Obésité infantile : les lignes directrices de l'OMS

L'essentiel en 30 secondes

  • Le 7 octobre 2026, l'OMS a publié ses premières lignes directrices mondiales sur la prise en charge de l'obésité chez l'enfant et l'adolescent (OMS, 2026).

  • Avant l’âge de 10 ans : ni médicament, ni chirurgie bariatrique, ni dispositif de perte de poids ne sont recommandés dans la prise en charge habituelle. La priorité est l'accompagnement nutritionnel, l'activité physique et les interventions comportementales (OMS, 2026).

  • De 10 à 19 ans : un médicament autorisé peut être envisagé, uniquement si un programme encadré associant plusieurs interventions n'a pas donné de résultats suffisants. 

  • En 2024, 170 millions d'enfants et d'adolescents de 5 à 19 ans (soit 8 % de cette tranche d'âge) vivaient avec une obésité dans le monde, contre 2 % en 1990 (OMS, 2026).

  • En France, en 2015, 17 % des 6-17 ans étaient en surpoids, dont 4 % en situation d'obésité (Santé publique France, étude Esteban, données 2015).

A l’heure actuelle, l’OMS place l’alimentation, l’activité physique, la qualité du sommeil et l’accompagnement comportemental au cœur de ses nouvelles recommandations sur l'obésité infantile. Les médicaments, parmi lesquels les analogues du GLP-1, représentent une option très encadrée, exclue avant l’âge de 10 ans et réservée aux adolescents en dernier recours.

L'objectif affiché ? Aider l’enfant à perdre du poids tout en améliorant sa santé, son bien-être et sa qualité de vie sur le long terme.

 

Que recommande l'OMS contre l'obésité infantile ?

 

L'OMS recommande en priorité des interventions diététiques structurées, la pratique d’une activité physique et des changements de comportement, pour tous les enfants et adolescents de 5 à 19 ans présentant une obésité. Ces interventions peuvent être proposées de manière isolée ou dans le cadre d’un programme dit « multimodal », combinant plusieurs approches (nutrition, sport, sommeil, soutien psychologique, implication de la famille).


Le 7 octobre 2026, l'OMS a publié deux documents distincts :

  • un guide consacré aux enfants de 29 jours à moins de 10 ans ;
  • un guide destiné aux adolescents de 10 à 19 ans.

Obésité infantile et OMS

Ces documents abordent les sujets de l'alimentation, de l'activité physique, du temps passé assis ou devant les écrans, du sommeil, de l'accompagnement comportemental, des outils numériques et des solutions médicamenteuses et chirurgicales.

 

Comment adapter la prise en charge de l'obésité chez l'enfant ?

En pratique et selon l'OMS, la prise en charge de l’obésité doit être :

  • adaptée à l’âge de l’enfant, à ses besoins et à sa situation familiale 

  • suivie dans la durée, avec une continuité des soins ;

  • tournée vers la santé globale de l’enfant (bien-être, qualité de vie) plutôt que vers le seul chiffre de la balance.

Notons que les outils de santé numérique tels que les applications ou les programmes en ligne font aussi partie des recommandations de l’OMS sous condition et sous la supervision d'un parent ou d'un aidant.

Soulignons enfin que le Dr Luz María De Regil, directrice du département Nutrition et sécurité sanitaire des aliments de l'OMS, rappelle que la prise en charge de l'obésité chez l'enfant et l'adolescent ne repose pas en première intention sur les médicaments ou la chirurgie.

 

Médicaments contre l'obésité : à partir de quel âge selon l'OMS ?

 

L'OMS ne recommande aucun médicament contre l'obésité avant l'âge de 10 ans. Cette exclusion vaut aussi pour la chirurgie bariatrique (chirurgie de l'estomac ou du tube digestif visant à réduire l'apport alimentaire) et pour les dispositifs médicaux de perte de poids.

 

Obésité chez l'adolescent : quand envisager un médicament ?

Entre 10 et 19 ans, un traitement médicamenteux autorisé peut être envisagé en fonction de l’âge, du poids et de la situation médicale de l’enfant, mais seulement en dernier recours, si la mise en place d’un programme d'accompagnement de son mode de vie, supervisé par des professionnels de santé, n'a pas conduit aux résultats attendus. 


Pour l'OMS, il s’agit avant tout d’éviter que les médicaments deviennent une réponse de première intention chez les jeunes. Cette prudence s'inscrit dans la continuité de ses recommandations pour le traitement de l’obésité adulte : en décembre 2025, l'OMS avait en effet autorisé de façon conditionnelle l'usage des analogues du GLP-1 (liraglutide, sémaglutide, tirzépatide) chez l'adulte, en rappelant qu'ils ne remplacent pas les autres mesures thérapeutiques.

 

Que dit l’agence européenne du médicament pour les adolescents ?

En Europe, le sémaglutide injectable (Wegovy) est autorisé à partir de 12 ans chez les adolescents en situation d'obésité pesant plus de 60 kg, en complément d'une alimentation adaptée et d'une activité physique (Agence européenne du médicament, EMA).

Pour éviter un traitement inutile à long terme, la prise de Wegovy doit être arrêtée si l'adolescent ne perd pas au moins 5 % de son poids après 12 semaines à la dose maximale ou à la dose maximale qu’il peut tolérer. Dans tous les cas, la décision de prescrire appartient toujours au médecin qui évalue la situation clinique de chaque patient, les bénéfices attendus et les risques potentiels.

 

La chirurgie bariatrique est-elle possible chez l'adolescent ?

 

Oui, mais dans des conditions très strictes. Selon l'OMS, la chirurgie bariatrique peut être envisagée chez l'adolescent en cas d'obésité sévère avec complications (comme un diabète de type 2 ou une hypertension artérielle), lorsque son développement physique et psychologique est achevé et que les autres approches (activité physique, changement de mode de vie et de régime alimentaire) ont échoué après six mois de prise en charge (OMS, relayée par l'AFP/Vidal, octobre 2026).

La chirurgie bariatrique reste exclue avant l’âge de 10 ans.

 

Pourquoi l'OMS publie-t-elle ces recommandations maintenant ?

 

Parce que l'obésité infantile a quadruplé en un peu plus de trente ans. En 2024, selon l'OMS :

  • 170 millions de jeunes de 5 à 19 ans vivaient avec une obésité : 70 millions d'enfants de 5 à 9 ans et 100 millions d'adolescents de 10 à 19 ans ;

     

  • 400 millions de jeunes de 5 à 19 ans étaient en surpoids (obésité incluse), soit 20 % de cette tranche d'âge, contre 8 % en 1990 ;

     

  • 35 millions d'enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids.

Au-delà de ses conséquences sur la santé physique, l’obésité peut avoir un impact psychologique et social important dans la vie de l’enfant(moqueries, stigmatisation, harcèlement, moins bonne qualité de vie et résultats scolaires plus faibles). Sans prise en charge adaptée, l'obésité peut persister à l'âge adulte et accroître le risque de développer un diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires.

 

Santé mentale : une prise en charge qui doit être simultanée

L'OMS insiste par ailleurs sur l’importance de de prendre en charge de manière précoce et simultanée la santé mentale de l'enfant en situation d’obésité. L'anxiété, la dépression ou une faible estime de soi peuvent en effet favoriser des comportements alimentaires à risque, un manque d’activité physique et un isolement social. Quant aux moqueries et à la stigmatisation liées au poids, elles représentent des facteurs aggravant ce mal-être.

 

Et en France, où en est l'obésité infantile ?

 

En France, selon l'étude Esteban de Santé publique France, 17 % des enfants de 6 à 17 ans étaient en surpoids en 2015, dont 4 % en situation d'obésité. Ces chiffres étaient stables par rapport à 2006.

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande déjà une prise en charge globale, personnalisée et pluridisciplinaire de l'enfant en surpoids ou en situation d'obésité, coordonnée par le médecin traitant. Le suivi régulier de la courbe de corpulence dans le carnet de santé permet d’ailleurs de repérer de façon précoce une éventuelle prise de poids trop rapide.

 

Ce qu'il faut retenir

 

  • L'OMS a publié le 7 octobre 2026 ses premières lignes directrices mondiales sur l'obésité de l'enfant et de l'adolescent.

  • Dans cette prise en charge, la priorité est donnée à une approche personnalisée et globale, associant la famille, à travers l'accompagnement nutritionnel, la mise en place d’une activité physique adaptée, de bonnes habitudes de sommeil et des interventions comportementales..

  • L’OMS déconseille les traitements médicamenteux et la chirurgie avant l’âge de 10 ans (sauf indications médicamenteuses particulières) ; chez l'adolescent, les médicaments et la chirurgie restent des options envisageables mais uniquement en dernier recours et sous conditions strictes.

  • L'objectif n’est pas seulement la perte de poids mais également la santé et le bien-être de l'enfant.

  • L'OMS rappelle que la prévention de l’obésité infantile implique aussi un environnement favorable (alimentation saine, activité physique accessible). 

 

Questions fréquentes

 

Quelles sont les nouvelles recommandations de l'OMS sur l'obésité infantile ?

Publiées le 7 octobre 2026, elles privilégient l'accompagnement nutritionnel, l'activité physique et les interventions comportementales en première intention. Les médicaments et la chirurgie ne sont envisagés qu’en dernier recours, en fonction de l’âge de l’enfant et de la gravité de l’obésité (OMS, 2026).

Un enfant peut-il prendre un médicament GLP-1 pour maigrir ?

Pas avant 10 ans, selon l'OMS. Entre 10 et 19 ans, un traitement médicamenteux autorisé peut être envisagé en cas de complications associées et en fonction de l’âge, du poids et de la situation médicale de l’enfant. Cette option est possible seulement en dernier recours si la mise en place d’un programme d'accompagnement de son mode de vie, supervisé par des professionnels de santé, n'a pas conduit aux résultats attendus.

En Europe, le sémaglutide injectable (Wegovy) est autorisé à partir de 12 ans chez les adolescents en situation d'obésité pesant plus de 60 kg, en complément d'une alimentation adaptée et d'une activité physique (EMA). Seul un médecin peut déterminer si un tel traitement est indiqué.

Combien d'enfants sont en situation d'obésité dans le monde ?

En 2024, 170 millions de jeunes de 5 à 19 ans vivaient avec une obésité, soit 8 % de cette tranche d'âge, contre 2 % en 1990 (OMS).

Combien d'enfants sont en surpoids en France ?

Selon les données de l’étude Esteban, environ 17 % des 6-17 ans étaient en surpoids en 2015, dont 4 % en situation d'obésité (Santé publique France).

Comment savoir si mon enfant est en surpoids ?

La seule valeur du poids n’est pas suffisante. Le médecin calcule l'indice de masse corporelle (IMC) de l’enfant et le reporte sur la courbe de corpulence du carnet de santé. Il interprète ensuite cette valeur en tenant compte de l'âge et du sexe de l’enfant et de son évolution au cours du temps. En cas de doute, parlez-en à votre médecin traitant ou à votre pédiatre.

Pour obtenir un premier repère, il est possible de réaliser le Check-up Santé MEDADOM en seulement quelques minutes sur une borne dédiée dans les pharmacies équipées. Après avoir renseigné la taille et le poids de l’enfant (dès 3 ans) accompagné d’un parent, il permet de mesurer sa corpulence (ou IMC pour indice de masse corporelle). Le résultat ne constitue pas un diagnostic et doit être reporté par un médecin ou un pédiatre sur la courbe de corpulence.

 

 

Sources