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Les troubles du comportement alimentaire (TCA)
3 grands types de TCA : boulimie, anorexie et hyperphagie

Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des maladies fréquentes en France. Caractérisées par des perturbations significatives et durables de la façon de s’alimenter, elles toucheraient 10% de la population, toutes formes confondues.

L’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont les principaux troubles du comportement alimentaire répertoriés.

Qu’est-ce que les troubles du comportement alimentaire (TCA) ?

Définition des TCA

Même si s’alimenter relève des fonctions vitales et instinctives de l’être humain, le comportement alimentaire est un mécanisme beaucoup plus complexe qu’une simple régulation énergétique et nutritionnelle.

Au-delà des aspects physiologiques, les conduites alimentaires sont dictées par des facteurs psychologiques, comportementaux (liés à l’apprentissage, principalement durant l’enfance) et environnementaux (liés à la culture et au rôle social de l’alimentation).

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), ou encore « troubles des conduites alimentaires », sont caractérisés par « l’existence de perturbations significatives et durables de la prise alimentaire ».  

Pour déterminer si le comportement est pathologique ou non, il est essentiel de prendre en compte le contexte culturel, et l’intensité des dérèglements sur l’aspect physique, psychique et social de l’individu.

En d’autres termes, les TCA pourraient être décrits comme une relation à l’alimentation et un comportement alimentaire différents des personnes du même environnement, associés à une souffrance psychique et des conséquences sur la santé physique.

Les troubles du comportement alimentaire deviennent, in fine, permanents, entraînant des troubles graves pouvant aller jusqu’à la mort.

Selon la classification du manuel de diagnostic des troubles mentaux et psychiatriques de l’Association Américaine de Psychiatrie, le DSM-5, trois grands TCA sont retenus :

  • L’anorexie mentale (anorexia nervosa)
  • La boulimie (bulimia nervosa)
  • L’hyperphagie boulimique (binge eating disorder)

Ces troubles des conduites alimentaires diffèrent des phases de restriction calorique associées aux régimes ou aux habitudes de suralimentation et de grignotage, par la présence d’un réel trouble psychiatrique.

D’autres troubles des conduites alimentaires existent également :

  • Le pica : la consommation compulsive de matériaux non-comestibles (craie, terre, plastique…)
  • Le mérycisme : la régurgitation et remastication d’aliments
  • Les restrictions ou évitement de certains aliments, ainsi que l’alimentation hypersélective
  • Les troubles non-spécifiques, pour la plupart des formes atypiques des TCA précédents



Quels sont les principaux troubles du comportement alimentaire ?

 

L’anorexie mentale

L’anorexie mentale est probablement l’un des troubles du comportement alimentaire les plus connus, car fortement médiatisée dans les années 1990-2000.

L’anorexie mentale, à ne pas confondre avec la perte d’appétit (anorexie), se caractérise par une restriction calorique importante au vu des besoins physiologiques, une image perturbée de son propre corps et une peur intense de prendre du poids.

Ce trouble du comportement alimentaire (TCA) est souvent visible physiquement, caractérisé par une perte importante de poids, qui réjouit en général la personne qui en souffre. Pourtant, cette dernière ne reconnaît en général pas la gravité de sa maigreur.

La personne souffrant d’anorexie mentale a l’impression d’être constamment en surpoids et cherche l’amaigrissement par tous les moyens : restriction calorique très importante (voire jeûne prolongé), pratique excessive d’activité physique, vomissements provoqués, comportements purgatifs (laxatifs par exemple)…

L’anorexie mentale touche principalement :

  • Les filles et les femmes : 8 femmes pour 1 homme, une différence bien plus élevée que pour les autres troubles du comportement alimentaire (TCA)
  • En particulier autour de l’adolescence (entre 15 et 25 ans dans 84 à 87% des cas), mais peut survenir plus tôt dans l’enfance ou à l’âge adulte

On estime que 0,6% de la population caucasienne serait touchée par l’anorexie dans sa vie. L’anorexie atteint toutes les catégories sociales.

L’anorexie mentale peut être associée à des conduites boulimiques, se manifestant par des comportements compensatoires (vomissements).

 

La boulimie et l’hyperphagie boulimique

La boulimie et l’hyperphagie boulimique ont longtemps été considérées comme deux formes du même trouble du comportement alimentaire (TCA).

La boulimie se caractérise par la survenue d’épisodes récurrents d’ingestion de grandes quantités de nourriture de façon compulsive et la mise en œuvre de comportements compensatoires visant à éviter la prise de poids (jeûne, vomissements, laxatifs, activité physique…).

L’hyperphagie boulimique a longtemps été considérée comme une forme de boulimie sans pratique compensatoire. Elle se présente par l’ingestion compulsive de grandes quantités de nourriture et une détresse liée à ces épisodes, au moins 1 fois par semaine pendant au moins 3 mois consécutifs.

Dans ces deux troubles du comportement alimentaire (tca), la prise alimentaire correspond à des critères définis dans le DSM-5 :

  • L’absorption de quantités largement supérieures à la moyenne et en peu de temps
  • L’impression de perdre le contrôle des quantités ingérées ou de la possibilité à s’arrêter

Dans l’hyperphagie boulimique, une prise de poids importante peut être constatée et constitue un facteur de risque dans le développement de l’obésité. En revanche, il n’y a pas nécessairement de prise de poids en cas de boulimie, de par la présence de mesures compensatoires.

Selon le référentiel de psychiatrie et d’addictologie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont des TCA légèrement plus répandus dans la population, bien que leur fréquence soit sans doute sous-estimée :

  • Entre 1 et 1,5% de la population pour la boulimie, avec 1 homme pour 3 femmes
  • Entre 3 et 5% de la population pour l’hyperphagie boulimique, avec environ 1 homme pour 2 femmes

 

Comment savoir si l’on a une TCA ?


Si je me reconnais dans les descriptions ci-dessus, il est possible que je souffre d’un trouble du comportement alimentaire.

Le psychiatre est le professionnel de santé habilité à poser un diagnostic. Il utilisera, entre autres, les critères de diagnostic du DSM-5.

Il est possible que je souffre de l’un de ces trois troubles du comportement alimentaire (TCA) si je présente ces symptômes.


Symptômes de l’anorexie

  • Je restreins significativement mes apports et j’ai un poids très bas
  • Je crains énormément de prendre du poids et d’être gros
  • Je ne me vois pas mon corps comme il est (dysmorphophobie), j’ai une faible estime de moi-même

Deux formes de ce TCA existent :

  • Au cours des 3 derniers mois, j’ai perdu beaucoup de poids en me restreignant, en jeûnant et/ou en faisant beaucoup de sport (type restrictif)
  • Au cours des 3 derniers mois, j’ai eu des crises d’hyperphagie récurrentes puis je me suis fait vomir ou j’ai utilisé des laxatifs et diurétiques (type hyperphagique / purgatif)

 

Symptômes de la boulimie

Je peux souffrir de ce TCA si je présente les symptômes suivants :

  • J’ai des épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée : je consomme des quantités largement supérieures à la moyenne en très peu de temps
  • Et j’ai l’impression de perdre le contrôle des quantités ingérées ou la possibilité de m’arrêter
  • J’ai une mauvaise estime de moi

Dans l’objectif de « compenser » les excès :

  • Je me fais vomir
  • Je prends des laxatifs ou des diurétiques
  • Je jeûne en suivant
  • Je fais beaucoup de sport

Les crises surviennent au moins 1 fois par semaine durant au moins 3 mois.

 

Symptômes de l’hyperphagie boulimique

Ce TCA se manifeste par des symptômes ressemblant à ceux de la boulimie :

  • J’ai des épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée : je consomme des quantités largement supérieures à la moyenne en très peu de temps
  • Et j’ai l’impression de perdre le contrôle des quantités ingérées ou la possibilité de m’arrêter

Dans ce trouble du comportement alimentaire, ces épisodes sont associés à au moins 3 des éléments suivants :

  • Je mange beaucoup plus rapidement que la normale
  • Je mange jusqu’à avoir mal au ventre
  • Je mange beaucoup, sans avoir faim
  • Je mange seul car je suis gêné de la quantité que je consomme
  • Je me dégoûte, je me sens coupable
  • Ces crises me génèrent de la détresse
  • Je ne mets pas en place de comportements pour « compenser »

Les crises surviennent au moins 1 fois par semaine durant au moins 3 mois consécutifs.

Les causes des TCA

 

L’origine des troubles du comportement alimentaire est encore mal connue. Les causes sont souvent multiples, associant un terrain génétique ou des anomalies biologiques, des facteurs déclenchants et des facteurs d’entretien.

 

Facteurs de risques des troubles du comportement alimentaire

 

Je suis plus à risque de souffrir d’un TCA si :

  • Je suis une femme, ou une adolescente en pleine puberté
  • J’ai suivi un régime restrictif pour perdre du poids
  • J’ai une profession qui nécessite de surveiller mon poids : mannequin, danseur, sportif
  • Je suis un régime pour une maladie (diabète de type 1, hypercholestérolémie familiale…)
  • Un membre de ma famille proche souffre du même trouble du comportement alimentaire
  • J’ai eu des épisodes dépressifs
  • Je subis une baisse de mon estime de moi
  • Je suis perfectionniste
  • J’ai vécu des événements de vie difficiles (deuil, séparation…)


Les troubles du comportement alimentaire (TCA) chez l’adolescent


À l’adolescence, de nombreux facteurs peuvent contribuer au déclenchement des troubles du comportement alimentaire.

D’une part, à la puberté, et notamment chez les filles, le corps change. Cela peut affecter l’estime de soi des jeunes filles, notamment en cas de prise de poids. Les moqueries et le harcèlement scolaire durant la période collège-lycée peut également fragiliser la santé mentale des adolescents.

L’adolescence est également le siège des premiers régimes amaigrissants. Selon une étude canadienne de la Société Canadienne de Pédiatrie Les régimes à l'adolescence, « 41 % à 66 % des adolescentes et de 20 % à 31 % des adolescents ont déjà tenté de perdre du poids ».

Tous ces facteurs peuvent concourir au développement d’un trouble du comportement alimentaire.

 



Comment soigner les TCA ?


Prise en charge des
troubles du comportement alimentaire


Même si l’évolution est souvent longue et fluctuant, il est possible de guérir d’un trouble du comportement alimentaire.

La prise en charge est toutefois spécifique et plus il est pris en charge tôt, plus le trouble du comportement alimentaire a de chances de guérir.

En effet, en limitant les souffrance psychologiques et physiques du malade et de ses proches, l’évolution en forme chronique (plus de 5 ans) et les risques de rechutes et de complications diminuent.

La prise en charge recommandée est multidisciplinaire, associant le médecin traitant, des spécialistes (pour les conséquences physiques), des psychiatres ou psychologues, ainsi que des médecins nutritionnistes ou des diététiciens.

Les thérapies familiales et/ou de groupe peuvent également être indiquées en cas de troubles du comportement alimentaire (TCA).

 


Conséquences des
troubles des conduites alimentaires


En l’absence de prise en charge, les troubles du comportement alimentaire peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la santé physique de celui qui en souffre :

  • Une malnutrition, voire une dénutrition
  • Des troubles digestifs
  • Des troubles menstruels et infertilité
  • Des déficits cognitifs
  • Un dysfonctionnement rénal
  • Une ostéoporose
  • Risque d’arrêt cardiaque
  • Problèmes dentaires

Dans le cas de l’anorexie, le risque de mortalité est multiplié par 5.

Pour l’hyperphagie boulimique, le surpoids puis l’obésité peuvent entraîner à terme des maladies métaboliques et cardiovasculaires, ainsi que des atteintes articulaires.

Enfin, les troubles du comportement alimentaire (TCA) peuvent avoir une incidence forte sur le plan psychique :

  • Anxiété
  • Dépression
  • Idées suicidaires
  • Isolement
  • Interruption des études ou d’une activité professionnelle

Demande de l’aide est la première étape vers la guérison.

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Propos écrits par Amanda Huguet-Millot, Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé


Sources :