Amanda Huguet-Millot jeudi 7 septembre 2023

En quoi consistent les parasomnies ?

Les parasomnies sont un ensemble hétérogène de manifestations involontaires survenant pendant les phases de sommeil ou à proximité.

Somnambulisme, terreurs nocturnes, paralysie du sommeil … plusieurs de ces troubles peuvent apparaître dans plus de 50% de la population générale et n’avoir aucune conséquence sur la vie quotidienne. Toutefois, lorsqu’ils se répètent, ils peuvent être sources d’inconfort, voire de blessures.

 

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Qu’entend-t-on par « parasomnies » ?

 

Les parasomnies sont un ensemble de troubles du sommeil.

 

Définition des parasomnies

 

Les parasomnies sont des évènements indésirables ou des comportements involontaires survenant pendant le sommeil, lors de la phase d’endormissement ou lors de réveils partiels.

Il existe différents types de parasomnies, classifiés selon la phase de sommeil durant laquelle elles se manifestent :

  • Les parasomnies du sommeil lent profond : somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels.
  • Les parasomnies du sommeil paradoxal : cauchemars, paralysie du sommeil, troubles du comportement en sommeil paradoxal.
  • Les autres parasomnies : énurésie nocturne (le fait de faire « pipi au lit »), rythmies d’endormissement, bruxisme, somniloquie, troubles alimentaires liés au sommeil…


Fréquentes chez les enfants, les parasomnies sont plus rares chez l’adulte.

 

Quelles sont les causes des parasomnies ?

 

En fonction des types de parasomnies, plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue de ces évènements nocturnes involontaires :

  • Une prédisposition génétique, comme dans le cas de l’énurésie.
  • Des éléments extérieurs perturbant la durée, l’intensité et l’articulation des phases du sommeil : changement de rythme de sommeil, décalage horaire, environnement de sommeil bruyant…
  • La fatigue ;
  • La fièvre et les maladies ;
  • L’alcool, les drogues et certains médicaments tels que les somnifères, les bétabloquants, les antidépresseurs…
  • Du stress, un changement de situation (deuil, déménagement, voyage, conflit…) peut favoriser les parasomnies.
  • La pratique intense d’une activité physique, les compétitions sportives.
  • Dans le cas d’une forme chronique du trouble comportemental en sommeil paradoxal, une pathologie neurodégénérative (telle que la maladie de Parkinson).

 

 

Quels sont les différents types de parasomnie ?

 

Sommeil lent profond

 

Les parasomnies du sommeil lent profond sont associées à des éveils incomplets ou dissociés, apparaissant en première partie de nuit. Ces parasomnies se manifestent généralement par une activité automatique relativement simple et une amnésie de l’épisode.

Les parasomnies du sommeil lent profond ont souvent une composante familiale et sont favorisées par les circonstances augmentant la profondeur du sommeil ou favorisant les éveils : activité physique intense, horaires de sommeil irréguliers, fièvre, stress émotionnel…

 

Somnambulisme

Le somnambulisme est une parasomnie très fréquente. Il toucherait 10 à 30% des enfants entre 5 et 12 ans.

Le somnambulisme se manifeste par des déplacements inconscients, dans un état d’éveil partiel, associés à une désorientation et parfois accompagnés de parole ralentie.

Les épisodes de somnambulismes peuvent durer de quelques secondes à quelques dizaines de minutes.

La sexsomnie est une forme rare et particulière du somnambulisme. Peu étudiée, cette parasomnie se matérialise par des comportements sexuels inconscients durant le sommeil, pouvant se répéter quotidiennement ou ne survenir qu’une seule fois.

La sexsomnie peut avoir des conséquences graves : viols conjugaux ou intrafamiliaux, initiation de rapports sexuels désinhibés, voire violents…

 

Terreurs nocturnes

Les terreurs nocturnes sont également fréquentes chez les enfants et toucheraient environ 40% des enfants de moins de 6 ans. Ce type de parasomnie est toutefois plus rare chez les adultes.

Lors d’une terreur nocturne, l’enfant est agité et présente des signes visibles de terreur (cris stridents, pleurs, sueurs, fréquences cardiaque et respiratoire accélérées…), très impressionnants pour l’entourage. Si l’on ne le réveille pas durant l’épisode, ce dernier se termine brusquement et l’enfant ne garde aucun souvenir de l’épisode.

En revanche, si l’on réveille l’enfant durant l’épisode, il est effrayé mais ne peut pas expliquer pourquoi.

 

Eveils confusionnels

Les éveils confusionnels sont également un type de parasomnie fréquent chez les enfants et observé parfois chez l’adulte sous traitement sédatif.

Caractérisés par une confusion mentale, les éveils confusionnels sont associés à une désorientation et des comportements automatiques ou inappropriés, pouvant donner à l'entourage l’impression d'être partiellement endormi et partiellement réveillé.

 

Sommeil paradoxal

 

Troubles du comportement en sommeil paradoxal

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal concernent, à l’inverse des parasomnies du sommeil lent profond, majoritairement les hommes d’âge mûr (plus de 50 ans).

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal apparaissent le plus souvent en fin de nuit, durant le sommeil paradoxal. Ils se matérialisent par des comportements moteurs généralement agressifs ou défensifs, sans sortir du lit, risquant de blesser la personne qui en souffre (en cas de chute du lit) ou son entourage.

Si l’on réveille la personne durant un épisode, elle raconte un rêve qui correspond au comportement observé.

Ce type de parasomnie est fréquemment associé à une maladie dégénérative, telle que la maladie de Parkinson.

 

Paralysie du sommeil

La paralysie du sommeil correspond à des anomalies de la transition entre la veille et le sommeil. Comme son nom l’indique, elle se manifeste par des paralysies temporaires, où la personne qui en souffre ne peut ni bouger, ni parler, pendant plusieurs secondes à minutes.

Les paralysies du sommeil touchent particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, mais elles peuvent débuter à n’importe quel âge. On retrouve aussi fréquemment cette parasomnie chez les personnes atteintes de narcolepsie.

 

Cauchemars

Les cauchemars sont des rêves angoissants ayant un fort contenu émotionnel qui provoquent la peur et réveillent la personne qui en souffre.

Fréquents chez l’enfant, en particulier entre 3 et 6 ans, les cauchemars sont plus rares chez l’adulte.

 

Les autres parasomnies

 

Enurésie nocturne

L’énurésie nocturne, souvent appelée simplement « pipi au lit », se manifeste par des épisodes récurrents de miction involontaire, après l’âge de 5 ans.

Il s’agit d’un trouble du contrôle de la vessie qui, en dehors du sommeil, fonctionne normalement.

Bien qu’elle n’ait pas de conséquence sur la santé physique, cette parasomnie peut être responsable d’une baisse de l’estime de soi chez l’enfant qui en souffre et avoir des retentissements sur la vie familiale et scolaire.

 

Rythmies d’endormissement

Les rythmies d’endormissement sont une parasomnie caractérisée par des mouvements répétitifs rythmiques et stéréotypés de la tête ou du tronc. Elles peuvent se résumer à un comportement auto-apaisant procurant des sensations agréables afin d'obtenir l'endormissement.

Les rythmies d’endormissement sont essentiellement observées chez les enfants en bas âge, mais peuvent persister à l’âge adulte.

 

Bruxisme

Le bruxisme correspond à une contraction involontaire des mâchoires, entraînant un serrement et un grincement des dents pendant le sommeil lent léger.

Le bruit produit peut être désagréable pour l’entourage mais ne réveille pas la personne qui en souffre. Le bruxisme est aussi source d’usure des dents et de douleurs des articulations temporo-maxillaires.

 

Trouble alimentaire lié au sommeil

Cette parasomnie se caractérise par des épisodes récurrents de prises involontaires d'aliments et de boissons la nuit.

Aussi appelé « somnambulisme alimentaire » (sleep-eating syndrome), ce trouble alimentaire ne laisse aucun souvenir après les épisodes.

 

La somniloquie

La somniloquie est le fait de parler pendant le sommeil. Le dormeur peut alors rire, prononcer des mots ou des phrases entières, sans en avoir conscience ou de souvenir au réveil.

La somniloquie peut survenir de manière isolée ou être associée à d’autres parasomnies (somnambulisme ou troubles du comportement du sommeil paradoxal par exemple).

 

 

Parasomnies : que faire ?

 

Comment soigner les parasomnies ?

 

Dans la plupart des cas, les parasomnies sont bénignes et ont tendance à disparaître à l’âge adulte.

Toutefois, un inconfort, voire des blessures, peuvent être secondaires aux différentes parasomnies. Si les épisodes se répètent, les parasomnies peuvent également dégrader la qualité du sommeil et engendrer de la somnolence, de l’irritabilité et augmenter le risque de prise de poids.

Si les parasomnies deviennent gênantes, une prise en charge médicale peut alors être indiquée.

Les différentes parasomnies ont des mécanismes propres et donc des prises en charge particulières. On pourra par exemple proposer :

  • D’avoir une bonne hygiène du sommeil : rythme de sommeil régulier, environnement calme, siestes en cas de manque de sommeil…
  • Des thérapies cognitivo-comportementales ;
  • Des techniques de relaxation ;
  • Des méthodes d’hypnose : pouvant être efficaces dans le cas de terreurs nocturnes.
  • Pour le trouble du comportement en sommeil paradoxal, parfois très violent, des traitements médicamenteux peuvent être indiqués.
  • Il est également conseillé d’éviter les objets fragiles à proximité du lit dans le cadre de cette dernière parasomnie. Il peut également être judicieux d’envisager de dormir séparément pour éviter les blessures.
  • Pour le somnambulisme : éviter les lits en hauteur, bien se rafraîchir après une séance de sport intensive…
  • Dans le cas des éveils confusionnels : protéger l’accès des endroits à risque afin de limiter les risques de blessures et travailler sur les facteurs déclenchants.

 

Qui consulter en cas de parasomnie ?

 

En cas de soupçon de parasomnie, le diagnostic est en premier lieu effectué par le médecin traitant.

S’il le juge nécessaire, le médecin traitant peut aussi préconiser la consultation d’un spécialiste. Le spécialiste à consulter dépendra alors de la pathologie :

  • Neurologue ;
  • Psychiatre ;
  • Pneumologue ;
  • Stomatologue ;
  • Endocrinologue ;
  • Neuropsychologue ;
  • Chirurgien-dentiste (en cas de bruxisme)…

Si la parasomnie a des répercussions sur la vie quotidienne, il ne faut pas attendre pour consulter son médecin. Des solutions existent. 

 

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Propos écrits par Amanda Huguet-Millot, Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé

 

 

Sources :

Amanda Huguet-Millot

Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé