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Le sommeil chez le nourrisson : guide complet

L'équipe de rédaction de MEDADOM
09 janvier 2026

Un sommeil de qualité est essentiel à la croissance, au développement cérébral, au bien-être et à la santé de l’enfant. Il connaît pourtant des évolutions importantes dès les premiers mois de vie en fonction des besoins physiologiques spécifiques liés à chaque étape clé. De ce fait, les parents doivent veiller à ce que le nourrisson profite d’un sommeil qualitativement et quantitativement suffisant.

Quels sont les besoins en sommeil du nourrisson ? Comment reconnaître les signes révélateurs d’un manque de sommeil ? Comment bien coucher bébé et l’aider à mieux dormir ? On fait le point.

 

Pourquoi le sommeil est-il crucial chez le nourrisson ?

 

Un rôle essentiel dans la croissance et le développement

Indispensable à la croissance et au développement cérébral du bébé, le sommeil régule la production de plusieurs hormones parmi lesquelles l’hormone de croissance, le cortisol ou encore l’insuline.

 

Impact sur l’humeur, la mémoire et l’immunité

Un sommeil de qualité aide à consolider les informations mémorisées pendant l’éveil tout en stimulant les fonctions cognitives et en favorisant l’apprentissage du nourrisson.

Selon certaines études, le sommeil est par ailleurs associé à une meilleure réponse immunitaire avec des conséquences probables sur la susceptibilité aux infections.

 

Quels sont les besoins en heures de sommeil entre 0 et 12 mois ?

 

Dès la naissance, on observe chez le bébé une évolution de la durée moyenne du sommeil et de sa structure.

 

Nouveau-né (0 à 3 mois)

Nombre d’heures recommandées

Le premier mois, un nouveau-né peut dormir jusqu'à 20 heures par jour !  Ce temps de sommeil est en effet essentiel pour sa croissance et la maturation de son cerveau.

Dès la fin du premier mois de vie, le temps de sommeil quotidien commence à diminuer. Le bébé dort progressivement moins longtemps pendant la journée. Puis, les mois suivants, son temps de sommeil baisse pour atteindre 14 heures à 16 heures par jour.

Notons qu’il est préférable de ne pas réveiller un bébé qui dort sauf cas particuliers (comme pour les bébés prématurés ou ceux ayant un petit poids et qui doivent être nourris fréquemment). 

 

Rythme jour/nuit encore absent

Durant ses premières semaines de vie, un nouveau-né est encore incapable de faire la différence entre le jour et la nuit. Son sommeil de nuit se construit donc progressivement en ajustant les phases d'éveil et de sommeil (en moyenne toutes les 4 heures).

En effet, son horloge biologique n’est pas encore réglée sur 24 heures. Et c’est l’alternance lumière /obscurité, la régularité des horaires de biberons ainsi que l’interaction avec ses parents qui vont l’aider à se caler progressivement sur un rythme jour/nuit.

Le rythme veille/sommeil est réglé par une horloge biologique située dans le cerveau.

À partir d’un mois, le bébé commence à différencier le jour et la nuit et à dormir plus longtemps la nuit.

La nature du sommeil du nouveau-né

Chez le nouveau-né, chaque cycle de sommeil dure près de 50 minutes et se compose d’une phase de sommeil agité suivie d’une phase plus courte appelée phase de sommeil calme.

Durant la phase de sommeil agité, le nouveau-né semble réveillé du fait de ses nombreux mouvements corporels, oculaires, d’un rythme respiratoire et cardiaque rapide et de manifestations diverses telles que des grognements ou une succion de la langue.

À l’inverse, durant la phase de sommeil calme, le nouveau-né ne bouge quasiment pas.

Le sommeil agité représente 50 à 60 % du temps de sommeil total du bébé.

À la fin de chaque cycle de sommeil, le bébé peut se réveiller, regarder autour de lui et pleurer quelques instants. Mais ce temps d’éveil est généralement court et le bébé peut se rendormir de lui-même. Tel n’est pas le cas après 3 ou 4 heures de sommeil. Là, le bébé se réveille réellement sous l’effet de l’horloge biologique et/ou d’une sensation de faim.  

Vers l’âge de 2 ou 3 mois, les phases de sommeil agité vont progressivement disparaître au profit de phases de sommeil paradoxal plus stables.

 

Nourrisson (4 à 12 mois)

La nature du sommeil du nourrisson

Entre 6 et 12 mois, le sommeil du nourrisson continue d’évoluer pour se rapprocher de sa forme définitive. En effet, le nombre de phases par cycle augmente et chaque cycle de sommeil s’allonge.

Début d’un rythme plus régulier

De 6 à 12 mois, le rythme veille/sommeil et les autres rythmes physiologiques (température centrale, mélatonine, fréquences cardiaque et respiratoire) se synchronisent. C’est le début d’un rythme de sommeil plus régulier chez l’enfant.

Notons que jusqu’à l’âge de 4 ou 5 mois, il est possible que le nourrisson ait besoin d’un biberon nocturne. Son organisme n’est en effet pas toujours capable de stocker suffisamment de calories pour la nuit.

Si à 6 mois, un nourrisson n’a généralement plus besoin d’un biberon nocturne, il peut néanmoins se réveiller entre deux cycles en raison de la fragilité de son sommeil. Il convient donc de le rassurer tout en évitant de le sortir de son lit ou de lui proposer un biberon (sauf si le biberon nocturne est conseillé par le pédiatre). 

Importance des siestes

Vers 6 mois, le sommeil diurne du nourrisson s’organise en trois périodes avec une sieste en matinée, une seconde en début d’après-midi et une autre en fin d’après-midi.

La durée totale du sommeil diminue ensuite progressivement pour se stabiliser autour de 13 à 14 heures par jour à l’âge d’un an. Notons que c’est la sieste de fin d’après-midi qui disparaît en premier. On observe alors que le bébé est de plus en plus éveillé dans la journée et qu’il fait des nuits d’un sommeil plus continu (environ 10 heures). Il peut se réveiller durant la nuit mais devient capable de se rendormir seul.

Heures de coucher idéales

Un nourrisson a besoin d’être accompagné pour trouver le sommeil. Il convient donc de l’observer avec attention pour trouver son heure de coucher idéale. Une fois identifiée, cette heure de coucher devra être conservée et ritualisée, y compris durant les vacances et les week-ends.

Pour cela, un environnement propice au sommeil, des preuves d’affection ou la lecture d’histoires du soir peuvent l’aider à se séparer des adultes pour la nuit.

 

Heures de sommeil recommandées chez l’enfant pour chaque tranche d’âge

Âge de l’enfant

0-6 mois

6-12 mois

Heures de sommeil recommandées par 24h

 16 à 17 heures 

            13 à 14 heures

 

Sommeil chez le nourrisson

Quels sont les signes qu’un enfant ne dort pas assez ?

 

Troubles de l’humeur et agitation

Chez l’enfant, un manque de sommeil peut provoquer à court ou moyen terme des troubles de l’humeur (irritabilité) ou une agitation (hyperactivité).

 

Somnolence en journée ou manque d’attention

Ne pas dormir suffisamment la nuit peut également provoquer des épisodes de somnolence durant la journée. Notons que si cette dette de sommeil devient chronique, elle contribue à aggraver les troubles du sommeil et peut impacter la qualité du sommeil à l’adolescence et à l’âge adulte.

 

Retard de croissance ou immunité affaiblie

Par ailleurs, le manque de sommeil peut retarder le processus de croissance de l’enfant en affectant le fonctionnement normal d’hormones vitales telles que l’hormone de la croissance, l’hormone des rythmes chronobiologiques (mélatonine) ou encore l’hormone stéroïde (cortisol).

Bien qu’à ce jour, peu de données scientifiques existent chez les jeunes enfants, des études récentes tendent enfin à prouver le lien entre sommeil de qualité chez l’enfant et immunité. Une courte durée de sommeil dans les premières années de vie serait en effet associée à un taux accru de certaines cytokines pro-inflammatoires. Or ces molécules se retrouvent dans plusieurs pathologies fréquentes à l’âge adulte.

 

Comment aider le nourrisson à mieux dormir ?

 

Une routine de coucher efficace

Bien dormir, cela s’apprend ! Il est donc essentiel de mettre en place dès le plus jeune âge une routine de coucher efficace et encadrante pour rassurer l’enfant et l’aider à adopter de bonnes habitudes de sommeil.

Chez le nourrisson, certains signes ne trompent pas : s’il bâille, se frotte les yeux, pleurniche sans raison apparente, c’est qu’il a besoin de dormir. Pour cela, un bon bain, la lecture d’une histoire, d’une comptine ou encore un câlin permettront d’adoucir le moment de la séparation avec les parents. De plus, une chambre au calme et une température comprise entre 18 et 20° C contribueront à une nuit reposante.

Néanmoins, si le rituel du coucher est très important pour aider l’enfant à s’endormir seul en étant rassuré, il doit être de courte durée. Car prolonger ce rituel peut inquiéter l’enfant qui risquerait de croire que l’on ne souhaite pas le laisser s’endormir seul.

Notons que le rituel du coucher évolue à mesure que l’enfant grandit, la présence d’un parent devenant de moins en moins indispensable. Petit à petit, l’enfant va gagner en autonomie.

 

Bien coucher son nourrisson

Aider son bébé à faire de bonnes siestes et de bonnes nuits implique de le coucher en toute sécurité. Pour cela, il convient dès la naissance de le coucher pour la nuit et les siestes de la journée :

  • Dans son propre lit ;
  • Sur le dos ;
  • A plat.

Le coucher sur le ventre risque en effet de gêner sa respiration et constitue le principal facteur de risque de mort inattendue du nourrisson. Quant au coucher sur côté, il s’agit d’une position instable, qui risque de faire basculer le nourrisson sur le ventre.

Première circonstance de décès des nourrissons avant l'âge d’un an, la mort inattendue du nourrisson désigne le décès soudain et sans signes préalables d'un nourrisson, jusque-là considéré comme bien portant. Le décès survient le plus souvent durant le sommeil.

Rappelons que les coussins, cales-bébé, cales-tête, réducteurs de lit et serviettes sont à proscrire car ils augmentent le risque de décès asphyxique par enfouissement.

 

Aider à la mise en place du rythme jour/nuit

De la naissance à 6 mois, il est nécessaire d’aider le bébé à se caler progressivement sur un rythme jour/nuit sur 24 heures. Pour cela, il convient de marquer l’alternance jour/nuit. En soirée, cela passe par faire l’obscurité dans sa chambre, réduire les sources lumineuses et sonores du logement et chuchoter. En journée, au contraire, il faudra éclairer les pièces, exposer l’enfant à la lumière du jour et le stimuler au moyen de diverses activités et promenades.

Rappelons qu’avant l’âge de 3 ans, les écrans sont à proscrire, même en bruit de fond. En effet, l’attention de l’enfant a besoin de se construire dans l’interaction avec son environnement réel et avec les adultes qui prennent soin de lui.

De plus, la lumière des écrans des appareils électroniques tels que les smartphones, tablettes et ordinateurs est très stimulante pour le bébé. Elle affecte son rythme veille/sommeil et le maintient en éveil.

 

Créer un environnement propice au repos

La qualité du sommeil de l’enfant dépend fortement de l’environnement dans lequel il dort. Ainsi, il convient de créer un environnement propice au repos de l’enfant à travers une obscurité suffisante, une température optimale et bien sûr le silence, pour favoriser son endormissement et son maintien.

Notons que certains enfants craignent l’obscurité et le silence et ont besoin d’un environnement rassurant (petite mélodie douce ou lampe veilleuse).

De plus, il est important de conserver une régularité dans les heures de coucher et de lever et de ne pas mélanger les temps de sommeil et de repas (en ne laissant pas l’enfant s’endormir dans son lit avec un biberon par exemple).

Rappelons enfin qu’en raison de leur dangerosité, il ne faut jamais donner à son bébé de médicaments pour dormir !

 

Quand consulter un professionnel du sommeil pédiatrique ?

Il est nécessaire de consulter un professionnel du sommeil pédiatrique :

  • Si le sommeil l’enfant est perturbé de façon importante (insomnie, parasomnie, hypersomnie).
  • Si des mesures simples ne suffisent pas à corriger ces perturbations.
  • Si les troubles du sommeil durent plus d’une semaine et s’installent dans la durée.
  • Si les troubles du sommeil ont un impact sur la qualité de vie du bébé dans la journée (fatigue, somnolence, agitation, irritabilité).

Par ailleurs, si le nourrisson ronfle, présente des difficultés à respirer, fait des pauses respiratoires la nuit, s’il présente des difficultés à s'alimenter, s’il souffre régulièrement d’infections ORL (otites, rhinopharyngites, angines), il ne faut pas hésiter à consulter un médecin qui pourra prescrire un bilan si besoin.

 

Ce qu’il faut retenir

 

Un sommeil de qualité est essentiel à la croissance, au développement cérébral et à la santé du bébé depuis les premiers mois de vie. Si malgré une routine saine, des troubles du sommeil apparaissent et persistent plus d’une semaine, ne pas hésiter à consulter un professionnel de santé pour faire le point sur l’état de santé de l’enfant.

FAQ

 

À quel âge un enfant fait-il ses nuits ?

On considère qu’un bébé « fait ses nuits lorsqu’il est capable de dormir 5 à 6 heures consécutives sans se réveiller pour manger. Certains bébés y parviennent dès l’âge de 3 mois, d’autres entre 4 et 6 mois et d’autres encore auront besoin de plus de temps (parfois 9 mois voire plus).

Mon enfant dort 8 heures, est-ce suffisant ?

De la naissance à la fin de l’adolescence, on observe une évolution de la durée moyenne du sommeil. Tout dépend donc de l’âge de l’enfant !

Combien de siestes un bébé doit-il faire ?

Le nombre de siestes nécessaires dans la journée dépend de l’âge du bébé. Vers 6 mois, le sommeil diurne du nourrisson s’organise en trois périodes avec une sieste en matinée, une seconde en début d’après-midi et une autre en fin d’après-midi. La dernière sieste de la journée disparaît ensuite entre 9 et 12 mois. Quant à celle du matin, elle disparaît entre 15 et 18 mois. Entre 18 mois à 3 ans, la plupart des enfants ne font plus qu’une seule sieste en tout début d’après-midi.

Un enfant peut-il avoir un trouble du sommeil ?

Oui, un enfant peut souffrir de troubles du sommeil qui se manifestent généralement par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou un réveil matinal précoce. Si ces troubles du sommeil se répètent, ils peuvent causer une somnolence et une irritabilité dans la journée pouvant à la longue avoir un impact négatif sur le développement de l’enfant.

Quels signes montrent qu’un enfant manque de sommeil ?

Un enfant en manque de sommeil peut présenter des troubles de l’humeur (irritabilité), une agitation (hyperactivité) et des épisodes de somnolence durant la journée.

 

 

Sources :