1 cancer sur 8 lié à une infection : ce que révèle l’étude du CIRC
Contenu validé par Stéphanie Le Guillou
L'essentiel en 30 secondes
- 2,3 millions de nouveaux cancers diagnostiqués dans le monde en 2024 sont attribuables à une infection, environ 1 sur 8 (CIRC/OMS, The Lancet Oncology).
- 5 agents infectieux concentrent la quasi-totalité de ces cancers : Helicobacter pylori (~760 000 cas), papillomavirus/HPV (~750 000), hépatite B (~360 000), virus d'Epstein-Barr (~260 000) et hépatite C (~160 000) (CIRC, 2026).
- Plus de 3 cas sur 4 surviennent dans les pays à revenus faibles et intermédiaires ; l'Europe de l'Ouest fait partie des régions les moins touchées (CIRC).
- En France, la part est plus faible : 4,1 % des nouveaux cancers (14 336 cas) étaient liés à une infection en 2015, dont 6 333 dus au HPV (CIRC, European Journal of Epidemiology).
- Une grande partie de ces cancers est évitable : vaccins contre le HPV et l'hépatite B, dépistage et traitement de H. pylori et des hépatites virales (sources : CIRC ; HAS).
Environ un cancer sur huit dans le monde est causé par une infection, selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence spécialisée de l'OMS, publiée le 28 septembre 2026. Ces cancers sont en grande partie évitables grâce à la vaccination, au dépistage et au traitement des infections en cause.
En France, leur part est nettement plus faible qu'au niveau mondial, mais la prévention reste incomplète, notamment pour le HPV.
Que dit la nouvelle étude du CIRC sur les cancers liés aux infections ?
Le CIRC estime que 2,3 millions de nouveaux cas de cancer en 2024, soit 12 % de l'ensemble des cancers diagnostiqués dans le monde, sont attribuables à 12 agents infectieux (virus, bactéries ou parasites).
L'étude, intitulée Global burden of cancer attributable to infections in 2024, est publiée dans la revue The Lancet Oncology. Elle intègre 16 nouveaux liens entre infections et cancers par rapport aux estimations précédentes, par exemple certains cancers associés au VIH ou au polyomavirus de Merkel.
Pour Harriet Rumgay, chercheuse au CIRC et autrice de l'étude, les cancers liés aux infections restent un défi mondial majeur malgré les progrès de la vaccination et du dépistage.
Quelles infections peuvent provoquer un cancer ?
Cinq infections sont responsables de la quasi-totalité des cancers d'origine infectieuse dans le monde (CIRC, 2026) :
| Infection | Nouveaux cas de cancer en 2024 |
Cancers principalement concernés |
| Helicobacter pylori (bactérie de l'estomac) | ~760 000 | Cancer de l'estomac |
| Papillomavirus humains (HPV) | ~750 000 | Col de l'utérus, anus, vulve, vagin, pénis, sphère ORL |
| Virus de l'hépatite B | ~360 000 | Cancer du foie |
| Virus d'Epstein-Barr (EBV) | ~260 000 | Nasopharynx, estomac, lymphome de Hodgkin |
| Virus de l'hépatite C | ~160 000 | Cancer du foie |
Une infection n'entraîne pas automatiquement un cancer. Il s'agit le plus souvent d'une infection persistante, qui dure des années, et le cancer peut apparaître des décennies plus tard.
Selon la HAS, environ une personne infectée par H. pylori sur 100 développera un cancer de l'estomac après plusieurs décennies.
Les cancers liés aux infections sont-ils fréquents en France ?

En France, environ 4 % des nouveaux cancers sont liés à une infection, soit nettement moins que la moyenne mondiale de 12 %. Une estimation du CIRC portant sur l'année 2015 attribuait 14 336 cas à un agent infectieux, principalement au HPV (6 333 cas) et à H. pylori (4 406 cas), devant les hépatites B et C et le VIH (European Journal of Epidemiology, 2018).
Le HPV reste l'infection la plus en cause. D'après la HAS (2025), les papillomavirus sont responsables chaque année en France d'environ 6 400 nouveaux cancers, dont plus de 3 000 cancers du col de l'utérus, et d'environ 35 000 lésions précancéreuses.
La nouvelle étude du CIRC confirme cet écart géographique : l'Asie de l'Est concentre 42 % des cancers liés aux infections, tandis que l'Europe de l'Ouest, du Nord et du Sud figure parmi les régions les moins touchées.
Comment réduire le risque de cancer lié à une infection ?
Plusieurs outils de prévention efficaces existent déjà et sont recommandés en France par les autorités de santé.
La vaccination contre le HPV
Le vaccin contre les papillomavirus est recommandé pour toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans. Depuis mai 2025, la HAS recommande un rattrapage jusqu'à 26 ans révolus, pour les femmes comme pour les hommes non vaccinés.
La couverture progresse mais reste en dessous de l'objectif national de 80 % fixé pour 2030 : en 2025, 61,6 % des filles et 46 % des garçons de 15 ans avaient reçu au moins une dose (Santé publique France, avril 2026).
Le dépistage du cancer du col de l'utérus reste nécessaire, même après vaccination, pour les femmes de 25 à 65 ans.
La vaccination contre l'hépatite B
La vaccination contre l'hépatite B est obligatoire pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Plus de 95 % des enfants de 24 mois sont vaccinés (Santé publique France). Un rattrapage est recommandé chez tous les enfants et adolescents non vaccinés jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. Au-delà, la vaccination est recommandée aux personnes exposées à un risque accru d’infection par le virus de l’hépatite B.
Une question sur la vaccination HPV, l'hépatite B ou un dépistage ? Parlez à un médecin en téléconsultation avec MEDADOM, de 6h à 23h, 7j/7. Consultation remboursable par l'Assurance Maladie.
Le dépistage et le traitement de Helicobacter pylori
H. pylori est une bactérie qui infecte l'estomac de 15 à 30 % de la population française, selon la HAS, souvent sans symptôme. Un traitement antibiotique permet de l'éliminer.
La HAS recommande notamment de rechercher cette infection en cas d'ulcère, de dyspepsie chronique (douleurs ou inconfort digestif dans la partie haute de l’abdomen) avec gastroscopie normale, d’anémie par manque de fer sans cause retrouvée ou résistante au fer oral, ou lorsqu’un parent, un frère, une sœur ou un enfant a eu un cancer de l’estomac. Un contrôle après traitement est systématique pour vérifier que la bactérie a bien disparu.
Le dépistage des hépatites B et C
Les hépatites B et C peuvent évoluer pendant des années sans symptôme avant d'abîmer le foie. Un simple test sanguin permet de les détecter, et l'hépatite C se guérit aujourd'hui dans la grande majorité des cas grâce aux traitements antiviraux. Depuis septembre 2024, le dispositif « Mon test IST » permet notamment de demander en laboratoire, sans ordonnance ni rendez-vous, un dépistage de l’hépatite B, mais pas de l’hépatite C.
Pour les moins de 26 ans, les dépistages inclus dans le dispositif sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais ; les participations forfaitaires et franchises médicales restent applicables aux personnes majeures, sauf exonération.
Ce qu'il faut retenir
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Selon le CIRC (OMS), 1 cancer sur 8 dans le monde est lié à une infection, soit 2,3 millions de cas en 2024.
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H. pylori, le HPV et les hépatites B et C sont les principales infections en cause, et toutes peuvent être prévenues ou traitées.
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En France, la part est d'environ 4 %, mais le HPV provoque encore près de 6 400 cancers par an.
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La vaccination HPV (11-14 ans, rattrapage jusqu'à 26 ans) et la vaccination hépatite B sont les principaux leviers de prévention.
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En cas de doute ou d'antécédent familial, un médecin peut vous orienter vers le dépistage adapté.
Questions fréquentes
Quelles infections peuvent donner un cancer ?
Les principales sont la bactérie Helicobacter pylori (cancer de l'estomac), les papillomavirus HPV (col de l'utérus, anus, gorge), les virus des hépatites B et C (foie) et le virus d'Epstein-Barr (CIRC, 2026).
Est-ce que le cancer est contagieux ?
Non. Le cancer lui-même ne se transmet pas. Ce sont certaines infections, transmissibles, qui augmentent le risque de développer un cancer des années plus tard.
Le vaccin HPV protège-t-il du cancer ?
Oui, il protège contre les papillomavirus responsables de la majorité des cancers du col de l'utérus et d'autres cancers liés au HPV. Il est recommandé de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu'à 26 ans révolus (HAS, 2025).
Faut-il se faire dépister pour Helicobacter pylori ?
Pas systématiquement. La HAS recommande la recherche de H. pylori en cas d’ulcère, de dyspepsie chronique avec gastroscopie normale, d’anémie par manque de fer sans cause retrouvée ou résistante au fer oral, ou lorsqu’un parent, un frère, une sœur ou un enfant a eu un cancer de l’estomac.
Quelle est la part des cancers liés aux infections en France ?
Environ 4 % des nouveaux cancers, soit plus de 14 000 cas, selon une estimation du CIRC portant sur l'année 2015.
Sources
- CIRC/OMS - Global burden of cancer attributable to infections in 2024: One in eight cancers worldwide linked to infections. Communiqué de presse n° 387, 28 septembre 2026
- Rumgay H, Georges D, Huang Y, Hirabayashi M, Shah R, de Martel C, et al., 2026. Global burden of cancer attributable to infections in 2024: a worldwide incidence analysis. The Lancet Oncology, 27(10), 1237-1248. DOI : 10.1016/S1470-2045(26)00307-4
- Shield KD, Marant Micallef C, de Martel C, Heard I, Mégraud F, Plummer M, et al., 2018. New cancer cases in France in 2015 attributable to infectious agents: a systematic review and meta-analysis. European Journal of Epidemiology, 33(3), 263-274
- Institut national du cancer - Informer les parents sur les bénéfices de la vaccination contre les HPV : le rôle prépondérant des professionnels de santé, 3 septembre 2026
- Haute Autorité de santé - Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus, 13 mai 202
- Santé publique France - Vaccination des enfants, adolescents et jeunes adultes en France. Bilan de la couverture vaccinale en 2025, 27 avril 2026
- Institut national du cancer - Le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, mise à jour du 19 janvier 2026
- Santé publique France - La maladie - Hépatites B et D
- Haute Autorité de santé - Helicobacter pylori - Traiter pour prévenir ulcère & cancer chez l’adulte, mise à jour du 20 mars 2019
- Assurance Maladie - Dépister les IST, 4 juin 2026
- Santé publique France, mise à jour du 7 octobre 2025. Hépatite C - La maladie
- Euronews - One in eight cancer cases worldwide is linked to preventable infections, 29 septembre 2026