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Nouveau traitement prometteur pour le SOPK : médicament antipaludique

29/01/25 17:00

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une maladie hormonale fréquente chez les femmes en âge de procréer. Cette affection complexe est caractérisée par des déséquilibres hormonaux, des règles irrégulières, une hyperandrogénie et souvent des kystes ovariens.

Malgré les avancées médicales, le traitement du SOPK reste essentiellement symptomatique, avec un impact significatif sur la qualité de vie des patientes. Récemment, des recherches ont mis en lumière le potentiel d'un médicament antipaludique, l'artémisinine, pour apporter un nouvel espoir dans la gestion du SOPK.

 

Comprendre le syndrome des ovaires polykystiques 

 

Quels sont les symptômes de la maladie ? 

Le SOPK affecte entre 8 à 13 % des femmes en âge de procréer. Les symptômes varient mais incluent généralement des cycles menstruels irréguliers, une hyperandrogénie (excès d'hormones mâles comme la testostérone), une pilosité excessive, et des difficultés à concevoir. Les kystes ovariens sont également fréquents chez les patientes atteintes de SOPK. 

Femme ayant le syndrome ovaires polykystiques tenant un test de grossesse négatif

Quelles sont les causes de la maladie ?  

Les causes du SOPK sont complexes et multifactoriels, incluant des facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux. Le diagnostic repose sur la présence d'au moins deux des critères suivants :

  • Hyperandrogénie ;
  • Ovaires polykystiques à l'échographie ;
  • Irrégularité menstruelle.

Ces critères doivent être confirmés après l'exclusion d'autres pathologies. 

 

Quelles peuvent être les complications de la maladie ?  

Le SOPK est associé à plusieurs complications à long terme, telles que :

Diabète de type 2 La majorité des femmes atteintes de SOPK présentent une résistance à l'insuline, ce qui augmente leur risque de développer un diabète de type 2. L'insulinorésistance est une condition où les cellules du corps ne répondent pas efficacement à l'insuline, entraînant une augmentation de la glycémie. 
Hypertension artérielle Les femmes atteintes de SOPK sont plus susceptibles de développer une hypertension artérielle en raison des déséquilibres hormonaux et de l'insulinorésistance. L'hypertension est un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires.
Maladies cardiovasculaires Le SOPK est souvent associé à des niveaux élevés de lipides sanguins, notamment de cholestérol et de triglycérides. Cette condition, connue sous le nom de dyslipidémie, augmente le risque de maladies cardiovasculaires, y compris les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux​.
Problèmes de santé mentale (anxiété, dépression) Les déséquilibres hormonaux et les symptômes physiques du SOPK, tels que l'acné, l'hirsutisme et les problèmes de poids, peuvent avoir un impact significatif sur la santé mentale. Les femmes atteintes de SOPK présentent des taux plus élevés d'anxiété et de dépression, souvent exacerbés par les défis liés à l'infertilité et aux stigmates sociaux​. 

Ces complications soulignent l'importance d'une prise en charge adéquate et continue​. 

 

Quels sont les traitements actuels du SOPK? 

 

La prise en charge symptomatique 

Actuellement, le traitement du SOPK vise principalement à gérer les symptômes. Les interventions comprennent :

  • Modifications du mode de vie : Régime alimentaire équilibré et exercice physique régulier pour améliorer les symptômes et réduire les risques métaboliques.
  • Médicaments : Contraceptifs oraux pour réguler les cycles menstruels et réduire l'hyperandrogénie, ainsi que des anti-androgènes et inducteurs d'ovulation pour les patientes souhaitant concevoir. 

 

Quelles sont les limites des traitements actuels ? 

Bien que les traitements actuels soient efficaces pour certains symptômes, ils ne guérissent pas le SOPK et peuvent avoir des effets secondaires. De plus, ces traitements nécessitent souvent une utilisation prolongée, ce qui peut être contraignant pour les patientes. 

 

Un médicament antipaludique redonne espoir aux patientes 

 

L'artémisinine : quel est son mécanisme d'action ? 

L'artémisinine, issue de l'armoise annuelle, est reconnue pour ses propriétés antipaludiques. Récemment, des chercheurs chinois ont exploré ses effets potentiels sur le syndrome des ovaires polykystiques. Des études ont porté sur l'artéméther, un dérivé de l'artémisinine, chez des souris, ainsi que sur la dihydroartémisinine chez 19 femmes.

Publiée dans Science, cette recherche met en avant les capacités de ces composés à traiter les symptômes et comorbidités du SOPK, principalement dus à la production excessive d'androgènes par les ovaires.

 

Chez les souris, l'administration d'artéméther a conduit à une baisse de 2 ng/ml de la testostérone sérique et à une diminution du nombre de follicules kystiques ou antraux, suggérant une amélioration de la morphologie ovarienne. Ces observations indiquent que l'artéméther pourrait améliorer l'hyperandrogénie, la régularité de l'ovulation et la fertilité dans les modèles murins du SOPK.

 

Quels sont les résultats chez les femmes ? 

Un essai clinique sur 19 femmes, traitées avec de la dihydroartémisinine sur une période de trois mois, a montré des améliorations significatives de la morphologie des ovaires et de la régularité des cycles menstruels. Le traitement a également réduit les niveaux de l'hormone antimüllérienne, souvent élevée chez les femmes atteintes de SOPK.

 

Des études in vitro ont révélé que l'artémisinine favorise la dégradation de l'enzyme CYP11A1, qui joue un rôle clé dans le clivage de la chaîne latérale du cholestérol, en se liant au domaine protéolytique LONP1. La surexpression de LONP1 réprime la production d'androgènes par les ovaires. Cette découverte ouvre des perspectives non seulement pour l'artémisinine, mais également pour d'autres molécules ciblant l'interaction LONP1-CYP11A1.

 

Bien que des études supplémentaires soient nécessaires pour comprendre pleinement les effets à long terme et optimiser les dosages, cette découverte représente une approche prometteuse pour le traitement du SOPK. Un nouvel essai clinique est en cours pour valider ces résultats, avec une conclusion prévue pour 2025.

 

 

Sources :