir que personne n’est allergique dès la naissance. Seul est transmis par les parents un terrain génétique plus ou moins sensible et favorisant ou non le développement d’une allergie alimentaire. L’environnement constitue par ailleurs un facteur de poids dans le développement des allergies alimentaires.

Ces dernières années, force est de constater que la fréquence des allergies alimentaires a doublé et touche particulièrement les enfants. Si la communauté scientifique ne dispose pas à ce jour de suffisamment de données pour en déterminer les causes, elle avance néanmoins plusieurs hypothèses parmi lesquelles :

  • Des aliments de plus en plus variés (en lien avec la mondialisation des denrées alimentaires).
  • Une fabrication des aliments de plus en plus complexe (création de nouveaux ingrédients et de nouveaux procédés agroalimentaires).
  • La sélection de nouvelles variétés de céréales, de fruits et de légumes.
  • Une diversification alimentaire trop précoce chez les nourrissons.
  • Une trop grande hygiène (favorable selon certains à l’apparition d’un terrain allergique).
  • La pollution de l’air qui augmenterait la sensibilité allergique en général.

 

Quels sont les signes d’une allergie alimentaire chez l’enfant ?

Réactions cutanées fréquentes

Urticaire, eczéma, rougeurs

En cas d’allergie alimentaire chez l’enfant, la réaction est généralement immédiate et peut être très intense. Elle peut se traduire par des manifestations cutanées comme des démangeaisons, des poussées d'urticaire localisée ou généralisée avec ou sans œdème ainsi que des poussées d’eczéma atopique.

Notons que l’eczéma atopique survient fréquemment en cas d’allergie alimentaire chez le nourrisson.

Allergie alimentaire d'un enfant avec des plaques rouges cutanées

Quels sont les symptômes digestifs associés à une allergie alimentaire ?

Nausées, vomissements, diarrhée

Les manifestations allergiques peuvent également être d’ordre digestif avec des douleurs abdominales, des coliques associées à des pleurs fréquents, des diarrhées et vomissements. Chez le nourrisson, l’allergie peut se manifester par un reflux gastro-œsophagien.

 

Troubles respiratoires

Toux, essoufflement, sifflements

Une allergie alimentaire peut enfin provoquer des troubles respiratoires avec rhinite, toux, voire crises d'asthme.

 

Symptômes plus graves : quand faut-il consulter en urgence ?

Choc anaphylactique, gonflement du visage ou des lèvres

Mais dans certains cas, des symptômes plus graves peuvent également apparaître comme :

  • Une crise d’asthme importante.
  • Un gonflement des paupières, des mains et des pieds.
  • Un œdème pharyngé ou laryngé (œdème de Quincke) risquant de bloquer la respiration et de mettre en danger la vie du patient.
  • Un choc anaphylactique (forte réaction allergique affectant tout l’organisme et constituant une urgence vitale pour le patient).

Notons qu’il est indispensable de consulter un médecin dès les premiers signes de réaction inhabituelle suite à l’ingestion d’un aliment par un enfant ayant un terrain allergique (rhume des foins, asthme, eczéma, etc.), pour éviter le risque de complications graves.

 

Comment poser un diagnostic d’allergie alimentaire ?

En cas de suspicion d’allergie alimentaire chez son enfant, il convient de consulter son pédiatre ou son médecin traitant qui l’orientera si besoin vers un allergologue. Car le diagnostic peut parfois être délicat à confirmer et nécessite un bilan allergologique en plusieurs étapes.

Notons qu’un enfant peut bénéficier des services de téléconsultation dès l’âge de 3 ans à la condition d’être accompagné d’un parent ou d’un tuteur légal.

Il repose avant tout sur un interrogatoire visant à connaître les antécédents de l’enfant et de sa famille, les aliments suspectés, les éventuels traitements en cours, les circonstances de survenue de l’allergie ainsi que les facteurs favorisants ou aggravants.

 

Tests cutanés (prick-tests)

Des tests cutanés (prick-tests à lecture immédiate) peuvent ensuite être réalisés pour préciser le diagnostic, y compris chez le tout jeune enfant. À l’aide des données collectées au cours de l’interrogatoire, le médecin dépose des gouttes de chaque allergène suspecté sur la peau de l’enfant. Puis, au bout de 15 minutes, la réaction provoquée par chaque allergène est évaluée en mesurant la rougeur et le gonflement.

 

Tests sanguins (IgE spécifiques)

Des tests sanguins avec dosage des immunoglobulines E spécifiques peuvent également être prescrits. Ils permettent d’identifier les allergènes en cause.

Éviction alimentaire et test de provocation

Certains cas nécessitent de pratiquer des tests d’éviction alimentaire et de réintroduction. Ils consistent à supprimer l’allergène suspecté dans l’alimentation de l’enfant pour une durée de 2 à 4 semaines et d’observer si les symptômes disparaissent. L’aliment suspecté est ensuite réintroduit, l’ingestion étant effectuée sous la surveillance d’un médecin qui constate la réapparition des signes allergiques.

Parfois, en cas de doute persistant après réalisation des tests cutanés et du dosage des IgE, il est possible de recourir à un test de provocation orale. Mais ce test est réalisé en milieu hospitalier en raison du risque de choc anaphylactique. Il consiste à faire ingérer à l’enfant l’allergène suspecté à des doses progressivement croissantes pour observer comment il réagit.

A la fin du bilan allergologique, le spécialiste remet aux parents une carte au nom de l’enfant mentionnant la liste des allergènes incriminés, les réactions cliniques possibles, les numéros d’urgence, du médecin traitant et des personnes à prévenir en cas de réaction allergique. Il explique également si besoin la composition de la trousse d’urgence et le protocole de soins d’urgence.

 

Que faire en cas de réaction allergique chez un enfant ?

 

Les bons réflexes immédiats

En cas de réaction allergique chez un enfant, il convient de ne pas le quitter un seul instant et de réagir dès les premiers signes en allant chercher sa trousse d’urgence et en se munissant d’un téléphone. 

Il faut ensuite évaluer immédiatement la gravité de la réaction allergique. On parle de réaction allergique modérée si l’enfant a la bouche qui pique, les lèvres gonflées, les yeux qui piquent, le nez qui coule, des plaques rouges qui démangent localement, un léger mal de ventre et/ou envie de vomir mais qu’il parle bien et respire bien.

Il convient de lui donner un traitement antihistaminique par voie orale, puis de le surveiller jusqu’à disparition des symptômes. Il sera ensuite nécessaire de consulter un médecin.

S’il n’y a pas d’amélioration ou qu’un nouveau symptôme se manifeste, il convient d’évaluer de nouveau la gravité de la réaction allergique pour ne pas retarder l’injection d’adrénaline.

En revanche, la réaction allergique est considérée comme étant grave dès lors que l’enfant présente un seul des signes parmi les suivants :

  • Il respire mal et sa voix change.
  • Il respire mal et siffle ou tousse.
  • Il a très mal au ventre et vomit de façon répétitive.  
  • Il devient rapidement rouge sur tout le corps et ses mains, ses pieds, son cuir chevelu le démangent.
  • Il se sent mal.
  • Il fait un malaise.

Notons que la réaction allergique est d’autant plus grave que plusieurs de ces signes sont associés.

 

Dans ce cas, il convient d’allonger l’enfant ou s’il est gêné pour respirer, de le laisser demi assis puis d’injecter de l’adrénaline (substance qui augmente le rythme cardiaque et la pression artérielle tout en dilatant les bronches) dans la face externe de sa cuisse avant d’appeler le SAMU (15 ou 112)

En attendant les secours, une seconde injection d’adrénaline peut être effectuée si les symptômes persistent après 5 à 10 minutes.

 

L’importance d’un plan d’action personnalisé

Si l’enfant présente une allergie alimentaire avérée et qu’il déjeune dans son établissement scolaire, un plan d’accueil individualisé est alors mis en place de façon conjointe par le médecin traitant, le médecin et l’infirmière de l’établissement ainsi que les parents de l’enfant.

Il s’agit d’un document écrit qui donne la conduite à suivre ainsi que des consignes concernant l’alimentation de l’enfant allergique en collectivité. Ce document permet à l’enfant de suivre une scolarité normale tout en bénéficiant d’un régime alimentaire particulier.

 

Quand consulter un médecin ou aller aux urgences?

Il est nécessaire de consulter un médecin ou de se rendre aux urgences :

  • Si l’enfant présente une réaction ne ressemblant pas aux précédentes.
  • Si l’enfant présente une réaction cutanée non soulagée par le traitement antihistaminique.
  • Si l’enfant a eu besoin d’une dose d’adrénaline.

Peut-on prévenir les allergies alimentaires chez l’enfant ?

 

Recommandations pendant la diversification alimentaire

Pour prévenir l’apparition d’allergies alimentaires chez l’enfant, il est conseillé :

  • De ne pas faire de régime d'exclusion pendant la grossesse et l'allaitement.
  • De poursuivre si possible l’allaitement maternel jusqu’à 6 mois.
  • De débuter la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois sans retarder l'introduction de certains aliments dits allergisants.
  • De poursuivre l’allaitement maternel ou le lait artificiel pendant et après la diversification.
  • De ne pas appliquer de crèmes à base de protéines sur la peau du nourrisson.

 

Liste d’aliments à introduire avec prudence

Après 6 mois, il est possible d’introduire tout type d’aliment, y compris la viande et les aliments réputés allergisants (œufs, poisson, blé, cacahuètes).

Notons qu’il est recommandé d’introduire sans tarder les allergènes alimentaires majeurs, que l’enfant soit à risque d’allergie (personnes allergiques dans la famille) ou non.

 

Suivi pédiatrique et surveillance parentale

La prise en charge d’une allergie peut impliquer de nombreux médecins. Après son dépistage, il est donc essentiel que l’allergie de l’enfant soit prise en charge dans les meilleures conditions et fasse l’objet d’un suivi régulier pour la réévaluer.

A la maison, prévenir les risques liés à une allergie alimentaire nécessite une vigilance parentale constante durant les repas. L’enfant doit ainsi toujours être bien assis, jamais en position allongée ou debout et ne doit jamais manger seul.

 

Ce qu’il faut retenir des allergies alimentaires chez les enfants

 

Ces dernières années, la fréquence des allergies alimentaires a doublé et touche particulièrement les enfants. Elles sont néanmoins à distinguer des intolérances alimentaires qui sont plus répandues. Un bilan allergologique est nécessaire pour pouvoir poser le diagnostic d’une allergie alimentaire et réagir efficacement en cas d’urgence.

 

FAQ sur les allergies alimentaires chez les enfants

 

Mon enfant a des plaques rouges après avoir mangé : est-ce une allergie ?

Si l’enfant présente des plaques rouges immédiatement après avoir mangé, une allergie alimentaire est suspectée et une consultation médicale est nécessaire.

Quelle est la différence entre intolérance et allergie alimentaire ?

L’allergie alimentaire correspond à une réaction excessive du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment spécifique qu’on appelle « allergène ».

En revanche, l’intolérance alimentaire correspond à une réaction irritative causée par des composants de certains aliments. Elle est généralement localisée au niveau de l’intestin.

Peut-on guérir d’une allergie alimentaire ?

Chez le jeune enfant, de nombreuses allergies alimentaires peuvent guérir de façon spontanée (comme l’allergie à l’œuf, au blé ou aux protéines de lait de vache). Il est donc important de procéder à une réévaluation régulière de son allergie. En revanche, d’autres allergies alimentaires peuvent persister.

Comment savoir si un bébé est allergique au lait ?

Pour savoir si un bébé est allergique au lait, il est indispensable de surveiller les symptômes éventuels après qu’il ait consommé du lait. C’est ainsi que l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) peut provoquer des symptômes digestifs, cutanés (eczéma, rougeurs) ou respiratoires (toux, sifflements) et ce dès les premières gorgées de lait.

L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est à distinguer de l’intolérance au lactose qui provoque des gaz, des coliques et des diarrhées mais pas de réaction allergique.

Quels sont les aliments les plus allergènes pour les enfants ?

Chez l’enfant, la plupart des allergies alimentaires sont liées à six types d’aliments :

  • L’arachide (cacahuète) ;
  • La moutarde ;
  • Les fruits à coque ;
  • Le poisson ;
  • Le lait de vache ;
  • L’œuf (qui tend à disparaître avec l’âge).
Sachant que d’autres aliments potentiellement responsables d’allergies ont également été identifiés.

Dois-je consulter un allergologue pour mon enfant?

En cas de suspicion d’allergie de son enfant à un aliment spécifique, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui orientera si besoin vers un allergologue. Diagnostiquer une allergie alimentaire est parfois délicat et nécessite de conduire un bilan allergologique en plusieurs temps.

 

 

Sources :