Santé décomplexée

Perte de libido : comment l'expliquer ?

Rédigé par L'équipe de rédaction MEDADOM | 21/01/25 15:00

La libido, sujet souvent tabou, est pourtant au cœur des préoccupations de nombreux Français. Selon une étude récente réalisée par l'Ifop, l'Hexagone connaît une véritable "récession sexuelle". Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seuls 76 % des Français ont déclaré avoir eu un rapport sexuel au cours des 12 derniers mois. 

D'où vient cette perte de libido, comment l'expliquer et quelles sont les solutions pour y remédier ? MEDADOM vous informe. 

 

Qu'est-ce que la libido ?

 

La libido, ou désir sexuel, représente l'élan qui pousse une personne à vouloir s'engager dans une activité sexuelle. C’est un concept intime et complexe qui varie d’une personne à l’autre et évolue au fil du temps

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’existe pas de seuil universel ou « normal » pour mesurer ce désir. 

 

On distingue plusieurs formes de diminution du désir sexuel, chacune nécessitant une attention particulière :

Primaire Présente depuis toujours, sans souvenir de périodes marquées par un désir plus élevé
Secondaire Apparaît après une période où la libido ne posait pas de difficulté particulière
Généralisée Lorsque le manque de désir s’étend à tous les aspects de la vie sexuelle, qu’on soit seul(e) ou avec un(e) partenaire
Situationnel Quand le désir est présent dans certains contextes (par exemple, pour la masturbation), mais absent envers le ou la partenaire.

 

On distingue également deux sortes de désir sexuel :

Le désir spontané Surgit naturellement sans stimulation particulière et donne envie d’initier un acte sexuel.
Le désir réactionnel Apparaît en réponse à une situation, une stimulation ou le désir exprimé par l’autre.

 

 

Pourquoi pouvons-nous avoir une baisse de libido ?

 

Pour comprendre un éventuel manque de libido, il est essentiel de se poser les bonnes questions. Est-ce un ressenti lié à une norme sociale intériorisée ou à des attentes perçues  ? 

Est-ce en comparaison avec une autre période de vie, avec son ou sa partenaire actuel(le), ou même avec un(e) partenaire passé(e) ? 

Plusieurs causes peuvent expliquer une baisse de libido, temporaire ou chronique : 

 

Des causes psychologiques

Le désir sexuel est étroitement lié à notre état mental.

Le stress, par exemple, agit comme un frein : les pressions du quotidien monopolisent l’énergie et laissent peu de place à la sensualité. La fatigue, qu’elle soit physique ou émotionnelle, épuise également le corps et l’esprit et rend les moments intimes plus difficiles à envisager.

L’anxiété et la dépression amplifient souvent cette fatigue mentale. L’une alimente des peurs (performance, pression), l’autre éteint la libido en profondeur en agissant sur l’humeur et la perception de soi.

 

Enfin, des problèmes de couple (comme une communication rompue ou des rancunes non exprimées), fragilisent aussi le lien émotionnel et freinent naturellement le désir.

 

Des facteurs physiologiques

La diminution du désir sexuel trouve parfois son origine dans des déséquilibres internes.

Les dérèglements hormonaux en sont un exemple fréquent. Les hormones, comme la testostérone, les œstrogènes ou la progestérone, interviennent dans l’apparition du désir. 

 

Une baisse de leur production, liée à l’âge, à une maladie ou à certains traitements, influence donc directement la libido.

 

Un autre facteur à prendre en compte est l’état de la thyroïde. Qu’elle soit trop active (hyperthyroïdie) ou trop peu stimulée (hypothyroïdie), la thyroïde impacte le métabolisme et provoque de la fatigue et un déséquilibre émotionnel. Des conditions qui freinent souvent l’élan sexuel !

 

Certaines pathologies chroniques comme le diabète ou les affections cardiovasculaires entravent également le fonctionnement optimal du corps. 

 

Certains traitements médicamenteux

Certains médicaments peuvent réduire la libido comme effet secondaire. Les antidépresseurs (ISRS), les corticostéroïdes, les traitements pour la tension artérielle ou les antipsychotiques sont généralement en cause.

Les contraceptifs hormonaux, notamment la pilule, sont aussi pointés du doigt.

Certaines femmes signalent une baisse de libido, liée à une diminution de la testostérone, hormone essentielle du désir. Les pilules faibles en œstrogènes peuvent aussi provoquer une sécheresse vaginale, rendant les rapports inconfortables.

 

En cas d’impact sur la vie intime, consulter un professionnel permet d’adapter le traitement ou d’envisager une alternative.

 

L’exposition aux phtalates

Les phtalates, présents dans de nombreux produits du quotidien comme les plastiques souples, les cosmétiques ou les emballages alimentaires peuvent aussi influencer la libido selon des chercheurs de l’institut de biologie Paris-Seine.

Leur impact s’explique par leur capacité à perturber le système hormonal. 

 

Le DEHP, un type de phtalate, réduit le nombre de récepteurs d’androgènes dans l’organisme. Ces récepteurs sont essentiels, car ils s’activent en réponse à la testostérone, qui intervient dans la régulation du désir sexuel.

Avec moins de récepteurs disponibles, le corps répond moins efficacement à la testostérone, ce qui peut entraîner une diminution de la libido.

 

La consommation d’alcool, de drogues et de tabac

L’alcool, les drogues et le tabac perturbent directement la libido en agissant sur le corps et l’esprit.

À faible dose, l’alcool détend, mais en excès, il altère la réactivité, réduit la circulation sanguine et diminue les performances sexuelles. Une consommation régulière déséquilibre les hormones, notamment en abaissant la testostérone.

 

Les drogues perturbent aussi les circuits neurologiques du désir. Les stimulants comme la cocaïne ou les amphétamines épuisent le système nerveux, les relaxants comme le cannabis réduisent la motivation sexuelle.

Enfin, le tabac affecte la circulation sanguine et limite l’afflux vers les organes sexuels, ce qui impacte la libido et les performances. 

 

Des pensées parasites

Les pensées parasites freinent le plaisir et la spontanéité lors des rapports sexuels. Elles créent des attentes irréalistes et des jugements qui alourdissent l’expérience intime et engendrent une perte de libido.

Elles peuvent être de plusieurs types : 

  • Les anticipations négatives liées à l’atteinte de l’orgasme ou à une perte de l’érection.
  • Les attentes irréalistes, qui viennent souvent de stéréotypes .
  • L’anxiété de performance, qui pousse à sur contrôler.
  • Les croyances erronées au sujet de la pénétration, de la libido ou de pratiques sexuelles.

 

Identifier et déconstruire ces pensées libère l’esprit et permet de se recentrer sur le plaisir et le partage !

 

L’arrivée d’un enfant

L’arrivée d’un enfant bouleverse la dynamique du couple et affecte souvent la libido. Entre nuits courtes, responsabilités accrues et nouvelles priorités, fatigue et stress prennent le dessus et laissent peu de place à l’intimité.

Chez la mère, les changements hormonaux après l’accouchement influencent le désir. La baisse des œstrogènes peut provoquer une sécheresse vaginale et l’allaitement stimule la prolactine, qui réduit le désir.

 

Chez le père ou le partenaire, la pression des nouvelles responsabilités ou la peur d’envahir l’espace de la mère freinent aussi l’élan intime.

 

Quelle que soit la cause de la perte de libido, une consultation médicale s’impose. Identifier la source du problème permet de rétablir un équilibre global et, avec lui, de restaurer une libido et une vie de couple plus harmonieuse.

 

Quels sont les traitements médicamenteux?

 

Les traitements médicamenteux destinés à relancer la libido dépendent avant tout de la cause du problème. Il n’existe pas de solution universelle.

 

Des médicaments testés, mais peu concluants

Plusieurs produits, comme le patch de testostérone, la flibansérine ou le bremelanotide, ont été mis sur le marché pour stimuler le désir sexuel, notamment chez les femmes.

Cependant, leurs résultats restent mitigés, avec des effets souvent faibles et de nombreuses contraintes d’utilisation. 

Ces traitements nécessitent généralement une prise régulière ou des conditions précises, ce qui complique leur adoption à long terme.

 

Les médicaments pour troubles de l’érection

Pour les hommes, des médicaments comme l’avanafil (Spedra), le sildénafil (Viagra et ses génériques), le tadalafil (Cialis et ses génériques) ou le vardénafil (Levitra et ses génériques) sont disponibles.

Ces produits améliorent la réponse physique en facilitant l’érection, mais ils n’agissent que lorsqu’une excitation sexuelle est présente. 

 

Ils ne traitent donc pas un manque de désir ou d’envie, leur rôle se limitant à un soutien mécanique.

 

Aliments aphrodisiaques : mythe ou réalité ? 

Les aliments aphrodisiaques, comme le gingembre, le cacao, le safran ou les huîtres, sont souvent associés à une stimulation de la libido. Cependant, les preuves scientifiques confirmant ces effets restent limitées.

Certaines plantes, comme le ginseng ou la maca, ont montré des effets positifs sur le désir sexuel dans des études préliminaires. Toutefois, ces résultats ne sont pas suffisamment robustes pour établir une certitude. 

 

Quels sont les traitements naturels ?

 

Les traitements naturels contre la perte de libido ciblent des facteurs sous-jacents comme le stress, la fatigue ou les déséquilibres hormonaux : 

 

Plantes adaptogènes et stimulantes

Certaines plantes sont reconnues pour stimuler le désir et réduire le stress :

  • Le ginseng, pour ses effets tonifiants.
  • La maca, pour l’équilibre hormonal et la vitalité.
  • Le tribulus terrestris, pour soutenir les fonctions hormonales.

 

Disponibles en gélules, infusions ou poudres, ces plantes nécessitent un avis médical, surtout en cas de traitements ou maladies existantes.

Il est déconseillé de les combiner sans consultation préalable.

 

Traitements naturels pour les femmes

Plusieurs remèdes naturels contre la perte de libido sont actuellement en cours de test.

Par exemple, le gel Zestra à base d’extraits de bourrache et d’onagre améliore localement la circulation sanguine et la sensibilité.

Appliqué durant les préliminaires, il agit en 3 à 5 minutes et amplifie le plaisir, sans hormones.

 

Compléments et vitamines

Pour contrer la fatigue, des compléments riches en vitamine C boostent l’énergie. Une alimentation équilibrée, riche en zinc et magnésium, aide aussi à maintenir la libido.

Ces solutions naturelles doivent être intégrées dans une approche globale, avec une hygiène de vie adaptée et, si besoin, un accompagnement psychologique.

 

 

Sources :