La RAI, ou Recherche d'Agglutinines Irrégulières, détecte les anticorps irréguliers anti-érythrocytaires, qui sont des immunoglobulines dirigées contre les antigènes des globules rouges. La RAI comprend le dépistage et l'identification de ces anticorps.
Elle prévient le risque d'incompatibilité transfusionnelle et permet de détecter tôt l'allo-immunisation fœtomaternelle, responsable de la maladie hémolytique du nouveau-né.
Une RAI, ou Recherche d'Agglutinines Irrégulières, est un test médical visant à détecter la présence d'anticorps irréguliers anti-érythrocytaires (anti globules rouges) dans le sérum sanguin d'un individu.
Ces anticorps sont dirigés contre les antigènes antigéniques présents à la surface des globules rouges, à l'exception des antigènes A et B du système ABO et du système Rhésus.
Ces anticorps irréguliers peuvent être de deux types :
La Recherche d'Agglutinines Irrégulières (RAI) se déroule en deux étapes principales : le dépistage et l'identification de la spécificité de l'anticorps. Voici comment se déroule une RAI :
Dépistage |
Cette première étape consiste à détecter la présence d'anticorps irréguliers anti-érythrocytaires dans le sérum du patient. Le dépistage repose sur l'utilisation d'une gamme d'hématies-tests, généralement au moins trois, de groupe O. Ces hématies-tests portent différents antigènes, notamment RH1 (D), RH2 (C), RH3 (E), RH4 (c), RH5 (e), KEL1 (K), KEL2 (Cellano), KEL4 (Kpb), FY1 (Fya), FY2 (Fyb), JK1 (Jka), JK2 (Jkb), MNS1 (M), MNS2 (N), MNS3 (S), MNS4 (s), LE1 (Lea), LE2 (Leb), P1 et LU2 (Lub). Le but est de détecter les anticorps correspondant à ces antigènes. Ces hématies-tests sont choisies pour couvrir un large éventail d'antigènes afin de détecter les anticorps dirigés contre différents phénotypes sanguins. |
Identification | Si le dépistage est positif, c'est-à-dire s'il révèle la présence d'anticorps irréguliers, la deuxième étape consiste à identifier la spécificité de ces anticorps. Pour ce faire, on confronte la distribution des réactions positives et négatives obtenues avec la distribution des antigènes sur les gammes d'hématies-tests utilisées, qui comprennent au moins 10 hématies de groupe O. Les antigènes de la gamme d'identification sont spécifiés. |
Non, il n'est généralement pas nécessaire d'être à jeun pour une recherche d'agglutinines irrégulières (RAI). Ce test consiste en une simple prise de sang pour détecter la présence d'anticorps anti-érythrocytaires dans votre plasma. Vous pouvez donc manger et boire normalement avant l'examen.
Dans le processus d'identification des anticorps irréguliers au cours de la Recherche d'Agglutinines Irrégulières (RAI), un témoin autologue est utilisé pour aider à interpréter les résultats.
Lorsque le sérum du patient réagit avec toutes les hématies-tests des différents panels utilisés, cela signifie que des réactions d'agglutination se produisent. Mais on ne sait pas encore clairement si ces réactions sont dues à la présence d'anticorps dirigés contre des antigènes spécifiques ou s'il y a d'autres facteurs en jeu.
Un témoin autologue est un échantillon du propre sérum du patient. Cet échantillon est testé avec les hématies du patient lui-même. Si le témoin autologue est positif, cela signifie que le sérum du patient réagit avec ses propres hématies, ce qui indique la présence d'autoanticorps. Les autoanticorps sont des anticorps dirigés contre les antigènes de ses propres hématies, suggérant une maladie auto-immune.
En revanche, si le témoin autologue est négatif, cela indique que le sérum du patient ne réagit pas avec ses propres hématies. Dans ce cas, il est peu probable que les réactions précédentes avec les hématies-tests soient dues à des autoanticorps. Cela oriente plutôt vers la recherche d'un anticorps dirigé contre un antigène de grande fréquence, appelé "public", qui est présent chez de nombreuses personnes.
Cette distinction est importante pour déterminer si le patient peut être transfusé sans risque de réaction hémolytique.
Le témoin autologue est donc utilisé pour distinguer entre la présence d'autoanticorps (si le témoin est positif) et la recherche d'autres anticorps dirigés contre des antigènes spécifiques (si le témoin est négatif).
Vous avez une prescription de recherche d'agglutinines irrégulières ? Vous avez un résultat que vous ne comprenez pas ? Consultez votre médecin traitant pour qu'il vous explique vos analyses de biologie médicale. Si vous ne parvenez pas à obtenir un rendez-vous, ne restez pas dans l'incompréhension, prenez un rendez-vous en téléconsultation.
La recherche d'agglutinines irrégulières (RAI) est effectuée dans le domaine de l'immunohématologie pour 2 raisons principales : la prévention et le diagnostic des incompatibilités érythrocytaires en transfusion sanguine et le dépistage et la surveillance de l'allo-immunisation fœtomaternelle en obstétrique.
Lorsqu'une personne reçoit une transfusion sanguine, il est crucial de s'assurer que le sang transfusé est compatible avec son propre groupe sanguin pour éviter une réaction immunitaire potentiellement dangereuse.
La RAI permet de détecter la présence d'anticorps dans le sérum du receveur qui pourraient réagir avec les globules rouges du donneur, entraînant ainsi une incompatibilité transfusionnelle. Avant de transfuser des produits sanguins, il est essentiel de réaliser une RAI pour éviter les réactions hémolytiques chez les patients transfusés.
Lors de la grossesse, il peut se produire une situation où le système immunitaire de la mère produit des anticorps contre les globules rouges du fœtus. Cela se produit lorsque le fœtus a des antigènes sanguins différents de ceux de la mère, généralement hérités du père.
Cette situation peut être problématique car les anticorps maternels peuvent traverser le placenta et attaquer les globules rouges du fœtus, provoquant ainsi une anémie hémolytique chez le fœtus in utero.
La recherche des agglutinines irrégulières en obstétrique a deux objectifs principaux liés à cette situation :
La recherche d'agglutinines irrégulières (RAI) peut donner différents résultats en fonction des anticorps détectés et de leur spécificité. Voici les résultats possibles :
Résultat négatif | Cela signifie que l'analyse n'a pas révélé la présence d'agglutinines irrégulières dans le sérum de la personne testée. En d'autres termes, aucun anticorps spécifique n'a été trouvé. |
Résultat positif | Un résultat positif indique que des agglutinines irrégulières ont été détectées dans le sérum. Cela signifie qu'il y a des anticorps présents, mais il est nécessaire de procéder à une étape d'identification pour déterminer la spécificité de ces anticorps. |
Après un résultat positif à la RAI, une étape d'identification est effectuée pour déterminer quels sont les anticorps spécifiques présents. Cette étape permet de caractériser les anticorps en fonction des antigènes sanguins qu'ils ciblent :
Résultat d'identification négatif | Il peut arriver que, même après l'étape d'identification, il ne soit pas possible de déterminer la spécificité des anticorps. Dans de tels cas, des tests plus avancés ou des techniques enzymatiques peuvent être nécessaires pour une identification précise. |
Résultats spécifiques | Si l'identification est réussie, les résultats peuvent indiquer la présence d'anticorps dirigés contre des antigènes sanguins spécifiques, tels que les antigènes Rhésus (D, C, E), les antigènes Kell, Duffy, Kidd, etc. Les résultats spécifiques varieront en fonction des anticorps identifiés. |
En plus de l'identification, des mesures quantitatives, comme le dosage des anticorps, peuvent être effectuées pour évaluer la concentration d'anticorps. Cela permet de suivre l'évolution de l'allo-immunisation au fil du temps. De plus, le phénotypage peut être réalisé pour déterminer le groupe sanguin complet du patient, y compris le groupe Rhésus, afin de confirmer l'absence de l'antigène correspondant à l'anticorps identifié.
Par exemple, si une femme enceinte est Rhésus négatif et que le fœtus est Rhésus positif, il y a un risque d'allo-immunisation fœtomaternelle.
En cas de résultat positif, il est important de choisir des produits sanguins compatibles pour les éventuelles transfusions, y compris les globules rouges, le plasma et les plaquettes.
Sources :
Revue de Biologie Médicale - Quantification des anticorps anti-érythrocytaires chez la femme enceinte.