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Législatives second tour : zoom sur les programmes santé des partis

MEDADOM propose un décryptage

 

Au soir des élections européennes, le 9 juin 2024, le Président de la République, Emmanuel Macron, a enclenché l’article 12 de la Constitution française, provoquant la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue d’élections législatives anticipées. C’est la 6ème fois dans l’histoire de la Vème République que cette option est enclenchée par le Président de la République.

Aussi, les partis politiques sont repartis en campagne pour ces élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Après ce 1er tour et pour y voir plus clair dans les programmes, MEDADOM  propose de faire le point sur les mesures phares en santé annoncées à ce jour dans les différents camps qui se sont qualifiés au second tour.

 

Femme qui vote pour les législatives 2024.

 

ENSEMBLE - Renaissance/Horizons/Modem/ Apparentés

 

Concernant les déserts médicaux, le camp présidentiel rappelle vouloir "doubler le nombre de médecins en formation chaque année grâce à la suppression du numerus clausus" (16.000 en 2027, contre 8.000 en 2017).

 

  • Accès aux soins -  Créer une mutuelle publique à 1 euro par jour pour les retraités, les étudiants, les indépendants et les demandeurs d’emploi qui n’en ont pas. 
  • Accès aux soins - Permettre aux pharmaciens, aux sages-femmes, aux infirmiers, aux opticiens et aux orthophonistes d’effectuer des actes médicaux du quotidien.
  • Aide médicale de l’Etat -  La maintenir.

  • Déserts médicaux -  Doubler, d’ici à 2027, le nombre de médecins formés et instaurer un système garantissant un médecin de garde pour tous à moins de trente minutes du domicile dès l’été 2024.
  • Handicap -  Rembourser intégralement l’achat de fauteuils roulants.
  • Endométriose - Développer dans les usages des consultations de prévention de la ménopause, de l’infertilité et la prise en charge de l’endométriose*. 

 

*L’endométriose touche près de 10 % des femmes et des filles en âge de procréer à l’échelle mondiale, soit 190 millions de personnes. Cette maladie chronique est associée à des douleurs aiguës et perturbantes au moment des règles, pendant les rapports sexuels et au moment de déféquer et/ou d’uriner, à des douleurs pelviennes chroniques, des ballonnements, des nausées et de la fatigue, et parfois à une dépression, de l’angoisse et une infertilité. Source : OMS.

 

 

RN - Rassemblement National

 

Pour les déserts médicaux, le Rassemblement National propose de moduler la rémunération en fonction du lieu d'installation, c'est-à-dire être mieux rémunéré en zone sous-dotée en médecins.

 

  • Aide médicale de l’Etat -  La réformer pour qu’elle ne prenne en charge que les urgences vitales.

  • Déserts médicaux -  Exonérer les médecins d’impôt sur le revenu dans le cadre du cumul emploi-retraite.

  • Médicaments - Mettre en place à horizon 2026 la vente des médicaments à l’unité pour lutter contre les pénuries et le gaspillage.

  • Gestion sanitaire - Supprimer les Agences régionales de santé et permettre aux préfets de coordonner directement la gestion sanitaire sans échelon régional.

 

 

NFP - Nouveau Front Populaire


Le Nouveau Front populaire souhaite lutter contre les déserts médicaux en régulant l'installation des médecins, c'est-à-dire en leur imposant de s’installer sur les zones en fortes tensions et pénuries. La manière de les inciter à le faire n'est pas précisée dans le programme officiel mais les partis de gauche avaient porté un amendement à l'Assemblée nationale en juin 2023 pour conditionner l'installation d'un nouveau praticien dans les zones sur-dotées en médecins à un départ à la retraite. L'amendement avait été rejeté.

 

  • Aide médicale de l’Etat -  La maintenir et garantir l’accès à ce droit.
  • Déserts médicaux -  Réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux et rétablir des permanences de soin dans les centres de santé.
  • Médicaments -  Créer un pôle public du médicament avec obligation de renforcer les stocks.
  • Sport - Augmenter le montant du Pass’Sport à 150 euros et étendre son utilisation au sport scolaire ; développer des maisons sport-santé et rembourser le sport sur ordonnance.

 

 

 

Les médecins candidats aux législatives 

 

Dans de nombreuses circonscriptions, les candidats médecins à la députation restent en lice. Certains ont même été élus dès le premier tour.

Le Pr Philippe Juvin, anesthésiste et chef des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), a remporté l'élection dès le premier tour dans la 3e circonscription des Hauts-de-Seine avec 52,09 % des voix. Il a devancé la candidate socialiste du Nouveau Front Populaire, Isabelle Dahan (31,44 %), et celle du Rassemblement National, Carole Roussel (14,20 %). Dans ce département, un accord de soutien mutuel avait été conclu entre le camp d'Emmanuel Macron et les représentants de la droite locale.


La Dr Stéphanie Rist, rhumatologue et rapporteure du dernier budget de la Sécurité sociale (PLFSS), ainsi qu'initiatrice de plusieurs lois, dont celle visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification promulguée le 26 avril 2021, a remporté de justesse la première place dans la 1re circonscription du Loiret avec 31,60 % des voix. Elle a devancé Ghislaine Kounoswki du Nouveau Front Populaire (NFP) de seulement 69 voix, cette dernière obtenant 31,47 % des voix. Malgré ce résultat serré, Ghislaine Kounoswki a choisi de se retirer pour éviter tout risque de victoire de la candidate du Rassemblement National (RN).

Le Dr Olivier Véran, neurologue hospitalier et ancien ministre de la Santé, se trouve en compétition dans une triangulaire complexe dans la 1re circonscription de l’Isère. Il occupe la deuxième place avec 33,62 % des votes, devançant le candidat de LR et RN, Alexandre Lacroix, qui a obtenu 18,34 % des voix.

 

Cependant, il est en retrait derrière Hugo Prevost, candidat du Nouveau Front populaire (NFP), un étudiant en économie de 24 ans, qui a rassemblé 40,19 % des suffrages.

Le Dr Cyrille Isaac-Sibille, candidat du MoDem (majorité), se présente à nouveau dans la 12e circonscription du Rhône. À l'issue du premier tour, il s'est classé deuxième avec 28,97 % des voix, à seulement 600 voix derrière la candidate médecin écologiste du Nouveau Front populaire (NFP), la Dr Lucie Gaillot Durand, qui a obtenu 30,02 % des suffrages. Le Rassemblement National (RN) complète la triangulaire avec 24,96 % des voix.

Le Dr Thomas Mesnier, candidat sous l’étiquette Ensemble-Horizons, a réussi à devancer de justesse le Rassemblement National dans la 1re circonscription de Charente, obtenant 30,30 % des voix. Cependant, il se retrouve en deuxième position derrière le député sortant René Pilato du Nouveau Front populaire (NFP), qui a réuni 32,80 % des électeurs. Marion Latus, candidate d’extrême droite, se classe troisième avec 30,26 % des voix. Cette situation annonce une triangulaire délicate pour l’urgentiste au second tour. Alain Boivin, candidat LR, s'étant désisté après avoir obtenu 4,02 % des voix (2200 voix), appelle désormais à voter pour lui.

 

 

Les Pharmaciens candidats  aux législatives 

 

Trois pharmaciens députés ont remis leur mandat en jeu dès l’annonce des résultats du premier tour des élections législatives. 

Bertrand Boy, ancien adjoint d’officine à Bayeux, est arrivé second dans la 5e circonscription du Calvados, devançant de 84 voix le candidat du Nouveau Front populaire.
Agnès Firmin-Le Bodo s'est à nouveau présentée dans sa circonscription du Havre (Seine-Maritime), où elle réside. Ancienne ministre de la Santé sous le gouvernement d’Élisabeth Borne, elle a obtenu plus de 34 % des voix, suivie de près par les candidats du Rassemblement National (RN) et du Nouveau Front Populaire (NFP), quasi ex-aequo. Malgré sa qualification pour le second tour, la candidate du NFP a choisi de se retirer pour unir les voix contre le RN. Cette décision devrait permettre à Agnès Firmin-Le Bodo de conserver le poste qu'elle occupe depuis 2017.


En avril dernier, l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé, sous François Braun, alors ministre de la Santé, avait été désignée présidente de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades en fin de vie. Ce travail législatif, cependant, a été interrompu en raison de la dissolution.

Josiane Corneloup, élue à Saint-Bonnet-de-Joux (Saône-et-Loire) jusqu'en 2017, a valorisé son expérience à la fois sur le terrain et à l'Assemblée nationale, notamment à travers des initiatives telles qu'une proposition de loi pour un moratoire sur l'homéopathie et pour le déploiement de la télémédecine. Le 7 juillet, elle fera face au candidat du Rassemblement National (RN) qui l'a précédée de 4 points lors du scrutin du 30 juin.

 

 

 

Sources :

- Le Monde - Législatives 2024 : quels sont les programmes des principaux partis ?

- OMS - Endométriose