Remboursement des médicaments pour l’obésité dès juin 2026
Contenu validé par Dr Stéphanie Le Guillou, docteur en pharmacie.
L'obésité n'est pas une simple question de volonté ou de mode de vie : c'est une véritable maladie chronique, complexe et de longue durée. En France, elle touche près de 17 % des adultes et s'accompagne souvent d'autres soucis de santé au quotidien.
Le 28 mai 2026, une excellente nouvelle est tombée pour de nombreux patients : la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé que deux traitements très attendus, le Wegovy® et le Mounjaro®, seront officiellement remboursés par la Sécurité sociale à partir de la mi-juin 2026. Ces médicaments, qui se prennent sous forme d'injections une fois par semaine, ont beaucoup fait parler d'eux pour leur efficacité.
Cependant, pour éviter les abus et s'assurer que ces traitements aillent en priorité aux personnes qui en ont le plus besoin, l'Assurance Maladie a mis en place des règles et des critères de remboursement très stricts.
Remboursement de Wegovy et Mounjaro : qu'est-ce qui change concrètement ?
Une date officielle : le 15 juin 2026
Le changement est devenu officiel grâce à la publication de textes de loi (les arrêtés) le 28 mai 2026. La date exacte de l'entrée en vigueur de ce remboursement est fixée au 15 juin 2026. C'est une petite révolution, car depuis l'arrivée de ces médicaments en pharmacie fin 2024, leur prix était totalement libre et non pris en charge.
Les patients devaient payer l'intégralité de leur poche, ce qui créait de grandes inégalités puisque tout le monde ne pouvait pas s'offrir un tel budget santé.

Wegovy et Mounjaro : comment fonctionnent ces deux traitements ?
Ces deux médicaments appartiennent à une nouvelle génération de traitements. Ils miment des hormones naturellement produites par notre corps (les hormones de l'intestin) pour envoyer des signaux de rassasiement au cerveau et ralentir la digestion.
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Le Wegovy® (du laboratoire Novo Nordisk) : Il contient du sémaglutide. Il agit comme un coupe-faim naturel en prolongeant la sensation d'être "plein" après un repas.
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Le Mounjaro® (du laboratoire Eli Lilly) : Il contient du tirzépatide. Il va un peu plus loin en imitant deux hormones intestinales différentes en même temps. Cela permet d'aider le corps à mieux réguler le sucre et à réduire encore plus l'appétit.
Les études cliniques montrent une perte de poids significative avec ces traitements, variable selon la molécule, la dose, le profil du patient et le suivi associé. Ils doivent être utilisés en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique.
Quelles sont les conditions pour avoir droit au remboursement ?
Une question d'Indice de Masse Corporelle (IMC)
L'Assurance Maladie veut absolument éviter que ces piqûres soient utilisées comme de simples "remèdes miracles" pour perdre quelques kilos avant l'été. Le remboursement est donc réservé à deux situations précises selon votre IMC (le calcul qui évalue votre poids par rapport à votre taille) :
Si votre IMC est égal ou supérieur à 40 : On parle d'obésité massive. Dans ce cas, vous avez droit au remboursement de manière automatique, même en l’absence de comorbidités (c’est-à-dire même en l’absence d'autres maladies liées au poids.
Si votre IMC est compris entre 35 et 40 : On parle d'obésité sévère. Ici, le remboursement est possible uniquement si vous souffrez également d'au moins une comorbidité, c’est-à-dire d’un autre problème de santé causé par le surpoids (voir la liste ci-dessous).
| Si votre IMC est égal ou supérieur à 40 | On parle d'obésité massive. Dans ce cas, vous avez droit au remboursement de manière automatique, même en l’absence de comorbidités (c’est-à-dire même en l’absence d'autres maladies liées au poids. |
| Si votre IMC est compris entre 35 et 40 | On parle d'obésité sévère. Ici, le remboursement est possible uniquement si vous souffrez également d'au moins une comorbidité, c’est-à-dire d’un autre problème de santé causé par le surpoids (voir la liste ci-dessous). |
Quelles sont les autres maladies prises en compte ?
Pour les personnes ayant un IMC entre 35 et 40, le remboursement suppose au moins une comorbidité prévue par le cadre de prise en charge :
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Un diabète de type 2.
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Une hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux.
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Un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil avec IAH ≥ 15/h (qui nécessite généralement l'utilisation d'un appareil respiratoire la nuit).
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Une hypertriglycéridémie > 5 g/L résistante au traitement habituel.
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Certaines atteintes hépatiques, rénales, respiratoires, articulaires ou fonctionnelles selon des critères précis.
N-B : Mounjaro dispose aussi d’un remboursement dans certaines situations de diabète de type 2 de l’adulte insuffisamment contrôlé, dans un périmètre précis, notamment en bithérapie avec la metformine ou en trithérapie selon les cas.
Avoir déjà essayé de perdre du poids par d'autres moyens
Il existe une autre condition indispensable : vous ne pouvez pas demander ces médicaments en premier recours. Le remboursement concerne les patients en échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, définie par une perte de poids inférieure à 5 % après 6 mois, en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique.
| Nom du médicament | IMC nécessaire | Maladies associées demandées | Historique du patient |
| Wegovy® | Dès 40 (sans condition) ou dès 35 (avec condition) | Si IMC entre 35 et 40 : diabète, hypertension, apnée du sommeil, cholestérol... | Avoir fait 6 mois de suivi alimentaire sans succès suffisant |
| Mounjaro® | Dès 40 (sans condition) ou dès 35 (avec condition) | Si IMC entre 35 et 40 : diabète, hypertension, apnée du sommeil, cholestérol... | Avoir fait 6 mois de suivi alimentaire sans succès suffisant |
Quel est le parcours pour obtenir l'ordonnance ?
Étape 1 : Une première ordonnance obligatoire à l'hôpital
Pour encadrer strictement ces traitements, l'État a décidé que la toute première prescription ne peut pas être faite par votre médecin traitant. La prescription initiale est réservée aux médecins exerçant dans certaines structures de prise en charge de l’obésité de niveaux 2 et 3, notamment CSO, CHU, SMR spécialisés, ou aux endocrinologues en lien avec un CSO. Ce spécialiste va vérifier vos critères médicaux et remplir une fiche officielle d'information avant de vous donner le feu vert.
Étape 2 : Le médecin traitant prend le relais pour la suite
Rassurez-vous, vous n'aurez pas besoin d'aller à l'hôpital tous les mois. Une fois la prescription initiale réalisée dans le cadre prévu, le renouvellement peut être effectué par tout médecin. Le rythme du suivi doit être adapté à la tolérance, à l’efficacité, à la dose utilisée et au parcours de soins. Il travaillera en équipe avec vos autres professionnels de santé (comme un diététicien ou un kiné) pour vous accompagner au mieux.
Si vous avez un doute sur vos facteurs de risque ou si vous souhaitez faire un premier point global sur votre poids et votre tension artérielle, une téléconsultation avec un médecin sur la plateforme MEDADOM permet d'obtenir rapidement un premier avis médical et des conseils d'orientation avant de vous lancer dans le parcours de soins à l'hôpital.
Prix et prise en charge : combien allez-vous payer en pharmacie ?
Un remboursement de base à 65 %
La Sécurité sociale rembourse ces médicaments au taux standard de 65 %. Les 35 % restants (ce qu'on appelle le ticket modérateur) sont normalement pris en charge par votre mutuelle santé, selon le contrat que vous avez souscrit. Si vous avez une bonne complémentaire santé, votre reste à charge à la pharmacie sera donc nul ou très faible.
Une prise en charge à 100 % pour les personnes en ALD
C'est un point très important : beaucoup de patients qui souffrent d'une obésité sévère ou massive ont déjà ce qu'on appelle une Affection de Longue Durée (ALD) reconnue par la Sécurité sociale (par exemple pour leur diabète ou une maladie cardiaque).
En cas d’ALD, une prise en charge intégrale peut être possible selon la situation, mais elle doit être vérifiée au cas par cas : elle dépend de l’ALD reconnue, du lien avec le traitement prescrit, des exonérations applicables et du parcours de soins.
La fin des tarifs exorbitants
Avant cette décision de juin 2026, l'accès à ces injections dépendait uniquement de votre compte en banque. Les prix fixés librement par les pharmacies variaient entre 180 € et plus de 440 € par mois. Désormais, l'État impose un prix fixe et réglementé pour tout le monde en France, mettant fin aux tarifs abusifs.
Effets secondaires : à quoi devez-vous vous attendre ?
Les petits désagréments digestifs du début
Comme tout médicament actif, Wegovy et Mounjaro peuvent fatiguer ou bousculer le corps au début. Les effets secondaires les plus fréquents concernent la digestion : nausées, vomissements, diarrhées ou au contraire une forte constipation.
C'est tout à fait logique, puisque ces molécules ralentissent le fonctionnement de l'estomac pour couper la faim. Pour éviter ces désagréments, les médecins commencent toujours par des doses très faibles, puis les augmentent très doucement, mois après mois.
Les précautions plus importantes
Des douleurs abdominales importantes, persistantes ou associées à des vomissements peuvent nécessiter un avis médical rapide, notamment pour rechercher une pancréatite ou une autre complication digestive. L’arrêt du traitement doit être décidé avec un professionnel de santé, sauf situation d’urgence ou consigne médicale préalable.
Le médicament ne fait pas tout : l'importance du mode de vie
Il est essentiel de comprendre que ces piqûres sont une aide précieuse, mais qu'elles ne remplaceront jamais de bonnes habitudes au quotidien. Si vous arrêtez le traitement sans avoir appris à mieux manger et sans pratiquer une activité physique régulière, vous reprendrez certainement tous les kilos perdus. C'est pourquoi ces traitements font partie d'un grand plan gouvernemental (le Plan Obésité 2026-2030) visant à offrir un suivi global et de qualité à tous les patients.
Le suivi de votre santé générale et de vos traitements habituels est très important au cours de ce parcours de soin. Si vous rencontrez de petits effets secondaires au quotidien ou si votre médecin traitant n'est pas disponible pour répondre à vos questions, une téléconsultation via MEDADOM permet de joindre rapidement un médecin généraliste pour être rassuré et conseillé.
Trois grosses erreurs à éviter absolument
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Acheter des stylos injecteurs sur Internet : C'est extrêmement dangereux. Les produits vendus hors des vraies pharmacies sont très souvent des contrefaçons périmées ou toxiques. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte régulièrement sur ce marché noir.
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Vouloir l'utiliser pour perdre 3 kilos : Utiliser ces traitements lourds pour des raisons purement esthétiques met votre santé en danger pour rien et prive les personnes gravement malades de leurs stocks de médicaments.
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Sauter des repas ou s'affamer : Ne plus rien manger sous prétexte que le médicament coupe la faim va faire fondre vos muscles au lieu de votre graisse, ce qui est très mauvais pour votre cœur et votre tonus général.
Ce qu’il faut retenir sur le remboursement de Wegovy® et Mounjaro®
Le remboursement de Wegovy® et Mounjaro® à la mi-juin 2026 est une avancée formidable pour le traitement de l'obésité en France. C'est la reconnaissance que cette situation est une vraie maladie qui mérite d'être soignée équitablement.
En respectant le parcours de soins et en modifiant vos habitudes de vie, ces médicaments peuvent devenir de formidables alliés pour retrouver une meilleure santé et une vie plus sereine.
FAQ : sur le remboursement de Wegovy® et Mounjaro®
Est-ce que je peux demander du Wegovy® directement à mon médecin de famille ?
Non, pas pour la première fois. La première prescription doit obligatoirement venir d'un spécialiste à l'hôpital. En revanche, votre médecin de famille pourra s'occuper de renouveler l'ordonnance chaque mois par la suite.
Le remboursement fonctionne-t-il si je suis juste un peu en surpoids ?
Non. Le remboursement de la Sécurité sociale is uniquement réservé aux formes d'obésité sévère ou massive (IMC supérieur ou égal à 35 ou 40 selon les cas).
Que se passe-t-il si j'arrête brutalement les injections ?
Si vous arrêtez le traitement sans avoir modifié votre alimentation ni repris d'activité physique, votre corps va naturellement chercher à retrouver son poids initial, et vous risquez de reprendre rapidement les kilos perdus.
Sources :
- Service Public - Deux médicaments contre l’obésité remboursés à partir du 15 juin
- VIDAL – Obésité : prise en charge de WEGOVY et MOUNJARO à partir du 15 juin 2026, sous conditions
- VIDAL – MOUNJARO : nouveau médicament injectable indiqué dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité