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Désogestrel et méningiome : l'alerte ANSM expliquée

L'essentiel en 30 secondes

  • À partir du 10 septembre 2026, l'ANSM adresse un courrier personnalisé à environ 1,6 million de femmes ayant eu une prescription remboursée de désogestrel 75 µg au cours des 12 derniers mois (ANSM, 2026).

  • Le surrisque de méningiome est très faible : un cas supplémentaire est estimé pour un peu plus de 67 000 femmes traitées.

  • Ce risque reste très faible même en cas d'utilisation prolongée (au-delà de 5 ou 7 ans) ou après 45 ans, et il s'annule un an après l'arrêt du traitement.

  • L'ANSM demande explicitement de ne pas arrêter sa contraception sans avis médical et d'aborder le sujet lors de la prochaine consultation de routine.

 

Pourquoi l'ANSM informe-t-elle 1,6 million de femmes sur le désogestrel ?

 

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé, le 10 septembre 2026, une campagne d'information personnalisée destinée aux utilisatrices de contraceptifs à base de désogestrel 75 µg seul, c'est-à-dire le princeps Cerazette® et ses génériques (Antigone®, Elfasette®, Optimizette®...). 


Cette démarche fait suite à une recommandation de l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui a demandé en juillet 2026 l'ajout de cet effet indésirable possible de méningiome dans la notice de ces traitements, après analyse des données de l'étude française EPI-PHARE.


Concrètement, l'Assurance Maladie a identifié des femmes majeures ayant eu une prescription de désogestrel 75 µg dans les 12 derniers mois. 
Ainsi, un courrier nominatif leur est envoyé afin d’aborder à l’occasion de leur prochaine consultation le choix de cette contraception avec leur prescripteur qui a également reçu un bulletin d’alerte distribué par l’ANSM (2026).

 

Quel est le niveau du risque ?

 

Le risque reste très faible. De plus, selon l'ANSM, ce surrisque n'apparaît que chez les femmes utilisant du désogestrel de façon prolongée, pendant au moins un an (ANSM, 2026).
Ce risque évolue selon un facteurs :

  • La durée d'utilisation ;
  • L'âge : chez les femmes de plus de 45 ans.

Point important pour que nous insistions dessus sans minimiser : ce surrisque peut s’annuler un an après l'arrêt du traitement, et il reste très inférieur à celui associé à d'autres progestatifs comme l'Androcur, le Lutényl, le Lutéran ou le Colprone, pour lesquels une surveillance par IRM est déjà systématiquement recommandée

 

Qu'est-ce qu'un méningiome ?

 

Le méningiome est une tumeur bénigne dans la grande majorité des cas, qui se développe à partir des méninges, les membranes entourant le cerveau. Il évolue très lentement et reste le plus souvent sans symptôme ; beaucoup sont découverts fortuitement. Certains, selon leur taille et leur localisation, peuvent provoquer des symptômes et nécessiter une prise en charge. 


Dans la population générale, on recense chaque année environ 9 à 10 nouveaux cas de méningiome pour 100 000 personnes (ANSM, 2026, citant CBTRUS).

 

Que faire si vous prenez ou avez pris du désogestrel ?

Pilule désogestrel 1A

Poursuivez normalement votre contraception : l'ANSM est claire, il n'y a pas lieu d'arrêter un traitement de sa propre initiative, au risque de s'exposer à une grossesse non désirée. Il n'est pas non plus nécessaire de demander un rendez-vous en urgence.

En revanche, deux réflexes sont recommandés :

  • Profitez de votre prochaine consultation de routine avec votre médecin, gynécologue ou sage-femme pour faire le point sur votre contraception, en particulier si vous avez plus de 45 ans, si vous utilisez ce traitement depuis plus de 5 ans, ou si vous avez pris auparavant d'autres progestatifs à risque (Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera) (ANSM, 2026).
  • Soyez attentive à l'apparition de symptômes nouveaux, inhabituels et prolongés tel que : maux de tête, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre ou du langage, pertes de mémoire ou épilepsie (ANSM, 2026).

Une IRM cérébrale n'est pas recommandée de façon systématique compte tenu du niveau très faible du risque ; elle reste à l'appréciation du professionnel de santé, notamment en cas de symptômes ou d'antécédents de traitement par un progestatif à risque plus élevé.

 

C'est l'occasion d'évoquer ce courrier ANSM avec un médecin, 7 jours sur 7 de 6h à 23h. Besoin d'échanger avec un médecin sur votre contraception ? 

 

Ce qu'il faut retenir

  • Le surrisque de méningiome lié au désogestrel existe mais il ne justifie pas d'arrêter sa contraception de soi-même.

     

  • Il augmente avec la durée d'utilisation et l'âge, mais on peut observer un risque égal à la population générale un an après l'arrêt.

     

  • Le bon réflexe est d'en parler avec un professionnel de santé lors de votre prochaine consultation, pas de paniquer ni de retarder une consultation utile.

     

  • Ces symptômes sont fréquents et rarement liés à un méningiome ; seule leur apparition nouvelle ou leur persistance inhabituelle justifie une consultation en dehors du suivi habituel.

 

Questions fréquentes

 

Ai-je reçu ce courrier parce que je risque un méningiome ?

Non. Recevoir ce courrier signifie seulement que vous avez eu une prescription remboursée de désogestrel 75 µg dans les 12 derniers mois ; cela ne signifie ni que vous avez un méningiome, ni que vous présentez un risque élevé.

Dois-je arrêter ma contraception après ce courrier?

Non, l'ANSM recommande explicitement de ne pas interrompre sa contraception sans avis médical, un arrêt brutal exposant à un risque de grossesse non désirée.

Dois-je faire une IRM cérébrale par précaution ?

Pas systématiquement. Une IRM n'est recommandée qu'en cas de symptômes évocateurs ou de situation à risque plus élevé identifiée par votre médecin.

Quels contraceptifs sont concernés par cette alerte?

Le courrier nominatif cible les pilules au désogestrel 75 µg seul (ex : Cerazette®, Antigone®, Elfasette®, Optimizette® ainsi que leurs génériques...). Les autres formes de désogestrel et d'étonogestrel (pilules combinées, implant Nexplanon, anneau vaginal) sont également mentionnées dans les nouvelles notices, sans faire l'objet du même courrier nominatif (ANSM, 2026).

 

 

Sources :