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Rêvasser : notre cerveau en a besoin pour mémoriser !

Une étude innovante publiée dans la revue Nature dévoile comment la rêverie, souvent perçue comme une perte de temps, pourrait être un élément clé dans la mémorisation et la plasticité cérébrale. En analysant l'activité cérébrale des souris face à des stimuli visuels, les chercheurs ont découvert que les périodes de repos mental ne sont pas passives mais actives, contribuant à l'encodage, la consolidation et la différenciation des souvenirs. Ces observations remettent en question notre compréhension de la rêverie et ouvrent des perspectives passionnantes pour l'apprentissage, la thérapie cognitive et la neurologie.

 

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Femme buvant un café devant la fenêtre et est en train de rêvasser.

 

Comment l'étude a-t-elle été menée ? 

 

L'étude publiée dans la prestigieuse revue Nature a exploré l'impact de la rêverie sur la création de réseaux neuronaux en utilisant un modèle de souris.

 

Les chercheurs ont placé les rongeurs dans un environnement contrôlé où ils pouvaient observer des images de damier alternant avec des écrans gris unis. L'activité cérébrale a été minutieusement enregistrée. Les résultats révèlent que des signaux électriques spécifiques étaient émis en réponse à chaque type d'image, damier ou écran gris uni.

 

Les auteurs ont fait une observation particulièrement fascinante. Durant les périodes de transition avec l'écran gris, les souris montraient une activité cérébrale similaire à celle enregistrée durant la visualisation des images de damier.

 

Ces observations suggèrent une forme de réflexion interne ou de rêverie, où le cerveau continue de traiter les stimuli visuels même en leur absence apparente. Il semblerait que les périodes de pause soient donc pleinement utilisées pour coder les informations reçues durant les temps d'activité. La rêverie serait nécessaire à la mémorisation.

 

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Quels sont les liens entre rêverie et processus de mémorisation ? 

 

En approfondissant les résultats, les auteurs de l'étude ont mis en évidence que ces périodes de rêverie étaient intimement liées à la capacité des souris de distinguer et de mémoriser les images de damier.

 

En effet, lorsque les souris se "perdaient" dans ces moments de rêverie, elles tendaient à mieux différencier les stimuli lorsqu'ils étaient à nouveau présentés. Cette découverte est significative : elle suggère que la rêverie ne serait pas une simple évasion mentale, mais un processus cognitif actif participant à la consolidation de la mémoire et à l'affinement de la perception sensorielle.

 

En somme, les périodes de rêverie semblent ainsi favoriser la formation de souvenirs distincts et précis, en permettant au cerveau de retraiter et de réorganiser l'information sensorielle.

 

 

Comment fonctionne la mémorisation des souvenirs ?

 

La mémorisation est un processus complexe et dynamique permettant au cerveau de stocker et de récupérer des informations. Elle joue un rôle crucial dans l'apprentissage, la reconnaissance, et la compréhension du monde qui nous entoure. Voici les étapes principales de ce processus :

 

  • Encodage : L'encodage est la première étape de la mémorisation. Elle consiste à transformer les informations que nous percevons (visuelles, auditives, tactiles, etc.) en un format que notre cerveau peut conserver. Lors de cette étape, plusieurs facteurs peuvent influencer l'efficacité de l'encodage, tels que l'attention, l'émotion, l'importance accordée à l'information, ou encore le contexte dans lequel elle est reçue.

 

  • Consolidation : La consolidation est le processus par lequel les souvenirs encodés sont stabilisés dans le cerveau. Pendant la consolidation, les connections entre les neurones (synapses) se renforcent, facilitant ainsi le stockage à long terme de l'information. Cette étape peut se produire pendant l'éveil, mais aussi et surtout pendant le sommeil, où différentes phases de sommeil contribuent à consolider différents types de mémoire.

 

  • Stockage : Le stockage fait référence à la manière dont les souvenirs sont conservés dans le cerveau sur différentes périodes. On distingue généralement la mémoire à court terme (ou mémoire de travail), qui permet de retenir des informations pendant de brefs moments, et la mémoire à long terme, qui peut conserver une vaste quantité d'informations pendant des périodes prolongées, voire indéfiniment. La mémoire à long terme elle-même se divise en mémoire explicite (ou déclarative), qui concerne les faits et les événements que nous pouvons consciemment rappeler, et la mémoire implicite, qui concerne les compétences et les habitudes.

 

  • Récupération : La récupération est le processus par lequel nous accédons aux informations stockées dans notre mémoire. Cette étape peut être influencée par divers facteurs, tels que la similitude entre le contexte de mémorisation et de récupération, les indices disponibles pour déclencher le souvenir, ou encore l'état émotionnel et physique. La récupération n'est pas toujours parfaite et peut être affectée par l'oubli, les interférences avec d'autres souvenirs, ou les distorsions.

 

 

Quelles sont les implications de cette découverte ? Quelles sont les perspectives pour le futur ? 



Les implications de cette recherche pour notre compréhension de la plasticité cérébrale sont vastes. La plasticité désigne la capacité du cerveau à se modifier et à s'adapter, un élément fondamental pour l'apprentissage, la mémoire, et même la récupération après une lésion cérébrale.

 

 

En démontrant que la rêverie peut activement contribuer à la différenciation et à la mémorisation des stimuli, l'étude suggère que ces moments de repos cognitif pourraient être cruciaux pour le renforcement et l'adaptation des réseaux neuronaux.

 

 

Les chercheurs espèrent que ces découvertes inciteront à de nouvelles études pour explorer plus avant le rôle de la rêverie, non seulement dans la mémoire et la perception, mais aussi dans des aspects plus larges du fonctionnement cognitif et du bien-être mental. Ces travaux pourraient ouvrir la porte à des stratégies innovantes pour l'éducation, la réhabilitation cognitive, et peut-être même le traitement de troubles neurologiques.

 

 

 

 

Sources :