Santé décomplexée

Endométriose : quels sont les 3 types et comment les reconnaître ?

Rédigé par L'équipe de rédaction MEDADOM | 10/03/25 15:30

L’endométriose touche environ 10 % des femmes dans la population générale, avec une majorité de cas observés chez les 25-49 ans. Elle est plus rare chez les moins de 25 ans (moins de 4 %) et concerne 28 % des femmes de 50 ans et plus selon les données relayées par l’INSERM. 

MEDADOM vous informe sur les différents types d’endométriose, les méthodes de diagnostic et les traitements disponibles.

 

Qu’est-ce que l’endométriose et comment évolue-t-elle ?

 

L’endométriose est une maladie chronique qui peut apparaître dès les premières règles et persister jusqu’à la ménopause. Elle se manifeste par la présence anormale de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. 

Cette maladie provoque une inflammation et la formation de tissu cicatriciel dans la région pelvienne, qui peut atteindre d’autres parties du corps.

L’évolution de l’endométriose varie d’une femme à l’autre. Elle peut rester stable, progresser ou, plus rarement, régresser après la ménopause.

Bien qu’il n’existe pas encore de remède, des traitements médicamenteux et chirurgicaux permettent d’atténuer les symptômes et de limiter les complications. 

L'impact de l’endométriose sur la grossesse est variable, la maladie pouvant en effet s’atténuer durant la gestation chez certaines patientes.

 

Pourquoi classer l’endométriose par type ?

La classification de l’endométriose permet de mieux comprendre l’évolution de la maladie et d’adapter la prise en charge en fonction de sa gravité. 

Chaque femme étant affectée différemment, il est essentiel de distinguer les différents types d’atteintes pour proposer un suivi et des traitements adaptés.

 

La classification repose principalement sur la profondeur des lésions, leur localisation et leur impact sur la fertilité. 

En identifiant le type d’endométriose, les professionnels de santé peuvent mieux anticiper les symptômes, proposer des solutions adaptées et informer les patientes sur les possibles évolutions de la maladie.

 

Quels sont les 3 types d’endométriose ?

 

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens de France (CNGOF), l’endométriose est désormais classée en trois formes principales et non plus par stades de I à IV.

 

L’endométriose superficielle (péritonéale)

Cette forme d’endométriose légère se caractérise par la présence d’implants d’endomètre ectopiques localisés à la surface du péritoine. 

L’endométriose superficielle peut provoquer des douleurs pelviennes et des règles douloureuses, mais son impact sur la fertilité est généralement faible.

 

L’endométriose ovarienne 

Endométriose modérée, cette forme implique la formation de kystes ovariens appelés endométriomes remplis d’un liquide épais de couleur chocolat. Ces kystes peuvent affecter la fonction ovarienne et réduire le stock d’ovocytes, entraînant de ce fait des difficultés de conception

L'endométriose profonde peut également causer des douleurs pelviennes plus intenses.

 

L’endométriose pelvienne profonde

L’endométriose profonde est désignée comme endométriose sévère. Elle correspond à des lésions qui infiltrent à plus de 5 mm la surface du péritoine. 

L’endométriose profonde peut toucher plusieurs régions du corps, notamment les ligaments utéro sacrés, le cul-de-sac vaginal postérieur​, l’intestin, la vessie et les uretères.

Des localisations extra-pelviennes sont aussi possibles. Cette forme est souvent associée à des douleurs chroniques sévères et à une altération significative de la fertilité qui nécessite fréquemment une prise en charge chirurgicale.​

D’autres formes d’endométriose extra-pelvienne, par exemple diaphragmatique et thoracique, sont aussi envisageables bien que plus rares.

  
 

Comment diagnostiquer le type d’endométriose ?

 

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Examen clinique et questionnaire médical

Le diagnostic de l’endométriose commence généralement par un entretien médical avec le gynécologue ou un spécialiste. 

Ce questionnaire vise à recueillir des informations sur les symptômes ressentis, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne. Les questions portent notamment sur :

  • La fréquence et l’intensité des douleurs pelviennes.
  • La présence de règles douloureuses (dysménorrhée).
  • Des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie).
  • Des troubles digestifs ou urinaires liés au cycle menstruel.
  • Des difficultés à concevoir.

 

L’examen clinique, réalisé en consultation, permet d’évaluer d’éventuelles sensibilités ou anomalies. Le médecin peut effectuer un toucher vaginal pour détecter la présence de nodules, une masse ovarienne ou une sensibilité accrue au niveau des ligaments utérosacrés. 

Toutefois, cet examen ne permet pas à lui seul de poser un diagnostic définitif, d’où la nécessité de compléter l’évaluation par des examens d’imagerie.

 

Imagerie médicale

Le diagnostic de l’endométriose par IRM ou échographie repose sur des examens d’imagerie spécialisés permettant de repérer les lésions et d’identifier les types d’endométriose.

 

L’échographie abdomino-pelvienne

Réalisée par un radiologue, gynécologue ou sage-femme spécialisé, l’échographie permet de détecter les lésions d’endométriose. 

Pour une meilleure précision, une échographie endovaginale est souvent privilégiée : la sonde, introduite dans le vagin, offre des images de haute qualité pour repérer les kystes ovariens et certaines lésions profondes.

 

L’IRM

L’IRM permet d’évaluer le nombre et l’emplacement des lésions. Cependant, lorsqu’elles sont superficielles ou minimes, ni l’échographie ni l’IRM ne garantissent un diagnostic fiable.

 

Examens complémentaires

  • Colo-scanner prescrit en cas de suspicion d’atteinte du côlon pour analyser les lésions digestives.
  • Écho-endoscopie rectale pour objectiver précisément les atteintes du rectum et du sigmoïde.
  • Bilan urinaire en cas de suspicion d’atteinte des voies urinaires.

La cœlioscopie n’est plus recommandée pour poser un diagnostic, sauf dans des cas complexes où les autres examens restent incertains et qu’une prise en charge thérapeutique est envisagée.

 

Test salivaire 

Le Ziwig Endotest® est un test salivaire innovant qui aide à diagnostiquer l’endométriose en analysant l’expression de biomarqueurs grâce à un séquençage haut débit et un algorithme d’intelligence artificielle. 

Cet examen offre des résultats en une dizaine de jours. Il est recommandé aux patientes qui présentent des symptômes évocateurs et invalidants, mais dont les examens d’imagerie sont normaux ou peu concluants.

Le test est disponible dans 80 établissements de santé avec une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie, sous conditions, dans le cadre d’une étude. 

Seules 25 000 patientes peuvent en bénéficier avec un coût pris en charge de 839 € par patiente. Un médecin spécialiste peut orienter la patiente vers un centre agréé.

 

Classification ASRM et classification Enzian : quelles différences ?

La classification révisée de l'American Society for Reproductive Medicine (ASRM), établie en 1996, a été largement utilisée pour évaluer l'endométriose. 

Elle attribue des points en fonction de la taille et de l'emplacement des lésions sur le péritoine, les ovaires et les trompes de Fallope, ainsi que des adhérences présentes. 

Les scores cumulés classent la maladie en quatre stades :​

  • Stade I (minimal) : 1 à 5 points​ ;
  • Stade II (léger) : 6 à 15 points​ ;
  • Stade III (modéré) : 16 à 40 points​ ;
  • Stade IV (sévère) : plus de 40 points​.

 

Cette classification présente des limites, notamment une faible corrélation entre le stade attribué et les symptômes cliniques. 

De plus, elle ne prend pas en compte l'endométriose profonde, ce qui peut réduire sa pertinence clinique. ​

 

Pour pallier ces insuffisances, la classification Enzian a été développée en 2005, spécifiquement pour décrire l'endométriose profonde. 

Elle évalue la localisation et la taille des lésions dans différents compartiments pelviens :​

  • A : septum rectovaginal​,
  • B : ligaments utérosacrés et parois pelviennes latérales​,
  • C : rectum et sigmoïde​.
 

Chaque compartiment est noté de 1 à 3 en fonction de la taille de la lésion :​

  • 1 : moins de 1 cm​,
  • 2 : 1 à 3 cm​,
  • 3 : plus de 3 cm​.

 

La classification Enzian a été mise à jour pour inclure des localisations extragénitales et des adhérences pour offrir une description plus complète de la maladie. 

Elle est également compatible avec les diagnostics non invasifs comme l'échographie et l'IRM, ce qui facilite la planification d’une chirurgie éventuelle. ​

La classification ASRM reste toujours utile pour une évaluation générale de l'endométriose, mais la classification Enzian est aujourd’hui privilégiée pour une analyse plus précise des formes de la maladie. 

 

L'utilisation combinée de ces deux systèmes est donc recommandée pour une prise en charge optimale.

 

Quels sont les traitements selon les types d’endométriose ?

 

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Il n’existe pas de traitement définitif pour l’endométriose, mais plusieurs solutions permettent d’en atténuer les symptômes et de limiter son évolution. 


La prise en charge est individualisée en fonction du type d’endométriose, des symptômes et des objectifs de la patiente (réduction des douleurs, amélioration de la fertilité, bien-être général).

 

Traitement hormonal 

Le traitement hormonal est souvent prescrit pour bloquer la production d’œstrogènes, qui favorisent le développement des lésions d’endométriose. On peut y retrouver : 

  • La pilule œstroprogestative en prise continue ;
  • Le stérilet hormonal
  • Les analogues de la GnRH, prescrits en dernier recours et associés à un traitement hormonal compensatoire pour limiter le risque d’ostéoporose.

Ce traitement est recommandé chez les patientes ne souhaitant pas concevoir immédiatement, mais il n’est pas adapté aux femmes ayant un projet de grossesse.

 

Traitement médicamenteux et médecines complémentaires

Les antalgiques (paracétamol) et anti-inflammatoires (AINS) soulagent les douleurs mais ne doivent pas être pris sur le long terme en raison de leurs effets secondaires.


Les thérapies complémentaires, reconnues par la Haute Autorité de Santé (ostéopathie, yoga, acupuncture, sophrologie), peuvent améliorer la qualité de vie en réduisant les douleurs et le stress.

 

Chirurgie 

Lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle consiste à retirer les lésions et les adhérences :

  • Chirurgie conservatrice : enlève les lésions sans retirer d’organe.
  • Chirurgie radicale : en dernier recours, l’utérus et/ou les ovaires peuvent être retirés.

Les récidives après une chirurgie conservatrice sont fréquentes.

Si aucune preuve scientifique ne confirme l’impact direct de l’alimentation sur l’endométriose, certaines patientes observent une amélioration en ajustant leur régime alimentaire. 


Il est conseillé d’expérimenter différentes approches pour identifier ce qui fonctionne au cas par cas.

 

 

FAQ

 

Peut-on passer d’un type 1 à un type 4 ?

L’évolution de l’endométriose varie selon le type. Certaines formes restent stables, d’autres peuvent progresser vers des atteintes plus profondes et sévères.

L’endométriose peut-elle régresser ou disparaître ?

L’endométriose peut parfois régresser spontanément avec la ménopause, mais elle ne disparaîtra jamais complètement.

 

 

 

Sources :