Assises de la ménopause : 13 mesures annoncées par Stéphanie Rist

 

 

L'essentiel en 30 secondes

 

  • Le 15 octobre 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé 13 mesures lors des premières Assises de la ménopause, selon le ministère de la Santé (16 octobre 2026).

  • 17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont concernées en France soit près d'un quart de la population. Pourtant, seules 51 % se déclarent bien informées et 61 % n'ont jamais reçu d'information d'un professionnel de santé (ministère de la Santé, 2026).

  • La Haute Autorité de santé (HAS) est saisie pour étudier la prescription du traitement hormonal de la ménopause (THM) par les sages-femmes ; son avis est attendu au premier trimestre 2027 (VIDAL, 16 octobre 2026).

  • Une campagne nationale de Santé publique France démarre en janvier 2027, et de nouvelles recommandations de la HAS sont attendues  courant 2027 (ministère de la Santé, 2026).

  • 496 245 femmes ont pris un THM en 2025, soit 4,4 % des 45-60 ans, selon l'ANSM (25 juin 2026).

Les premières Assises de la ménopause, organisées le 15 octobre 2026 à Paris, ont débouché sur 13 mesures pour mieux informer les femmes, mieux former les professionnels et faciliter le suivi médical. Les annonces clés : une campagne nationale en janvier 2027, un espace dédié sur Santé.fr, une future consultation longue ménopause et une saisine de la HAS sur le rôle des sages-femmes dans la prescription du THM. La plupart de ces mesures entreront en vigueur en 2027 : rien ne change automatiquement pour les patientes aujourd'hui.

 

Que sont les Assises de la ménopause ?

 

Les Assises de la ménopause sont une première rencontre nationale organisée par le ministère de la Santé le 15 octobre 2026, à PariSanté Campus. Elles font suite au rapport parlementaire d'avril 2025 sur la ménopause, qui formulait 25 propositions (Ministère de la Santé, 2025).

La ménopause correspond à l'arrêt des règles depuis au moins 12 mois, lié à la baisse des hormones ovariennes. Selon l'Assurance Maladie (3 mars 2026), l'âge moyen d'entrée dans la ménopause est de 51 ans en France. Elle est précédée d'une périménopause de 2 à 4 ans, période de transition où les cycles deviennent irréguliers.

Le sujet concerne une large part de la population : selon le ministère de la Santé, 87 % des femmes de 50 à 65 ans ont au moins un symptôme, les bouffées de chaleur touchant environ 70 % d'entre elles. 

Femme se renseignant sur les assises de la ménopause 2026

Le manque d'information reste important. Selon le ministère de la Santé (2026), seules 51 % des femmes se déclarent bien informées, 61 % des femmes concernées n'ont jamais reçu d'information d'un professionnel de santé et 57 % jugent le sujet difficile à aborder. D'après les premiers résultats du projet de recherche CLIMATERE, mené à l'Hôpital Foch, 49 % des femmes déclarent une altération importante de leur qualité de vie.

 

Les 13 mesures annoncées et leur calendrier

 

Les mesures s'organisent en cinq axes : information, formation des professionnels, parcours de soins, rôle des sages-femmes et coût social de la ménopause.

Axe Mesure Échéance annoncée
 Information  Campagne nationale de Santé publique France avec Mesdames Productions (10 vidéos pédagogiques) Janvier 2027
 Information  Espace dédié à la ménopause sur Santé.fr En ligne depuis le 15 octobre 2026
 Information  Guide de bonnes pratiques pour les créateurs de contenus  Publié
 Information  Guide de communication pour les acteurs publics En préparation
 Information  Intégration de la ménopause aux travaux contre la désinformation en santé Non précisée
 Formation Nouvelles recommandations de la HAS, largement diffusées auprès des professionnels de santé Fin du premier semestre 2027
 Formation Ménopause inscrite dans les orientations prioritaires de formation continue Non précisée
 Formation Diffusion des connaissances dans les facultés de santé Non précisée
 Parcours de soins Renforcement de Mon bilan prévention (45-50 ans) Non précisée
 Parcours de soins  Consultation longue ménopause, à négocier avec les sages-femmes Négociations « dans les prochaines semaines »
 Parcours de soins  Reprise des négociations avec les médecins sur la consultation longue ménopause  Non précisée
Sages-femmes Saisine de la HAS sur la prescription du THM par les sages-femmes Avis attendu au 1er trimestre 2027
Coût social Étude du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan Journée mondiale de la ménopause 2027

Sources : communiqué du ministère de la Santé (15 octobre 2026), VIDAL (16 octobre 2026).

 

Mieux informer les femmes sur la ménopause

 

L'information est le premier axe du plan, car le manque de connaissances reste fréquent. Dès janvier 2027, Santé publique France diffusera dix vidéos courtes sur la périménopause et la ménopause.

Un espace dédié est déjà accessible sur Santé.fr, le service public d'information en santé. Le ministère prévoit aussi d'intégrer la ménopause à ses travaux contre la désinformation, un enjeu fort sur les réseaux sociaux.

 

Une consultation longue ménopause en préparation 

 

La consultation longue ménopause n'est pas encore disponible : ses modalités doivent être fixées par des négociations entre l'Assurance Maladie et les professionnels. Selon VIDAL (16 octobre 2026), les négociations avec les médecins ouvertes au printemps « n'ont pas abouti » ; celles avec les sages-femmes doivent démarrer dans les prochaines semaines.

Cette consultation doit permettre un bilan global de santé : symptômes, risques cardiovasculaires et osseux, hygiène de vie. En attendant, le dispositif Mon bilan prévention existe déjà pour les 45-50 ans. Selon l'Assurance Maladie, il est pris en charge à 100 % et peut être réalisé avec un médecin, une sage-femme, un infirmier, un masseur-kinésithérapeute ou un pharmacien. 

 

Sages-femmes et traitement hormonal : ce que va examiner la HAS

 

La HAS doit déterminer dans quelles conditions les sages-femmes pourraient prescrire le traitement hormonal de la ménopause (THM). Aujourd'hui, elles assurent déjà des consultations gynécologiques en périménopause et ménopause, mais ne peuvent pas prescrire de THM.

Le THM associe le plus souvent un œstrogène et un progestatif pour compenser la baisse hormonale. Dans sa réévaluation de septembre 2025, la HAS a confirmé sa place pour soulager les troubles du climatère (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) et, dans certaines situations, prévenir l'ostéoporose chez les femmes présentant un risque accru de fracture et ne pouvant pas bénéficier des autres traitements indiqués dans cette prévention. Elle rappelle que la balance bénéfices/risques doit être réévaluée au moins une fois par an, avec la dose minimale efficace.

Le recours au THM progresse : selon l'ANSM (25 juin 2026), 496 245 femmes étaient traitées en 2025, soit 4,4 % des 45-60 ans, contre 3,6 % en 2022. L'agence rappelle que ce traitement reste encadré, en raison des risques thromboemboliques, cardiovasculaires et de cancer du sein mis en évidence au début des années 2000.

La mesure fait débat chez les professionnels. Les sages-femmes se disent prêtes, tandis que certains gynécologues estiment que la première prescription doit rester réservée aux médecins (VIDAL, 2026). L'avis de la HAS doit rendre un avis sur ce point.

 

Mesurer le coût social de la ménopause

 

Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan est chargé d'évaluer le coût économique et social du manque d'information et de prise en charge. Ses conclusions sont attendues pour la Journée mondiale de la ménopause, en octobre 2027 (Ministère de la Santé, 2026).

 

Ce qui change pour vous dès maintenant

 

Plusieurs mesures annoncées nécessitent encore des travaux ou des négociations, mais des ressources sont déjà disponibles :

  • l'espace ménopause de Santé.fr, pour s'informer à partir de sources officielles ;

     

  • Mon bilan prévention entre 45 et 50 ans, pour faire le point sur sa santé ;

     

  • une consultation avec un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme en cas de symptômes gênants.

Seul un professionnel de santé peut évaluer si un traitement, hormonal ou non, est adapté à votre situation.

 

Ce qu'il faut retenir

 

  • 13 mesures ont été annoncées le 15 octobre 2026 pour mieux informer, former et accompagner les 17,2 millions de femmes concernées.

     

  • L'espace ménopause de Santé.fr est déjà en ligne ; la campagne nationale démarre en janvier 2027.

     

  • La consultation longue ménopause reste à négocier : elle n'est pas encore disponible.

     

  • La HAS devrait rendre son avis sur la prescription du THM par les sages-femmes au premier trimestre 2027. De nouvelles recommandations sur la prise en charge de la ménopause sont également attendues en 2027.  

     

  • En cas de symptômes gênants, un médecin ou une sage-femme peut dès aujourd'hui vous accompagner.

 

 

Questions fréquentes

 

Quelles sont les mesures annoncées aux Assises de la ménopause ?

La ministre de la Santé a annoncé 13 mesures : une campagne nationale en janvier 2027, un espace Santé.fr, des guides d'information, de nouvelles recommandations de la HAS, une consultation longue ménopause, une saisine de la HAS sur le rôle des sages-femmes et une étude sur le coût social de la ménopause (Ministère de la Santé, 2026).

Les sages-femmes peuvent-elles prescrire un traitement hormonal de la ménopause ?

Pas à ce jour. La HAS a été saisie pour définir les conditions d'une éventuelle prescription par les sages-femmes ; son avis est attendu au premier trimestre 2027 (VIDAL, 2026).

La consultation ménopause est-elle déjà disponible ?

Non. Son principe a été annoncé, mais ses modalités et sa prise en charge doivent encore être négociées entre l'Assurance Maladie et les professionnels de santé (VIDAL, 2026).

À quel âge arrive la ménopause ?

En France, l'âge moyen d'entrée dans la ménopause est de 51 ans. Les premiers signes de périménopause apparaissent souvent vers 45 ans (Assurance Maladie, 2026).

Le traitement hormonal de la ménopause est-il dangereux ?

Le THM a des bénéfices reconnus sur les bouffées de chaleur et la prévention de l'ostéoporose, mais aussi des risques, notamment thromboemboliques et de cancer du sein. La HAS recommande une évaluation individuelle et une réévaluation au moins annuelle par un professionnel de santé (HAS, 2025).

À qui parler de ses symptômes de ménopause ?

Vous pouvez consulter votre médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme. Entre 45 et 50 ans, Mon bilan prévention offre aussi un temps d'échange dédié (Assurance Maladie, 2026).

 

 

Sources