La grossesse est une période délicate durant laquelle la femme enceinte se voit déconseiller voire contre-indiquer l’usage de nombreux médicaments. Mais face aux douleurs qui peuvent être ressenties pendant les différents trimestres, en lien ou non avec la grossesse, il est parfois nécessaire de proposer une prise en charge médicamenteuse, adaptée pour le bien-être et la santé de la mère et de l’enfant.
Dès lors, il semble légitime de se demander si l’usage du paracétamol durant la grossesse est sans risque pour le neurodéveloppement de l’enfant à naître. Des chercheurs suédois se sont penchés sur la question.
À la fois courte et intense, la grossesse est une période délicate au cours de laquelle la femme enceinte peut ressentir des douleurs plus ou moins fortes en lien ou non avec son état.
Parmi les douleurs spécifiques à la grossesse, citons les douleurs ligamentaires, les crampes musculaires, les maux de dos ou encore les douleurs liées aux contractions utérines en vue de l’accouchement. Mais d’autres types de douleurs sans lien avec la grossesse peuvent également se déclarer comme des douleurs liées à une infection, une pathologie préexistante, une migraine ou une blessure.
Dans tous les cas, ces douleurs ne doivent pas être prises à la légère surtout si elles durent plusieurs jours. Il conviendra donc de consulter un médecin pour en identifier la cause et les soulager.
Parmi les antalgiques disponibles sur le marché, le paracétamol reste le plus utilisé pour soulager les douleurs légères à modérées chez l’adulte et l’enfant. Selon l’ANSM, son utilisation est en effet possible tout au long de la grossesse si nécessaire.
Cependant, son usage devra être médicalement justifié : à la dose efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte possible et à la fréquence la plus réduite possible. Il faudra bien évidemment respecter la posologie maximale autorisée car le paracétamol est associé à des effets indésirables graves en cas de surdosage (toxicité hépatique).
Le paracétamol est un antalgique de palier 1 et un antipyrétique (contre la fièvre).
De nombreuses études portant sur les effets du paracétamol au cours de la grossesse ont été publiées et ont démontré qu’il n’entraîne pas de risque de malformation ou de toxicité fœtale ou néonatale.
Mais s’agissant des risques sur le neurodéveloppement de l’enfant à naître, les résultats sont discordants. Plusieurs études ont en effet suggéré que l'utilisation de paracétamol pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de troubles du développement neurologique chez l’enfant.
Dans ce contexte, une équipe de chercheurs suédois a entrepris de faire la lumière sur le sujet. Pour cela, les scientifiques ont étudié les effets de la prise de paracétamol durant la grossesse sur un registre de près de 2,5 millions d’enfants nés entre 1995 et 2019. Parmi ce panel, environ 186 000 enfants ont été identifiés comme ayant été exposés au paracétamol in utero.
Les chercheurs ont alors pu constater que l’usage de paracétamol durant la grossesse était associé à un léger surrisque :
Néanmoins, en comparant les enfants exposés au paracétamol in utero avec leurs frères et sœurs qui n'y ont pas été exposés, les scientifiques ont constaté que ces différences disparaissaient. Ce qui laisse penser que le lien entre paracétamol et risque de neurodéveloppement observé dans les études antérieures pourrait être attribué à des facteurs de confusion familiaux.
Publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), ces résultats s’avèrent donc rassurants d’autant plus qu’aucune association dose-réponse n’a été observée dans le cadre de cette étude. En clair, les niveaux de consommation de paracétamol de la future mère (consommation faible, modérée ou importante) n’ont pas impacté sur les cas de troubles neurodéveloppementaux enregistrés.
Selon cette étude, il semblerait donc que l’exposition au paracétamol durant la grossesse, même à doses jugées élevées, n’augmente pas le risque d’autisme, de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité ou de déficit intellectuel chez l’enfant à naître. Le paracétamol reste cependant à utiliser avec prudence, à bon escient et uniquement après avis médical !
Sources :