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Définition de la schizophrénie, causes et traitement
Caractéristiques d’un trouble psychiatrique chronique

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la schizophrénie concerne près de 24 millions de personnes dans le monde. Ce trouble psychique regroupe de très nombreux symptômes, et est souvent associé à un fort sentiment de stress et de perte de repères au niveau familial, professionnel ou affectif. La schizophrénie, en plus d’être très difficile à vivre au quotidien pour les personnes touchées et leur entourage, favorise également le risque de décès prématuré (2 à 3 fois plus de risque par rapport à la population générale). MEDADOM vous informe sur ce qu’est la schizophrénie, quels sont ses symptômes, ses causes et comment la traiter.

Définition de la schizophrénie 


La schizophrénie est un trouble psychiatrique chronique, qui se présente sous différentes formes d’intensité variable. Elle apparaît généralement à la fin de l’adolescence et jusqu’à l’âge de 30 ans. Si je suis schizophrène, ma perception de la réalité est différente des autres personnes. Je peux alterner entre des phases dites positives, et d’autres négatives avec un repli sur moi et un fort sentiment dépressif. La schizophrénie peut être très différente d’une personne à l’autre, et le diagnostic peut parfois être long en raison de la variabilité des symptômes présents et de leur durée.

Il existe plusieurs formes de schizophrénie :

  • La schizophrénie simple : lorsque j’ai une schizophrénie simple, j’ai généralement du mal à exprimer mes sentiments. Je privilégie la solitude, et les autres peuvent me trouver froid(e) ou avoir le sentiment que je ne m’intéresse pas à eux. Au niveau personnel, je peux percevoir des choses inhabituelles, avoir des comportements étranges et des croyances différentes des autres.
  • La schizophrénie paranoïde : dans ce type de schizophrénie, les pensées délirantes et “paranoïaques” comme son nom l’indique sont très fréquentes, voire permanentes. La schizophrénie paranoïde est la forme de schizophrénie la plus fréquemment rencontrée.
  • La schizophrénie catatonique : la schizophrénie catatonique m’isole complètement du monde extérieur. Je ne prête aucune attention à ce qu’il se passe et je reste en position fœtale, sans bouger. Je peux aussi répéter les derniers mots que l’on m’adresse, ou imiter les gestes des personnes qui ont une interaction avec moi.
  • L’héboïdophrénie : dans cette forme de schizophrénie, les manifestations se caractérisent principalement par un décalage social. Je peux ainsi tomber dans la délinquance et commettre des vols ou des agressions par intermittence, ou devenir toxicomane. 
  • L’hébéphrénie : les manifestations de l’hébéphrénie se rapprochent de la schizophrénie simple. Il n’y a ici pas de délires ou de pensées paranoïaques, mais un repli sur soi très important. Je peux ainsi ressentir une forte anxiété, éviter tout contact social et toute activité. Je peux aussi faire preuve d’indifférence envers ce qu’il se passe autour de moi, et refuser les traitements qui me sont prescrits. 


Symptômes de la schizophrénie

un des sympôtmes de la schizophrénie : les hallucinations


Si je suis schizophrène, je peux ressentir des alternances de symptômes dits “positifs” et d’autres au contraire qualifiés de “négatifs”.


Les symptômes positifs de la schizophrénie

Les symptômes positifs de la schizophrénie sont les suivants :

  • Hallucinations et délires : si je suis schizophrène, je peux expérimenter des sensations qui n’existent pas à travers mes 5 sens (vue, ouïe, toucher, odorat, goût). Les délires se caractérisent par la sensation d’être manipulé, persécuté ou encore espionné. 

  • Communication difficile et pensées incohérentes : la schizophrénie peut aussi entraîner des troubles de la pensée et du langage. Je peux avoir dans ce cas du mal à réfléchir, à organiser mes pensées et mes idées et à les verbaliser. Je peux également avoir des pensées obsessionnelles sur un élément en particulier, inventer des mots ou une façon d’écrire qui m’est propre. 
  • Mouvements répétés et impulsifs : reconnaître la schizophrénie passe par l’observation des mouvements et du comportement physiologique de la personne. Si je suis schizophrène, je peux par exemple rire sans raison identifiée, être très actif ou au contraire passif. Je peux effectuer des mouvements répétés ou des gestes impulsifs, que je réalise sans réfléchir et sans même en connaître la raison.

Les symptômes négatifs de la schizophrénie

À l’inverse, la schizophrénie peut aussi provoquer des symptômes dits négatifs. Je peux par exemple ressentir à certaines périodes un fort sentiment de démotivation, une perte d’énergie ainsi qu’une difficulté à m’engager dans n’importe quel type d’activité. Je peux ainsi passer mes journées à ne rien faire, sans même m’occuper de moi au niveau de l’hygiène ou de l’alimentation. Je peux avoir tendance aussi à m’isoler de tout contact social et à ressentir une profonde insensibilité au monde qui m’entoure. Il peut même m'arriver d’avoir la sensation d’être déconnecté(e) de mon corps.

Causes de la schizophrénie


Les causes de la schizophrénie sont multiples. En premier lieu, la schizophrénie aurait des causes à la fois génétiques et environnementales. 

Le stress et la consommation de cannabis particulièrement à l’adolescence semblent également être des facteurs de risques importants dans l’apparition de la schizophrénie. Le stress tend en effet à déséquilibrer certains mécanismes biologiques au niveau de la structure cérébrale. Le cannabis, quant à lui, a aussi une action sur le cerveau. Consommé à l’adolescence, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) qu’il contient agit sur les zones du cerveau impliquées dans les troubles psychiatriques. Ses effets dépendent de la personne, du type de produits consommés, de la durée d’utilisation, de l’âge et bien sûr de la dose.  

Enfin, d’autres facteurs de risque de la schizophrénie ont été identifiés ces dernières années, notamment au niveau de l’hygiène de vie et plus particulièrement de la qualité du sommeil et de l’alimentation.


Encadré : L’adolescence, une période à risque pour la schizophrénie

En France, la schizophrénie concerne environ 600 000 personnes selon l’INSERM. La maladie semble toucher plus fréquemment les hommes, qui vivent en milieu urbain, ainsi que les personnes entre 15 et 25 ans. Il n’est pas rare que la schizophrénie se développe à un âge plus précoce, mais l’intensité et la multitude des symptômes font que ce trouble est diagnostiqué plus tardivement. Pendant l’adolescence, le cerveau se structure et se restructure au fil du temps et des expériences vécues. Entre 10 et 30 ans, il est plus facilement exposé aux perturbations extérieures, ce qui explique que cette période de la vie soit considérée comme critique dans l’apparition de la majorité des troubles psychiatriques, et plus précisément de la schizophrénie.

 

 


Diagnostic de la schizophrénie


L’adolescence est une période qui comporte de nombreux changements, aussi bien psychologiques que physiologiques. Cela explique la difficulté qu’ont les médecins à diagnostiquer de manière précoce la schizophrénie, car certaines de ses manifestations peuvent être facilement confondues avec les symptômes d’une puberté dite difficile. 


Le diagnostic de la schizophrénie se fait sur la durée. Les symptômes doivent donc être présents sur une durée de minimum 6 mois, avec des conséquences visibles sur la vie familiale, scolaire, professionnelle et sociale. Une consultation médicale sera recommandée si je me replie progressivement sur moi-même, que j’abandonne toutes activités de loisirs et que je commence à avoir des comportements inhabituels et inadéquats. Mon médecin pourra ainsi m’aider à y voir plus clair, à écarter toute autre maladie (tumeur du cerveau, troubles de la thyroïde, épilepsie…) ou trouble (dépression, bipolarité, etc.).

Le test du regard permettrait également de détecter la schizophrénie selon une étude parue au Royaume-Uni dans la revue Biological Psychiatry relayée par la Commission Européenne. En examinant la vue des patients schizophrènes et en les comparant aux patients « sains », les scientifiques ont en effet pu constater que les personnes atteintes de schizophrénie n’arrivaient pas à fixer des objets qui se déplaçaient lentement. Ils effectuaient ensuite un mouvement oculaire rapide, comme une saccade, pour rattraper leur retard.

Si le test du regard seul ne suffit pas à diagnostiquer la schizophrénie, il peut être une piste supplémentaire efficace pour confirmer la maladie.





Traitement de la schizophrénie

traiement de la schizophrénie : accompagner les patients


Le traitement de la schizophrénie repose sur une prise en charge globale au niveau médical, social et psychologique. Le traitement s’adapte au type de schizophrénie dont je souffre ainsi qu’à mes symptômes, qui peuvent être divers et variés, chroniques ou plus ponctuels. L’hospitalisation est souvent recommandée si c’est la première fois que je fais un épisode de schizophrénie. Si je consomme du cannabis, mon traitement sera aussi adapté en fonction pour m’aider à arrêter.  



Prise de médicaments antipsychotiques



En première intention, mon médecin pourra me prescrira la prise de médicaments antipsychotiques de 2e génération comme le rispéridone, la quétiapine ou encore l’olanzapine. Le traitement est progressif, afin d’atteindre la juste dose. Je dois prendre ce traitement sur une durée minimum de deux ans après un premier épisode, et cinq ans à partir du second. En fonction de mes symptômes, mon médecin pourra aussi me conseiller la prise d’antidépresseurs ou d'anti anxiolytiques si je ressens de l’anxiété et/ou du stress. Ces médicaments sont indispensables pour que je puisse me sentir mieux au quotidien, et pour réduire le risque de rechute. Cependant, il arrive dans ¼ des cas que je développe une résistance aux traitements. Mon médecin pourra alors adapter les médicaments prescrits et me conseiller d’autres molécules possédant les mêmes effets.




Suivi psychosocial



Le traitement médical doit être complété par une approche psychosociale, dont le but est de retrouver de l’autonomie. Je pourrais ainsi suivre des séances visant à identifier les troubles cognitifs dont je souffre, et à trouver des solutions avec le professionnel de santé au moyen d’entretiens individuels, de jeux de rôles ou d’exercices spécifiques.

En fonction de mes symptômes, d’autres séances pourront être ciblées sur les problèmes dont je souffre avec les autres, le stress et l’anxiété, l’estime dont je fais preuve envers moi-même ou encore ma maladie et ce que je ressens face à elle.


D’autres traitements complémentaires ont vu le jour ces dernières années pour traiter la schizophrénie. Nous pouvons ainsi citer la stimulation magnétique transcrânienne ou l'électroconvulsivothérapie, qui peuvent être utiles en cas de résistance aux traitements médicamenteux classiques. 



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Sources :