Le froid rend-il malade ? Vrai ou faux

 

 

« Couvre-toi, tu vas attraper froid ! » On l'a tous entendu. Pourtant, le froid n’entraîne pas directement l’apparition d’un rhume. En réalité, pour être enrhumé, il faut avoir été infecté par un virus. En revanche, il se peut que le froid favorise certaines infections en affaiblissant nos défenses immunitaires nasales.

 

L'essentiel en 30 secondes

 

  • Selon Santé.fr (mise à jour du 5 février 2024), le froid n’entraîne pas directement l’apparition d’un rhume. Il faut avoir été en contact avec un virus pour cela.
  • Selon une étude publiée en 2023, une exposition à à 4 °C pendant 15 minutes après avoir profité d’une température ambiante de 23 °C fait baisser la température à l'intérieur du nez d'environ 5 °C (Santé.fr, 2024).
  • Selon des observations en laboratoire, ce refroidissement provoque l’affaiblissement des défenses immunitaires nasales avec une multiplication du virus doublée.. Ce résultat reste toutefois à confirmer chez l'être humain.
  • Un rhume guérit le plus souvent spontanément en 5 à 20 jours selon les individus (Ameli, mise à jour du 20 décembre 2024).
  • Attention ! Les antibiotiques n’ont pas d’effet sur les virus. Ils ne sont donc pas capables de traiter un rhume ! (Ameli, mise à jour du 4 février 2026).

 

Le froid rend-il malade ?

 

Faux : le froid ne suffit pas à provoquer un rhume. Également appelé “rhinopharyngite”, le rhume est en effet une infection causée par un virus. Ainsi, sans infection virale , pas de rhume, même lorsque les températures sont très basses.

En cas de rhume, plusieurs virus peuvent être incriminés, tels que le rhinovirus, certains coronavirus ou encore le VRS (virus respiratoire syncitial) (Ameli, 2024). Ces virus se transmettent principalement par l'air mais aussi par les mains ou les objets contaminés.

L'idée selon laquelle le froid affaiblit nos défenses immunitaires est ancienne, mais a longtemps manqué de preuves. En 1968, une étude sur 44 volontaires n'a pas montré que le froid les rendait plus sensibles au rhume (Santé.fr, 2024). La piste n'a été relancée que récemment.

 

Pourquoi tombe-t-on plus souvent malade quand il fait froid ?

 

Les rhumes sont plus fréquents en automne et en hiver (Ameli, 2024) et plusieurs facteurs peuvent expliquer ce caractère saisonnier.

 

1. Le nez se défend moins bien quand il se refroidit

C’est l’hypothèse soutenue par une étude publiée en 2023 et relayée par Santé.fr. Les chercheurs ont en effet observé qu’une exposition à 4 °C pendant 15 minutes après avoir profité d’une température ambiante de 23 °C faisait baisser la température à l'intérieur du nez d'environ 5 °C.

Forts de ce constat, ils ont alors reproduit ce refroidissement sur des cellules nasales humaines étudiées en laboratoire. Ils ont alors observé que ce refroidissement provoquait à la fois l’affaiblissement des défenses antivirales de la muqueuse nasale (la paroi intérieure du nez) et le doublement de la multiplication virale.

Obtenus sur des cellules en culture, ces résultats ne prouvent cependant pas que le froid « divise les défenses immunitaires par deux » et nécessitent d’être approfondis au moyen d’études complémentaires.

 

2. Le chauffage assèche l'air

Froid vrai faux chauffage

En hiver, l'air des logements chauffés peut rapidement devenir sec et risque de fragiliser les muqueuses du nez. En effet, pour pouvoir jouer leur rôle de protection, elles ont besoin d’un environnement suffisamment humide.

 

3. Certains virus résistent mieux que d'autres au froid

Selon la nature du virus et les conditions environnementales, certains virus peuvent être dégradés plus lentement en cas de froid. Ils restent donc infectieux plus longtemps.

 

4. Le temps passé à l’intérieur est plus élevé

Lorsque les températures baissent, nous passons davantage de temps dans des endroits fermés comme les logements, les bureaux ou encore les transports en commun. Or, les lieux fréquentés ou insuffisamment ventilés favorisent la transmission interindividuelle des virus respiratoires (Santé.fr, 2024).

 

 

Les cheveux mouillés peuvent-ils provoquer un rhume ?

 

Faux : sortir les cheveux mouillés ne provoque pas directement un rhume. Comme avec le froid, il faut en effet avoir été infecté au préalable par un virus pour tomber malade (Santé.fr, 2024).

En réalité, les cheveux mouillés sont à l’origine d’une perte de chaleur responsable d’ une sensation de froid désagréable pouvant être accentuée par le vent. Sécher ses cheveux avant de sortir reste une bonne habitude de confort, mais il n’a jamais été démontré scientifiquement que ce geste permettait de prévenir le rhume.

Froid vrai faux cheveux mouillés

Peut-on attraper un rhume en été ?

 

Vrai. Les virus circulant toute l'année, il est tout à fait possible de s’enrhumer en plein été, comme l’ont prouvé les vagues estivales de Covid-19 (Santé.fr, 2024).

Moins fréquent en été, le rhume peut néanmoins survenir à n’importe quelle période de l’année (Ameli, 2024). Par ailleurs, les appareils de climatisation produisent de l’air parfois très sec qui aggrave l’inconfort nasal (Ameli, mise à jour du 5 février 2026).

 

Comment se protéger du froid pour limiter les risques de s’enrhumer ?

 

Le meilleur moyen de prévenir les rhumes consiste à réduire l’exposition aux virus respiratoires.

Zoom sur les gestes clés qui sont recommandés par Santé publique France (8 octobre 2026) et l’Assurance maladie (Ameli, 2026) :

  • se laver les mains régulièrement, ou utiliser du gel hydroalcoolique ;
  • tousser et éternuer dans son coude ou dans un mouchoir jetable ;
  • aérer son logement régulièrement, même en hiver ;
  • porter un masque dès l’apparition des premiers symptômes en présence de personnes fragiles et dans les lieux fréquentés ;
  • limiter les contacts rapprochés et les embrassades lorsqu’on est malade.

Enfin, couvrir le nez et la bouche au moyen d’une écharpe peut aider à limiter le refroidissement du nez. C'est une piste cohérente avec l'étude de 2023, mais à ce jour, aucune étude n’a encore prouvé que porter une écharpe permettait de prévenir les rhumes.

 

Rhume : quand consulter un médecin ?

Froid vrai faux rhume

Comment soulager un rhume ?

 

Chez l’adulte, un rhume guérit le plus souvent spontanément et ne nécessite pas toujours de consultation. Quelques mesures simples suffisent à soulager les symptômes en attendant la guérison : lavage régulier du nez au sérum physiologique et prise de paracétamol si besoin et en l’absence de contre-indications, en respectant les doses recommandées (Ameli, 2026). Les antibiotiques sont inutiles en cas de rhume car ils n'agissent pas sur les virus (HAS, mise à jour du 13 mai 2025).

Notons qu’en cas de rhume, l’utilisation des médicaments contenant un vasoconstricteur (pseudoéphédrine) est déconseillée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, 2026) en raison de leurs risques d’effets indésirables parfois graves. Depuis le 11 décembre 2024, leur délivrance nécessite une ordonnance médicale.

Les signes qui doivent amener à consulter

 

Selon l’Assurance maladie, il est conseillé de consulter un médecin dans les cas suivants :

  • si les symptômes ne régressent pas au bout de 15 à 20 jours ;
  • si les symptômes s'aggravent brutalement ;
  • si la fièvre dépasse 38,5 °C ;
  • en cas de maux de tête intenses, de vomissements, de difficultés à respirer ou à avaler ;
  • en cas de forte douleur à l'oreille, de conjonctivite ou de signes de sinusite ;
  • en cas de maladie chronique, notamment pulmonaire ou de défenses immunitaires affaiblies (immunodépression).

Quand faut-il appeler le 15 ?

En cas de difficulté respiratoire ou d’autres signes de détresse, il s’agit d’une urgence vitale et il convient d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. Notons que ces consignes concernent le patient adulte. Chez le nourrisson et l’enfant, les signes d’alerte et les délais de consultation diffèrent.

Un doute sur vos symptômes ? Un médecin MEDADOM peut vous répondre en téléconsultation, 7 j/7 de 6 h à 23 h. Il peut évaluer vos symptômes, vérifier qu'il s'agit d'un simple rhume, vous conseiller pour vous soulager et vous orienter vers une consultation physique si un examen clinique s’avère nécessaire. Téléconsultation remboursable aux conditions de l’Assurance maladie.

 

 

Sources