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La maladie cœliaque, une intolérance bien particulière
La maladie cœliaque ou intolérance au gluten touche environ 1% de la population. Souvent silencieuse, elle présente toutefois des risques

La maladie cœliaque, aussi appelée « intolérance au gluten » est une maladie inflammatoire chronique et auto-immune. Avec environ 1% de la population européenne touchée, elle provoque de nombreux symptômes, qui peuvent parfois passer inaperçus.

 

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Qu’est ce que l’intolérance au gluten ?



Qu’est-ce que le gluten ?

Le gluten est une famille de protéines, notamment contenues dans les céréales. Grâce à ses fonctions sur la texture des aliments, le gluten est notamment responsable de la panification. Naturellement élastique, le gluten tire son nom de la colle (« glue »).

On retrouve le gluten dans les céréales suivantes : seigle, avoine*, blé, orge et triticale (plante hybride issue du croisement du seigle et du blé). Pour s’en rappeler, l’acronyme SABOT est une bonne solution.

*L’avoine contient un type particulier de gluten (l’avénine), qui serait bien toléré pur par les malades cœliaques. Cependant, le risque de contamination croisée par le blé dans les machines nécessite d’y être vigilant si je suis intolérant au gluten. En effet, la gliadine, la fraction du gluten responsable des réactions de la maladie cœliaque, n’est pas présente dans l’avoine.

Dans l’agroalimentaire, le gluten est également utilisé comme additif pour ses propriétés technologiques. Chez les personnes non-cœliaques, le gluten ne pose pas de problème. En revanche, chez les intolérants au gluten, son ingestion provoque de nombreux troubles.



Définition de la maladie cœliaque 

Aussi appelée « intolérance au gluten », la maladie cœliaque est définie comme une maladie malabsorptive chronique avec une atrophie des villosités intestinales, qui s’améliore avec un régime sans gluten et récidive lorsque le gluten est réintroduit.

L’intolérance au gluten se caractérise donc par une réaction anormale de l’organisme face au gluten, créant une inflammation et détruisant les villosités intestinales. Les villosités intestinales sont des replis de l’intestin permettant une plus grande surface de contact avec le bol alimentaire et favorisant l’absorption des nutriments.

Cette inflammation résulte d’une maladie auto-immune et cause de nombreux symptômes chez les personnes atteintes.


La maladie cœliaque, une histoire d’allergie ?

Les douleurs abdominales sont un symptôme de la maladie cœliaque

Même si l’intolérance au gluten est souvent confondue avec une allergie alimentaire, il s’agit en fait de deux pathologies bien distinctes. 

D’une part, il s’agit de deux processus immunologiques différents : 

  • L’allergie alimentaire engendre la fabrication d’anticorps contre l’allergène, libérant lors du 2ème contact avec l’aliment, des molécules causant une réaction inflammatoire. Cette dernière, le plus souvent immédiate, peut aller jusqu’à l’œdème de Quincke, mortel s’il n’est pas pris en charge rapidement.

  • L’intolérance au gluten, à l’inverse, est une pathologie chronique, dont les effets délétères s’installent progressivement au fur et à mesure de la destruction des villosités intestinales. Les symptômes, parfois beaucoup plus silencieux, ne sont pas toujours visibles.


 

Les causes de la maladie cœliaque

En Europe, on estime que 0,7 à 2% de la population serait touchée par l’intolérance au gluten. Dans la majorité des cas, les malades cœliaques présentent des formes peu ou asymptomatiques et sont peu diagnostiquées.

Les causes de l’intolérance au gluten sont encore méconnues. Toutefois, certains facteurs de prédispositions ont été étudiés.


La composante génétique de l’intolérance au gluten

 

99% des patients atteints de la maladie cœliaque possèdent un terrain immunologique inscrit dans leur patrimoine génétique (HLA-DQ2 et -DQ8).

La présence de ces gènes est une condition nécessaire mais pas suffisante pour déclencher la maladie cœliaque. En effet, 20% de la population présente ces gènes sans être intolérants au gluten.

Être apparenté au 1er degré à un malade cœliaque engendre 10% de risque de l’être également. Par ailleurs, la présence de maladies auto-immunes, telles que le diabète de type 1, augmente également le risque d’être intolérant au gluten.

Le sexe

 

Le maladie cœliaque présente une forte prédominance féminine : il y aurait 2 à 3 fois plus de femmes que d’hommes atteints de cette pathologie selon le Conseil National Professionnel d'Hépato-Gastroentérologie

L’âge

 

L’intolérance au gluten se déclare principalement à deux âges de la vie :

  • Entre 6 mois et 2 ans, lors de l’introduction du blé dans la diversification alimentaire du bébé.
  • Entre 20 et 40 ans.

On constate cependant des formes tardives, révélées après l’âge de 60 ans.

L’origine géographique

 

La maladie cœliaque est présente dans le monde entier. Cependant, elle reste très rare en Afrique et en Chine, et serait quasi-inexistante au Japon, avec une fréquence génétique beaucoup plus faible et une consommation moins fréquente de blé.

En Europe, l’Angleterre et l’Irlande auraient la plus forte fréquence d’intolérance au gluten.

Les origines de la maladie cœliaque

 

Au-delà de ces prédispositions, des hypothèses sont avancées sur le déclenchement de la maladie cœliaque. Parmi celles-ci, on note :

  • Une infection (virale ou bactérienne) ayant fragilisé la muqueuse intestinale.
  • Une introduction trop précoce du gluten (avant 4 mois) lors de la diversification alimentaire, chez un organisme immature pour gérer cette protéine particulière.

Quels sont les symptômes de l’intolérance au gluten ?



Les symptômes de la maladie cœliaque chez l’enfant

Avant 2 ans, les signes digestifs de la maladie cœliaque dominent. L’enfant présente alors des diarrhées, avec des selles molles, collantes et malodorantes, caractéristiques de la malabsorption. L’enfant cœliaque a également mal au ventre et peu d’appétit.

Si la malabsorption perdure, la courbe de croissance peut se casser et engendrer un retard au niveau de la taille et du poids.

Les carences en fer et en calcium, secondaires à l’intolérance au gluten, peuvent entraîner une anémie et un impact sur le développement osseux.



Les symptômes de la maladie cœliaque chez l’adulte

Après 2 ans, ce sont les signes extra-digestifs qui prédominent. 

En effet, l’adulte cœliaque peut aussi subir la diarrhée chronique avec malabsorption, le ballonnement, les flatulences et parfois une alternance avec constipation, qui peut faire penser au syndrome de l’intestin irritable.

Mais d’autres symptômes liés à la malabsorption des nutriments (notamment vitamines et minéraux) peuvent évoquer l’intolérance au gluten :

  • Je suis fatigué, je perds du poids
  • J’ai des douleurs articulaires, mes os se fragilisent
  • J’ai des aphtes à répétition
  • Si je suis une femme, je n’arrive pas à concevoir
  • J’ai de l’eczéma, ma peau desquame, mes ongles et cheveux sont cassants
  • J’ai des bleus sur le corps
  • Je présente une anémie ou une insuffisance pancréatique

 

Ces symptômes n’étant pas toujours marqués, la maladie cœliaque est souvent longue à diagnostiquer ; en moyenne 10 ans après les premiers symptômes.

 

Quelles sont les complications de la maladie cœliaque ?

L’impact des carences

 

Si la maladie cœliaque n’est pas prise en charge à l’aide d’un régime sans gluten, les carences peuvent s’installer et provoquer divers troubles : stérilité, ostéoporose

Chez l’enfant, un ralentissement de la croissance et du développement psychomoteur est possible.

Evolution de la maladie cœliaque

 

Dans environ 5% des cas d’intolérance au gluten, un lymphome intestinal (un type de cancer) peut se développer à la suite d’un régime sans gluten mal suivi ou d’une forme d’intolérance au gluten résistante à l’exclusion du gluten.

Si l’occurrence de ce trouble est faible, les chances de survie le sont malheureusement aussi : moins de 20% à 5 ans. C’est pourquoi il est essentiel d’être suivi si je suis intolérant au gluten.


 

 

Quel diagnostic et quel traitement de la maladie cœliaque ?


Comment savoir si je suis intolérant au gluten ?


Le diagnostic de la maladie cœliaque commence par une prise de sang. On recherche les anticorps Immunoglobuline A (IgA) anti-transglutaminase.

On confirme ensuite ce test par une fibroscopie avec biopsie pour confirmer la dégradation des villosités intestinales, caractéristique de la maladie cœliaque. 

 

Attention : Je ne dois pas mener de régime sans gluten avant que le diagnostic ne soit confirmé. Cela pourrait fausser le diagnostic.

 

Une fois la prise de sang et la biopsie effectuée, je mets en place un régime sans gluten avec l’aide du médecin et d’un diététicien : si les symptômes régressent, je suis intolérant au gluten.

Une fois le diagnostic de l’intolérance au gluten posé, le médecin recherchera d’éventuelles carences (calcium, fer, vitamines B9 et B12) et pourra effectuer une ostéodensitométrie pour évaluer la déminéralisation osseuse. Une supplémentation temporaire pourra alors m’être recommandée.

Le diagnostic de la maladie cœliaque au plus tôt est essentiel pour limiter les complications de la maladie.

 

Je peux en parler à un médecin. 

 

 

 

 

Le régime sans gluten : seul traitement de la maladie cœliaque 

Le blé, vecteur de gluten doit être exclu de l'alimentation en cas de maladie cœliaque

Peut-on guérir de la maladie cœliaque ?

 

Malheureusement, il est aujourd’hui impossible de guérir de la maladie cœliaque. Une fois déclarée, l’intolérance au gluten perdure toute la vie. 

Les bienfaits du régime sans gluten chez les cœliaques

 

Le régime d’éviction du gluten à vie est le seul traitement de l’intolérance au gluten. Il est conseillé d’être accompagné d’un diététicien pour la mise en place de ce régime.

Au bout de 6 à 24 mois d’éviction stricte du gluten, les villosités repoussent et l’absorption des nutriments revient à la normale.

D’autres traitements sont en cours de développement mais n’ont pas encore fait leurs preuves.

Quelques conseils pour le régime sans gluten

 

Une fois le diagnostic de la maladie cœliaque, je suis ces conseils :

  • J’évite les céréales suivantes : seigle, blé (dont épeautre, kamut), orge, triticale.
  • Je redouble de vigilance lorsque j’achète de l’avoine (l’absence de gluten doit être clairement spécifiée).
  • Je vérifie les étiquettes de produits transformés que j’achète : depuis 2011, le règlement INCO (Information du Consommateur) impose l’étiquetage systématique du gluten présent dans les aliments.
  • Je peux m’aider d’applications qui scannent les codes-barres.
  • Je peux me rapprocher d’une association d’intolérants au gluten, tels que l’AFDIAG (Association Française Des Intolérants Au Gluten).
  • Je me rapproche de la Sécurité sociale pour la prise en charge financière partielle de mes produits sans gluten.

 

Bien que contraignante, l’alimentation sans gluten est la seule façon de faire régresser les symptômes de la maladie cœliaque. La prise en charge médicale est essentielle pour la vivre le plus sereinement possible.

 

 

Propos écrits par Amanda Huguet-Millot, Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé

 

Sources : 

  • Abrégé d’hépato-gastro-entérologie – Diarrhée chronique (2ème édition - Éditions Elsevier-Masson)
  • Ameli – Intolérance au gluten (maladie cœliaque)
  • Conseil National Professionnel d’Hépato-Gastroentérologie (CNPHGE) – Maladie cœliaque
  • Gdoura, M. Lymphome T révélant une maladie cœliaque : à propos d’un cas, La Revue de Médecine Interne,
  • Volume 35, Supplement 2, 2014, Page A161.
  • Rashid M, Lee J. Tests sérologiques dans la maladie cœliaque: Guide pratique à l’usage des cliniciens. Can Fam Physician. 2016;62(1):e11-e17.
  • Physiopathologie – bases physiopathologiques de la diététique. Éditions Lavoisier 2ème édition - 2014
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) – Maladie cœliaque