Fatigue, anémie, asthénie : quelles différences ?
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Comment faire la différence entre fatigue, anémie et asthénie ?

La fatigue serait-elle le nouveau mal du siècle ? En effet, selon l'Assurance Maladie, 10 à 25 % des personnes qui consultent aujourd’hui un médecin généraliste indiquent ressentir une fatigue persistante. 6 à 7 % des patients voient d’ailleurs leur médecin pour cette raison précise. Si une fatigue suivant une séance de sport ou une période intense au travail est tout à fait normale, cette sensation de fatigue installée et durable peut indiquer une potentielle asthénie.

MEDADOM vous informe sur ce sujet et sur les traitements possibles.

 

Qu'est-ce que l’asthénie ?


définition asthénie : fatigue anormale


L’asthénie se caractérise par une fatigue anormale qui persiste malgré le repos et le sommeil. Celle-ci peut devenir chronique si elle persiste au-delà de six mois. Les causes de l’asthénie sont variées et les multiples symptômes ne doivent pas être pris à la légère.

 

Quels sont les symptômes de l’asthénie ?

En cas d'asthénie, un déséquilibre se crée entre la volonté d’accomplir les activités quotidiennes et la capacité réelle à les mener à bien. Cela se manifeste notamment par une sensation de lassitude, une certaine faiblesse (perte de force) ainsi qu’une inefficacité intellectuelle. Une dégradation de l'état physique peut également être observée (diminution de l’appétit, douleurs multiples…).

Cette fatigue anormale laisse souvent la sensation d’être constamment épuisé ou vidé, même après une bonne nuit de sommeil. Le symptôme clé d’une asthénie réside d'ailleurs dans le fait que ces sensations ne disparaissent pas malgré le repos.

À noter : ressentir de la fatigue après un effort physique ou une longue journée de travail ne signifie pas nécessairement être sujet à l’asthénie. Dans ces cas, il s’agit d’une fatigue normale qui se résorbe simplement avec un peu de repos.


Lorsque les symptômes décrits ci-dessus persistent plus de six mois, il peut s'agir d’asthénie chronique. D’autres symptômes peuvent ainsi s’ajouter dans ce cadre : intolérance à la position debout, malaises après l'effort, troubles de la mémoire et de la concentration, douleurs musculaires et articulaires… Ces symptômes se déclarent généralement de façon brusque chez des personnes très actives au quotidien.

 

Quelles sont les causes de l’asthénie ?

Les médecins ont aujourd’hui identifié plusieurs causes diverses et variées à l’asthénie. 

Parmi celles-ci, on retrouve :

 

Des perturbations dans le mode de vie 

Une modification de mon quotidien peut occasionner une fatigue persistante. On parle alors de fatigue réactionnelle, une fatigue qui est heureusement souvent temporaire. Ces perturbations peuvent prendre la forme de :

  • Troubles du sommeil : insomnie, hypersomnie, apnée du sommeil, etc. ;
  • Situation de stress dans la vie personnelle ou professionnelle (surmenage) ;
  • Maladies infectieuses ;
  • Perturbation de la condition physique (inactivité, opération chirurgicale, etc.) ;

L’asthénie psychique (psychasthénie)

Ce type de fatigue découle généralement d’une dépression ou de troubles anxieux. Ce type d’asthénie peut également faire suite à une phase dépressive d'un trouble bipolaire ou à des troubles du comportement alimentaire.

La prise de substances toxiques ou de médicaments

Certains médicaments (psychotropes, inhibiteurs calciques, sédatifs, antidépresseurs, anti-hypertenseurs centraux, antalgiques, bêta-bloquants antihistaminiques, anticancéreux…) et substances toxiques (stupéfiants, plomb, monoxyde de carbone, alcoolisme…) peuvent engendrer une asthénie.

Les maladies chroniques

La présence d'une maladie chronique expose au risque d'une asthénie prolongée (asthénie chronique). Cela s'observe notamment dans les situations suivantes :

  • Déséquilibre métabolique : anémie par carence en fer ;
  • Maladie endocrinienne : hypothyroïdie, diabète de type 2, etc.
  • Atteinte neurologique : maladie de Parkinson, narcolepsie, sclérose en plaques, etc. ;
  • Maladie infectieuse : les maladies infectieuses virales, bactériennes et parasitaires sont susceptibles de provoquer une asthénie chronique. Parmi ces maladies, on retrouve le VIH, l’herpès virus, l’hépatite virale (hépatite B chronique, hépatite C chronique), la mononucléose, l’endocardite ou encore les infections par bactérie type Borrelia ou Brucella ;
  • Maladie rénale chronique.
  • Affection auto-immune : lupus, maladie de Crohn, maladie d'Horton, etc. 
  • Maladie musculaire : myopathies, myosites, dystrophies musculaires, etc. 
  • Fibromyalgie ;
  • Maladie cardiovasculaire : insuffisance cardiaque, troubles du rythme, etc. 
  • Atteinte digestive : hépatite non infectieuse, cirrhose, hémochromatose, maladie cœliaque, entéropathie inflammatoire, etc. 
  • Maladie respiratoire : insuffisance respiratoire chronique, apnée du sommeil, etc. 
  • Asthénies néoplasiques : asthénie développée des suites d’un cancer.

La fatigue, un des symptômes prolongés de la COVID-19

Parmi les maladies infectieuses virales susceptibles d’être responsables d'une asthénie, figure la COVID-19. En effet, si une partie des personnes contractant le virus constate la disparition des symptômes en deux à trois semaines, d’autres peuvent développer ce que l’on appelle un « Covid long ».

Dans ce cas, les patients souffrent de symptômes prolongés de la COVID-19 au-delà de quatre semaines. Ces manifestations peuvent prendre la forme d’atteintes respiratoires, de douleurs variées, de troubles digestifs, oculaires ou encore cutanés. Cette dégradation générale de la qualité de vie a pour conséquence fréquente, en cas de Covid long, le ressenti d'une asthénie au quotidien.

 

Fatigue, anémie ou asthénie : comment savoir ?

Comme précisé ci-dessus, il est important de distinguer la fatigue normale qui disparaît avec le repos de la fatigue anormale (asthénie). Dès lors, comment identifier l'origine des troubles ? En effet, la distinction entre simple fatigue normale et asthénie peut s'avérer délicate.

Si une fatigue régulière et anormale est constatée, il est donc important de faire le point sur l'état général en étant attentif à plusieurs éléments :

  • Ancienneté de l’asthénie ;
  • Prédominance de la fatigue au cours de la journée (matin, midi, soir…) ;
  • Fréquence (quotidienne ou épisodique) ;
  • Présence d’autres symptômes : manque de concentration, douleurs articulaires, bras et jambes lourdes, manque d’appétit, faiblesse localisée, nausées, sueurs pendant la nuit, etc. 
  • Historique de santé (maladie récente) ;
  • Impact sur la vie quotidienne.

Il est également possible d'opérer quelques changements dans le mode de vie pour vérifier si la fatigue persiste. Ces modifications visent principalement à améliorer l'hygiène de sommeil. En effet, la qualité du sommeil est le critère prépondérant pour éradiquer une asthénie. Pour garantir une bonne récupération nocturne, il est donc essentiel de tout mettre en œuvre pour favoriser un repos de qualité.

Quelques actions concrètes :

  • Ralentir le rythme quotidien : soigner l'équilibre vie personnelle/vie professionnelle, faire davantage de pauses dans la journée de travail, etc. ;

  • Pratiquer une activité physique régulière ;

  • Instaurer un rythme de vie cadré : fixer chaque jour les heures des repas, l’heure de coucher et l’heure de lever par exemple ;

  • Mettre en place une alimentation équilibrée ;

  • Limiter l’exposition aux écrans pour réduire l'asthénie ;

  • Adapter la fin de la journée : favoriser des activités relaxantes, éviter les excitants (vitamine C, café, sodas, thé…), le tabac et l’alcool ;

  • Faire une sieste courte (5 à 20 minutes) dans un lieu calme après le déjeuner (entre 12 et 15 heures).

Si la fatigue persiste au bout de quelques semaines malgré ces ajustements, une asthénie plus sévère est peut-être en cause. Il est alors important de consulter un médecin afin d'identifier l'origine du problème et d’envisager éventuellement un traitement.

anémie : dosage anormal de fer dans le sang

À savoir : l’anémie est une baisse anormale du taux d’hémoglobine dans le sang. Par exemple, une carence en fer, en vitamine B12 ou en vitamine B9 cause le plus souvent une anémie. Celle-ci engendre généralement une asthénie.

Pour diagnostiquer une éventuelle anémie, il est nécessaire de consulter un médecin qui prescrira une analyse de sang.

Que faire contre l’asthénie ?

 

Pour soigner cette fatigue anormale, la stratégie la plus efficace consiste à identifier et traiter la cause sous-jacente. C’est pourquoi les substances psychostimulantes (comme la sulbutiamine, le déanol ou la caféine) sont souvent déconseillées en première intention.

L'option des compléments alimentaires En cas d’asthénie et sur avis médical, la prise de compléments alimentaires peut être envisagée sous forme de cure ponctuelle. C’est par exemple le cas de certaines vitamines (dont la vitamine C), du magnésium ou de certains oligo-éléments connus pour soutenir l’organisme en période de fatigue.

Toutefois, ces actifs ne doivent être employés que sur de courtes périodes et non en traitement de fond. Pour être efficaces, ils doivent impérativement s'accompagner d’une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, réduction du stress).

 

Dans le cas d’une asthénie plus tenace dont la cause m’est encore inconnue, mon médecin pourra pratiquer un examen clinique dans le but de faire un bilan précis sur ma situation. Des examens complémentaires et des avis médicaux spécialisés pourront éventuellement m’être demandés pour identifier correctement la cause de mon asthénie.

La prise en charge médicale approfondie dans le cas d’une asthénie plus tenace dont la cause demeure inconnue, le médecin pourra pratiquer un examen clinique afin d'établir un bilan précis de la situation. Des examens complémentaires et des avis spécialisés pourront éventuellement être requis pour identifier l'origine de l'asthénie.

 

Le traitement prescrit pourra ensuite être indirect afin de régler sa cause. Il pourra être médicamenteux (mise en place d’un traitement spécifique à une maladie chronique, compléments en fer, modification de traitement en cours, prise d’antidépresseurs…) ou non (thérapie, rendez-vous avec la médecine du travail, etc.).

Le traitement prescrit visera ensuite à régler la cause identifiée. Il pourra être :

  • Médicamenteux : mise en place d’un traitement spécifique à une maladie chronique, supplémentation en fer, modification d'un traitement en cours, antidépresseurs…
  • Non médicamenteux : psychothérapie, consultation avec la médecine du travail, etc.

 

 

Sources :