L’endométriose est une maladie chronique qui touche environ une femme sur dix en âge de procréer. La crise d’endométriose, qui se caractérise par une douleur intense parfois insupportable, peut apparaître de façon soudaine ou s’intensifier progressivement.
MEDADOM vous en dit plus sur les symptômes d’une crise d’endométriose, combien de temps elle peut durer et comment faire pour la soulager.
Les douleurs menstruelles classiques se manifestent par des crampes abdominales modérées, soulagées par la prise d’antalgiques conventionnels de type paracétamol.
En revanche, une crise d’endométriose provoque une forte douleur qui peut survenir avant, pendant ou après les règles.
Cette différence entre douleur menstruelle et crise d’endométriose a lieu également dans la localisation : la douleur peut irradier vers le dos, les jambes ou le rectum et s’accompagner de troubles digestifs ou urinaires.
Contrairement aux douleurs classiques, une crise peut durer plusieurs jours et ne pas répondre aux traitements habituels.
Lors d’une crise d’endométriose, les douleurs pelviennes et abdominales peuvent devenir insoutenables.
Plus qu’une simple gêne, elles prennent la forme de brûlures, de torsions ou de “coups de poignard” dans le bas-ventre.
Elles apparaissent brutalement ou montent en intensité et rendent chaque mouvement douloureux, parfois au point d’empêcher de se tenir debout.
Une douleur insupportable peut irradier jusqu’au bas du dos et créer une pression constante de jour comme de nuit.
En cas de crise d’endométriose, on peut aussi ressentir des troubles digestifs et urinaires qui aggravent l’inconfort déjà présent.
Ballonnements, diarrhées, constipation ou nausées ne sont pas rares et peuvent perturber de façon plus ou moins intense la digestion.
Côté urinaire, les mictions deviennent difficiles, accompagnées de brûlures ou d’un besoin fréquent d’uriner même sans réel remplissage de la vessie. Ces symptômes s’intensifient pendant ou après les règles.
Confondus avec un syndrome de l’intestin irritable ou une infection urinaire, ils restent pourtant des signes fréquents de l’endométriose. Une consultation est donc recommandée pour affiner le diagnostic.
Lors d’une crise d’endométriose, la fatigue intense est une conséquence directe des crises de douleur répétées.
L’organisme mobilise en effet beaucoup d’énergie pour gérer la douleur, ce qui peut entraîner une sensation d’épuisement même après une nuit de sommeil complète.
Cette fatigue peut rendre plus difficile la concentration, la productivité et le bien-être général. Elle peut aussi impacter le rythme de vie et nécessiter des ajustements pour préserver son énergie.
Adapter son emploi du temps, intégrer des moments de récupération et adopter des stratégies de gestion du stress sera alors conseillé dans la mesure du possible.
Certaines crises d’endométriose provoquent également des symptômes atypiques, comme des douleurs neuropathiques.
Brûlures, décharges électriques ou picotements sont parfois ressentis dans le bas-ventre, le dos ou les jambes, signe d’une atteinte nerveuse.
La douleur peut aussi se propager vers les hanches ou le rectum et limiter de ce fait la mobilité ou le maintien inconfortable de certaines positions.
Il est difficile de déterminer précisément combien de temps dure une crise d’endométriose, car elle varie selon les personnes et l’intensité des symptômes.
Il n’existe donc pas de réponse unique, mais en général une crise peut durer de quelques heures à plusieurs jours avec des douleurs fluctuantes.
Une crise soudaine peut apparaître brutalement, d’autres s’installent progressivement avant d’atteindre un pic de douleur.
La durée et l'intensité des crises d'endométriose sont influencées par plusieurs facteurs :
Des facteurs hormonaux | Les œstrogènes interviennent dans le développement et l'entretien des lésions d'endométriose, ce qui augmente l'inflammation et les douleurs associées. |
Une prédisposition génétique | Les femmes ayant des antécédents familiaux d'endométriose présentent un risque plus important de développer la maladie. |
La réponse immunitaire | Une réponse immunitaire inadaptée peut permettre aux cellules endométriales de s'implanter en dehors de l'utérus, ce qui contribue à la progression de la maladie et à l'intensité des crises. |
Des facteurs environnementaux | L'exposition à des perturbateurs endocriniens, comme la dioxine et certains phtalates, est suspectée d'augmenter le risque d'endométriose (bien que les preuves directes soient limitées). |
Le cycle menstruel | Une ménarche précoce, des cycles menstruels courts et des règles abondantes sont associés à un risque plus prononcé d'endométriose, ce qui peut influencer la fréquence et l'intensité des crises. |
Ces facteurs peuvent interagir différemment chez chaque femme. Une approche personnalisée est donc essentielle pour une gestion efficace des symptômes.
Il est essentiel de consulter un médecin lorsque les crises d’endométriose deviennent trop fréquentes, prolongées ou impactent significativement la qualité de vie.
Une consultation est aussi recommandée en cas de :
Les traitements médicamenteux de l'endométriose ont pour mission de soulager la douleur et réduire l'inflammation.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'ibuprofène ou le naproxène, sont généralement prescrits pour atténuer les symptômes et notamment les douleurs abdominales associées à cette maladie.
Cependant, il ne faut pas oublier que la prescription d'AINS à long terme est à éviter en raison du risque d’effets indésirables.
Certaines méthodes naturelles peuvent compléter les traitements médicaux pour atténuer les symptômes de l'endométriose :
Pour soulager une crise d’endométriose, plusieurs techniques complémentaires peuvent aussi être envisagées :
En cas de crise intense d’endométriose qui ne répond plus aux traitements classiques, une prise en charge médicale adaptée devient essentielle.
Plusieurs traitements seront alors envisagés selon la sévérité des symptômes et l’impact sur la qualité de vie :
Traitements hormonaux (hormonothérapie) | Ils ont pour but de réduire l’activité des lésions en bloquant la production d'œstrogènes. La pilule contraceptive en continu, les progestatifs ou les agonistes de la GnRH peuvent être prescrits pour limiter les crises et espacer les douleurs. |
Antalgiques de niveau 2 ou 3 | Lorsque les anti-inflammatoires ne suffisent plus, des traitements plus puissants à base d’antalgiques opioïdes ou de dérivés morphiniques peuvent être conseillés sous surveillance médicale. |
La chirurgie | En dernier recours, elle est proposée pour retirer les lésions endométriosiques, améliorer la mobilité des organes et réduire les douleurs. |
Prise en charge en urgence | Une douleur insupportable qui apparaît la nuit ou la journée accompagnée de vomissements, d’évanouissements ou de troubles urinaires graves nécessite une consultation rapide aux urgences pour exclure une complication (kyste rompu, occlusion intestinale, etc.). |
Une crise d’endométriose se manifeste par une douleur intense. Elle peut irradier vers le dos, les jambes ou le rectum et s’accompagner de troubles digestifs, urinaires ou d’une fatigue extrême.
Bien que rarement mortelle, une crise intense peut entraîner des complications comme une obstruction intestinale, un kyste rompu ou une rétention urinaire qui nécessite une prise en charge médicale urgente.
Il est possible de réduire la fréquence et l’intensité des crises grâce à une prise en charge adaptée, ciblée en fonction de chaque patiente et de ses symptômes.
Les symptômes de l’endométriose diminuent avec la chute des hormones. Mais certaines femmes à un stade avancé de la maladie peuvent continuer d’avoir des douleurs liées aux adhérences, aux lésions résiduelles ou à l’inflammation chronique.
Sources :
AMELI - Le traitement de l'endométriose
EndoFrance - Soulager les douleurs d'endométriose
Institut franco-européen multidisciplinaire d’endométriose - Les traitements
de l'endométriose
Manuel MSD. Endométriose