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Syphilis : symptômes, diagnostic et traitement
On la pensait disparue avant les années 2000, la syphilis est encore présente dans les pays développés.

Lorsque l’on entend "syphilis", on peut avoir peur. On pense d’ailleurs tout de suite au chancre de la syphilis, une éruption cutanée qui peut apparaître au premier stade de la maladie, mais pas toujours. Cette infection sexuellement transmissible, causée par une bactérie, le tréponème, n’est pas mortelle dans la majorité des cas et évolue en 3 stades si elle n’est pas traitée.

Ayant presque disparu dans les pays développés avec l’avènement du préservatif, la syphilis réapparait. On constate en effet une recrudescence des cas en Europe depuis les années 2000, probablement liée à un relâchement de la vigilance face à la protection lors de rapports sexuels. On dénombrait en 2019 environ 2000 cas en France. Un relâchement des dépistages a été constaté en 2020 du fait de l’épidémie de coronavirus. Quels sont les symptômes de la syphilis et comment la traiter ? On vous en dit plus dans cet article. 

Le saviez-vous ?
Très contagieuse, la syphilis a provoqué de fortes épidémies avant l’apparition du préservatif. En 2017, on comptait 33 000 cas de syphilis en Europe, plus que le nombre de personnes atteintes par le VIH/SIDA (Donnée : Le Figaro Santé)

 

Transmission et symptômes de la syphilis


Une transmission bactérienne lors d'un rapport sexuel

La syphilis est causée par la transmission d’une bactérie, dite à Gram négatif, le Treponema pallidum, ou tréponème pâle, qui a été découverte au début du XXème siècle. Cette dernière se transmet majoritairement par deux voies :
  • la voie sexuelle, on parle alors d’infection sexuellement transmissible : on estime qu’un patient sur 3 sera co-infecté par le VIH/SIDA.
  • la voie placentaire : la syphilis fait partie des maladies à dépistage obligatoire à effectuer lors du premier trimestre de grossesse, car le risque de contamination d’une syphilis primaire est de 70% et les conséquences sur le fœtus sont importantes. Toutefois, les contaminations du fœtus sont ainsi aujourd’hui très rares.

 


Une maladie en 3 phases avec l’apparition d’un chancre de la syphilis



La maladie se développe en trois stades, dont les symptômes de la syphilis ne sont pas évidents à détecter bien que chaque phase soit caractérisée par un signe bien particulier. Les personnes atteintes peuvent être asymptomatiques.

La période d’incubation de la syphilis, c’est-à-dire la période entre la contraction de la bactérie et le développement des premiers symptômes varie de 10 jours à 3 mois. Si j’ai pris un risque, il convient donc de me faire dépister rapidement, sans attendre l’apparition des premiers symptômes et de me protéger : la syphilis est très contagieuse.

Entre chaque phase, il peut exister une période de latence, où aucun symptôme de la syphilis ne se manifeste.

De par les lésions qui apparaissent, les portes d’entrée sont plus nombreuses sur les organes génitaux, le risque de co-contamination par le VIH/SIDA est important.

 

Le chancre de la syphilis est un symptôme caractéristique du premier stade

Lors du premier stade, apparaît le chancre de la syphilis qui correspond à une ulcération rosée de 5 à 15 mm de diamètre, très épaisse, dure au toucher et indolore. Le chancre de la syphilis peut être retrouvé sur les organes génitaux, sur la bouche ou la langue, dans la gorge, ou au niveau du rectum.

S’il s’installe sur les organes génitaux, il sera plus précisément trouvé : 

  • “chez l'homme, sur le gland ou sur la zone qui sépare le gland de la verge ou plus rarement, sur le fourreau de la verge ;
  • chez la femme, le plus souvent sur les grandes ou petites lèvres de la vulve.” (source : ameli ) Il peut se situer dans le vagin ou sur le col de l’utérus ce qui rend le diagnostic plus compliqué. 

Ce chancre syphilitique disparaît entre 2 et 6 semaines.

À ce stade, il est possible de détecter la syphilis, qui pourra être confirmée par un test sérologique.

Lors de symptômes de la syphilis, le test sérologique confirme le diagnostic

 


La phase secondaire de la syphilis


Si le chancre de la syphilis n’a pas été détecté, la maladie progresse en son deuxième stade entre 6 semaines et 16 semaines après la contamination initiale. A ce stade, la bactérie se situe dans tout l’organisme. Entre les deux phases, il existe une période de latence où aucun symptôme de la syphilis ne sera visible.

Cette phase évolue elle-même en poussées d’éruptions cutanées qui peuvent être des taches rosées, qui disparaissent rapidement et des papules qui peuvent apparaître sur tout le corps y compris sur les organes génitaux. Ces poussées sont également entrecoupées de phases de latence où l’on peut se croire guéri, ce qui n’est pas le cas.

Lors de cette phase secondaire de la syphilis, un syndrome grippal peut apparaître (fièvre, courbatures, fatigue) ou une atteinte neurologique comme une méningite. La vision peut également être touchée, entraînant des uvéites ou des rétinites.
 

 

La phase tertiaire de la syphilis


La phase tertiaire de la syphilis survient plusieurs années après la contamination et est aujourd’hui peu retrouvée. En général, la maladie a été diagnostiquée lors des deux premiers stades. Des lésions irréversibles apparaissent sur l’épiderme et les muqueuses, mais également au niveau des organes vitaux tels que le cœur ou les reins pouvant entraîner de graves complications. Des troubles neurologiques peuvent aussi être déclarés.

Diagnostic, traitements et prévention de la syphilis 



Diagnostic de la syphilis


On compte 2,6 millions de tests réalisés en 2019 (en augmentation de 22% par rapport à 2017).

Selon Santé Publique France, 67% de ces dépistages sont effectués par femmes en raison du dépistage systématique pendant le 1er trimestre de grossesse. L’âge médian au diagnostic est de 35 ans, 28 ans chez les femmes.

Le diagnostic n’est pas toujours évident, puisque le patient peut être asymptomatique ou les symptômes de la syphilis peuvent passer inaperçus. Quels que soient les stades de la maladie, le diagnostic repose :

  • essentiellement sur un test sérologique qui va rechercher la bactérie responsable de la syphilis, le tréponème, dans le sang (prise de sang)  - À noter qu’il existe d’autres tréponématoses, retrouvées dans certains pays, sensibles aux tests.
  • l’interrogatoire qui peut déterminer s’il y a eu une prise de risque;
  • l’examen clinique à la recherche d’éruptions cutanées typique de la syphilis (chancre syphilitique en phase primaire, syphilides papuleuses au stade secondaire et gommes sylleptiques au dernier stade);
  • des prélèvements peuvent également être effectués au niveau des lésions;
  • il est parfois nécessaire d’effectuer d’autres examens en cas de signes neurologiques ou ophtalmiques par exemple.


La recherche de syphilis est systématiquement accompagnée du dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles tels que la chlamydia, le VIH/SIDA, le gonocoque, etc.


Traitement de la syphilis


On l’a vu plus haut : c’est une bactérie qui est responsable du développement de la syphilis. Ainsi, le traitement repose essentiellement sur de l’antibiothérapie. Plus précisément, dans le cas de syphilis récente (primaire et secondaire, un antibiotique à base de pénicilline est prescrit en intramusculaire avec une injection unique. La particularité de cet antibiotique est qu’il est dit “à retard”, c’est-à-dire que son action est progressive.

Pour la femme enceinte infectée, deux injections sont recommandées.

En cas de syphilis tertiaire, le traitement s'étale sur 3 semaines. En cas de complications, une hospitalisation permettra au patient de recevoir un traitement en intraveineuse.

En cas d’allergie à la pénicilline, d’autres antibiotiques peuvent être utilisés.



Se protéger, c’est prévenir la syphilis !

Le préservatif est le seul moyen de se prémunir de la syphilis


Il n’existe qu’un seul moyen de se protéger de la syphilis, comme d’autres IST, c’est se protéger en utilisant le préservatif lors des rapports sexuels. Si j’ai plusieurs partenaires sexuels ou si je change régulièrement de partenaires sexuels, je me fais dépister régulièrement. Les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) me permettent d’accéder à un dépistage facilement et anonymement..


En cas de doute, n’hésitez pas à contacter les médecins partenaires MEDADOM en téléconsultation.

 


Une infection sexuellement transmissible ancienne



Histoire d’une bactérie qui sévit encore aujourd’hui

Découverte au XVème siècle en Europe et hypothétiquement importée d’Amérique au retour des navigateurs, la syphilis, appelée également vérole, a été longtemps une infection sexuellement transmissible causant d’importantes épidémies. Toutefois, cette théorie a été récemment remise en doute après la découverte des traces d’infections sur des restes humains au Nord de l’Europe. Jusqu’aux années 2000, le nombre de cas avait considérablement baissé avec la généralisation du recours aux moyens de protection que l’on connaît : le préservatif ainsi que l'utilisation de la pénicilline pour la traiter.

Toutefois, certaines parties du monde, en particulier les pays en voie de développement, ont récemment connu une recrudescence des cas de syphilis, comme en Irlande, qui peut notamment s’expliquer par un relâchement de l‘application des mesures de protection En effet, avant le début de l'épidémie de coronavirus, l’Irlande faisait face à une recrudescence des cas. Les mesures sanitaires imposées en 2020 ont restreint la propagation de la maladie, mais de nouveaux cas ont été signalés en 2021 : 242 cas signalés entre janvier et avril.

Le saviez-vous ? Des écrivains et poètes ont été atteints par la syphilis. C’est le cas de Baudelaire ou encore de Maupassant.

 

 

Combien de cas de syphilis sont recensés en France ?

Selon une publication de Santé Publique France du 1er décembre 2020, on dénombrait environ 2000 cas de syphilis, une diminution de 7% par rapport à 2018. Dans le détail, 92% des cas déclarés en 2019 sont des hommes dont 80% ayant eu des relations sexuelles avec des hommes.




Sources :
- Syphilis, Santé Publique France
- Christophe Colomb ne serait pas responsable de la diffusion de la syphilis en Europe, Sciences et Avenir
- Syphilis, VIDAL
- Symptômes et diagnostic de la syphilis, Assurance Maladie
- Traitement de la syphilis, Assurance Maladie