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IST et MST
Qu'est-ce que c'est ?

Les Infections Sexuellement Transmissibles (IST), longtemps appelées maladies vénériennes, sont des infections contractées principalement au cours de relations sexuelles non protégées. 

Les caractéristiques générales des IST

 

IST, MST : késako ?

IST, MST : même combat ! Les deux termes “maladie” et “infection” désignent finalement la même chose : la contamination par voie sexuelle de germes pathologiques.

Toutefois, c’est sur la recommandation de l’OMS que la notion de “maladie” a été abandonnée au profit d'”infection” en 2009. Ce choix a été motivé par l’idée que le mot "infection" implique qu’une personne peut être atteinte sans présenter de symptômes (contrairement au terme de “maladie”). Ce terme inviterait donc davantage au dépistage des IST, même en l’absence de symptômes.

On pense souvent au VIH mais il existe de nombreuses autres IST dont il est simple de se prémunir en utilisant un préservatif. De surcroît, la contamination par une IST donnée rend fragiles les muqueuses, qui seront alors plus à risques d’être atteintes par une autre IST.

Elles peuvent être d’origine virale, bactérienne ou parasitaire.  

 

Les différentes IST

Il existe près d’une trentaine d’IST. Parmi les principales, on retrouve : 

  • l’infection à chlamydia (symptômes caractéristiques) : c’est l’IST la plus fréquente 

  • l’herpès génital

  • le VIH 

  • les infections à papillomavirus : notamment retrouvés dans 70% des cancers du col de l’utérus 

  • la syphilis

  • les hépatites, B principalement (voire l’hépatite A pour les rapports oraux-anaux)

  • l’infection à gonocoque

 

Les modes de transmissions des MST

Les IST sont transmises lors de relations sexuelles non protégées par voie vaginale, anale ou orale.

Certaines IST étant contaminantes par le sang, les IST peuvent se transmettre entre la mère et l’enfant pendant l’accouchement par voie basse et se manifestent par différents signes cliniques selon l’IST allant de la conjonctivite (gonococcique) à la mort foetale dans de rares cas en passant pas des infections pulmonaires ou cutanées.

 

Prévalence des IST en France


Les IST touchent toutes les strates de la population. À noter toutefois que les personnes homosexuelles sont plus à risque.

En ce qui concerne le Sida, Santé Publique France estime que 0,4% des adultes de 15 à 49 ans étaient touchés en 2017.

Toujours selon Santé Publique France, 267 097 infections à chlamydia ont été diagnostiquées en 2016 (une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente) : les femmes de moins de 24 ans sont les plus touchées.

Concernant les infections à gonocoque, Santé Publique France estime le nombre d’infections en 2017 à près de 50 000 (une hausse de 70% par rapport à 2015) avec une prévalence chez les hommes et les jeunes de moins de 24 ans. 

Les symptômes des maladies vénériennes ou IST

Les signes courants

Ils sont extrêmement variables d’une IST à une autre, mais certains signes doivent m’amener à consulter :
fièvre, douleur intense, éruption cutanée, etc.
Dans le tableau suivant sont répertoriés les symptômes les plus fréquents et leurs IST correspondantes. 

Symptômes

IST

détail 

brûlures urinaires 

gonocoque 

particulièrement chez l’homme

pertes vaginales

symptômes de la chlamydia trichomonas

 

boutons vulve

herpès génital

 

éruption diffuse 

syphilis 

 

démangeaisons 

herpès
condylomes (papillomavirus) 

 

verrues

condylomes 

 

état grippal

Sida

après le premier contact

fièvre

hépatite B

 

 

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Zoom sur les symptômes de la chlamydia : une sérologie nécessaire ?

La chlamydia est causée par une bactérie nommée chlamydia trachomatis. Transmise par voie sexuelle, elle est le plus souvent asymptomatique : en effet, près de 75% des femmes et 50% des hommes contaminés ne présentent pas de symptômes.
Des signes de la maladie peuvent apparaître dans un second temps, lorsque la bactérie s’est propagée. 

Chez la femme les symptômes d’une chlamydiose sont similaires à celles de l’infection urinaire :

  • brûlures urinaires : à ne pas confondre avec l'infection urinaire
  • pertes vaginales 
  • douleurs dans la région périnéale 

Chez l’homme, les mêmes signes peuvent apparaître mais des écoulements sont parfois présents.

Le diagnostic s’appuie le plus souvent sur les manifestations cliniques. En cas de doute, le professionnel de santé que je consulte peut me prescrire une sérologie de la chlamydia qui permettra de détecter la présence de la bactérie dans le sang. Toutefois, la présence de taux d’anticorps (IgA ou IgG) supérieurs à la normale ne détermine pas une infection active et peuvent signer une infection ancienne.   

Il est recommandé de chercher systématiquement la présence d’une infection à gonorrhée, les deux affections étant souvent associées.

Puisque les symptômes de la chlamydia sont dans une grande majorité des cas invisibles, la transmission du chlamydia est extrêmement contagieuse.    

Les complications des IST

Une IST fragilise les organes de la zone pelvienne et augmente le risque de contracter une autre IST

Chaque IST comporte son lots de complications. Comme toute infection, une extension vers d’autres organes est possible : particulièrement vers les voies génitales hautes, responsable d’une maladie pelvienne inflammatoire ou bien d’une prostatite. Ces complications non traitées pourraient être une cause d’infertilité.

Chez la femme enceinte, la grossesse peut être perturbée et les IST peuvent provoquer fausse couche, grossesse extra-utérine et atteintes fœtales.

De manière extrêmement rare, le chlamydia peut atteindre la circulation sanguine et être à l’origine du syndrôme de Fiessinger-Leroy-Reiter responsable d’arthrite chez les jeunes. 

Quelles sont les causes des IST ?

Différents germes peuvent être à l’origine d’une infection sexuellement transmissible : 

  • des virus 
  • des bactéries 
  • des parasites 

Retrouvez dans le tableau suivant les germes incriminés dans les IST les plus fréquentes : 

 

Virus

Bactérie

Parasite

Chlamydiose

 

Chlamydia trichomonas

 

Sida

Virus de l’immunodéficience humaine

   

Syphilis 

 

Treponema pallidum

 

les infections à papillomavirus

     

hépatites

différents virus

   

gonorrhée

gonocoque

   

trichomonas

   

trichomonas vaginalis


Bilan IST et dépistage des MST


Si j’ai eu des relations sexuelles non protégées, je suis à risque de développer une IST. Le dépistage précoce réduit les complications.

En l’absence de signes cliniques, nombreuses sont les IST qui se détectent avec une prise de sang à la recherche d’anticorps. D’autres nécessitent une analyse d’urines ou un prélèvement local.
Sur prescription d’un médecin, un laboratoire de ville peut effectuer les tests. Si je souhaite me faire dépister de manière anonyme, je peux me rendre dans un Centre Gratuit d'Information et de Dépistage (CeGIDD) pour effectuer un bilan IST (sida, hépatites) confidentiel. Vous pouvez consulter le CeGIDD le plus proche ici

Concernant le VIH, des tests rapides sont réalisables (TROD) par toute personne formée, et permettent d’obtenir un résultat en  30 minutes. Des auto-tests sont aussi vendus en pharmacies (ATVIH).

 

Traitement des IST

Le traitement est fonction du germe impliqué, de l’état de développement dans l’organisme ainsi que des complications et de la santé de chacun.

Pour les pathologies où une bactérie est en cause, une dose unique d’antibiothérapie peut être prescrite (chlamydia, gonorrhée et syphilis) dans la majorité des cas. De même, certains antiviraux sont efficaces contre les IST virales. Toutes les voies d'administrations sont utilisées : orale, intramusculaire, transdermique (avec des traitements locaux par exemple utilisés pour les chlamydioses par exemple).

Les condylomes conséquents d’une infection par un papillomavirus peuvent être retirés par chirurgie laser.

Je suis vigilant et je détecte les symptômes : une prise en charge dès que possible me permet de réduire le risque de complications et permet d’éviter une transmission.
Un doute ? Une question ? Nos médecins sont disponibles en vidéo.


Des gestes simples pour me protéger des IST et protéger les autres


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La protection lors des rapports sexuels semble donc le seul moyen d’éviter d’une part la contamination par une IST mais également la transmission. 

  • j’utilise un préservatif lors des rapports sexuels 
  • si j’ai un doute, je peux consulter un médecin en ligne et effectuer un bilan IST
  • je suis vigilant aux symptômes de l’IST

La vaccination est également un moyen de me prémunir des IST. À ce jour, elle est possible pour :

  • les hépatites A et B 
  • les papillomavirus : depuis peu recommandé également chez le garçon afin de se protéger contre le cancer de l’anus et de limiter les transmissions

Concernant le VIH, je peux recourir à une prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement permettant de réduire considérablement le risque de contraction du VIH entre une personne séropositive et une personne séronégative.

Le coronavirus : une MST ?

Bien qu’une étude de chercheurs chinois ait retrouvé des traces de coronavirus dans le sperme humain, aucune étude randomisée a encore certifié le potentiel contaminant d’une IST par voie sexuelle. Toutefois, l’acte sexuel impliquant un contact rapproché, le risque par gouttelettes reste très important.

Ce qui est plus sûr, c’est que la pandémie a fortement impacté le suivi des patients affectés par les IST, qui a été délaissé par certains, et a entraîné une diminution du recours au dépistage. En effet, il faut noter une baisse de 56% du nombre de sérologies effectuées entre février et avril 2020 selon vih.org. Par conséquent, il est à craindre une recrudescence des complications au sortir de la crise sanitaire.  


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