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Le ballonnement, une sensation bénigne mais handicapante
Le ballonnement, sensation de distension abdominale, toucherait 50% de la population. Bénin mais très handicapant, il existe des solutions

Aussi appelé météorisme ou gonflement abdominal, le ballonnement est un trouble relativement fréquent mais qui peut être très handicapant. En France, la moitié de la population serait touchée par les ballonnements abdominaux et près de deux tiers seraient gênés par leurs émissions de gaz.

Qu’est-ce que le ballonnement ?

Définition du ballonnement

« Je suis ballonné » peut être une phrase que l’on prononce pour décrire plusieurs situations : 

  • Des gargouillis dans le tube digestif, aussi appelés “bruits hydro-aériques
  • Une tension dans le ventre, provoquant des douleurs liées à la plénitude du ventre après le repas
  • Des flatulences, c’est-à-dire une émission de gaz, que l’on peut considérer comme trop fréquente
  • Un sentiment accentué après un gain de poids récent

Chez le sujet en surpoids, le ballonnement peut traduire une tension dans l’abdomen issue de l’accroissement de la graisse abdominale. En d’autres termes, le gras accumulé au niveau du ventre commence à appuyer sur les organes et notamment l’estomac, engendrant une sensation désagréable.


Comment se manifeste le
ballonnement ?

Le ballonnement est dû aux gaz intestinaux, appelés communément pets

En médecine, le ballonnement abdominal « vrai » est une sensation subjective, plus ou moins étendue d’un gonflement abdominal, associée ou non à un gonflement objectif (et mesurable). 

Cela signifie que le ballonnement se ressent mais ne se voit pas forcément ! En effet, plus d’un quart des patients se plaignant de ballonnement présentent un ventre plat à l’examen et leur périmètre abdominal n’augmente pas.

Si j’ai l’impression que mon estomac est gonflé, qu’il le soit objectivement ou non, je souffre de ballonnement. 

 

Ballonnement : plusieurs causes possibles

 

Les 4 facteurs à l’origine du météorisme abdominal

Ce ballonnement abdominal puise son origine dans quatre facteurs clairement identifiés selon l’Association de Formation Médicale Continue d’Hépato-Gastro-Entérologie. On retrouve donc dans le mécanisme des ballonnements, un ou plusieurs des facteurs suivants :

  • Un mauvais fonctionnement des muscles de la sangle abdominale : les réflexes musculaires censés permettre la répartition harmonieuse des gaz dans l’abdomen peuvent être perturbés, entraînant une sensation de pression supérieure dans l’abdomen, notamment chez des patients souffrant de ballonnement brutal à la suite du repas.
  • Un bouleversement du cheminement des gaz dans l’intestin : chez les patients ballonnés, les gaz retenus sont souvent supérieurs à ceux chez un sujet sain. Ce facteur peut s’accompagner de troubles du transit, tels que la constipation.
  • Une hypersensibilité viscérale : elle rendrait le patient plus sensible aux déplacements de gaz. Cela expliquerait que 25% des personnes souffrant de ballonnement présentent un abdomen plat. Ce facteur est retrouvé particulièrement chez les patients qui présentent un syndrome de l’intestin irritable (SII) avec diarrhée.
  • Une production intestinale excessive de gaz : ce facteur, plus rare et plus discuté, correspondrait à une intensité des processus fermentaires excessive, notamment dans le cas d’un SII, d’un dérèglement de la flore intestinale ou d’une intolérance alimentaire (lactose, fructose, sorbitol…). Dans ce cas, une alimentation adaptée peut aider à améliorer le ballonnement des sujets

Le météorisme est donc dû aux gaz intestinaux (appelés communément « pets »), qu’il s’agisse d’un excès de ceux-ci, de leur mauvaise répartition ou d’une hypersensibilité à leur pression dans l’abdomen. Si les gaz ne sont pas éliminés, ils finissent par s’accumuler et provoquer des douleurs abdominales.

Un ou plusieurs de ces facteurs peuvent donc co-exister dans l’origine du ballonnement, qu’il s’agisse d’un ballonnement abdominal simple ou d’un ballonnement accompagné de douleurs abdominales chroniques et à un trouble du transit (SII).

 

La fermentation intestinale : cause de ballonnement ?

Le corps est rempli de bactéries, certaines bénéfiques, et d’autres pathogènes. Dans le corps, il y aurait même plus de bactéries que de cellules humaines !

Au niveau digestif est abrité tout un écosystème : le microbiote intestinal, constitué d’environ 2kg de micro-organismes. Celui-ci est chargé de la fermentation intestinale, un processus naturel et bénéfique pour l’organisme, tant pour la digestion que pour l’immunité.

Nous l’avons vu, le ballonnement est une histoire de gaz. Or, le microbiote se nourrit des éléments que le tube digestif n’est pas équipé pour digérer (tels que les fibres) et les dégrade en produisant des gaz.

En cas de dysbiose (déséquilibre de la flore), certaines souches responsables de la production d’une grande quantité de gaz pourraient se développer et être responsables du météorisme.

Par ailleurs, même dans le cas d’un microbiote sain, certains aliments favorisent naturellement la production de gaz et donc potentiellement le gonflement de l’abdomen. C’est notamment le cas des légumineuses (haricots blancs, lentilles, pois chiche…) et des choux, qu’on classe donc dans les « aliments fermentescibles ».

Le ballonnement et les autres pathologies


Ballonnement et constipation

La constipation est la première cause de ballonnement. En prolongeant le temps de passage des selles dans les intestins, les gaz se retrouvent bloqués et entraînent une distension de l’abdomen.

Les conseils à appliquer sont alors ceux de la constipation. La résolution de la constipation devrait entraîner l’arrêt du ballonnement.

 

Ballonnement et intolérances alimentaires

Le ballonnement peut également être dû à une intolérance alimentaire. En effet, non-digérées, certaines molécules peuvent entraîner une fermentation intestinale et provoquer la synthèse de gaz.

C’est notamment le cas de l’intolérance au lactose (le sucre du lait), au fructose (un sucre présent dans les fruits et le miel, entre autres) et au sorbitol (un sucre-alcool présent dans certains produits et chewing-gum sans sucres).

Au-delà du météorisme, ces intolérances peuvent être sources de diarrhées.

 

Ballonnement et syndrome de l’intestin irritable (SII)

Le ballonnement peut être secondaire au syndrome de l’intestin irritable ou au syndrome du côlon irritable. Cette pathologie peut également être appelée colopathie fonctionnelle ou trouble fonctionnel intestinal. Cette pathologie n’engage pas le pronostic vital mais altère considérablement la qualité de vie.

Le SII toucherait 15% de la population, avec deux fois plus de femmes que d’hommes. 

Je peux être atteint de colopathie fonctionnelle si je présente les symptômes suivants au moins un jour par semaine depuis 3 mois :

  • Une douleur abdominale chronique à type de spasme
  • Un ballonnement abdominal : second grand motif de consultation, empêchant le port de vêtements serrés
  • Des troubles du transit : diarrhée, constipation, voire alternance des deux

Cette pathologie est accentuée par le stress.

 

Que faire contre le ballonnement ?

Certaines plantes peuvent aider contre le ballonnement

Que manger si je suis ballonné ?

D’un point de vue nutritionnel, seuls deux facteurs du ballonnement sont a priori influencés par l’alimentation : la perturbation du transit et la production de gaz par fermentation.

 

Si mon transit intestinal est également perturbé

Si mon ballonnement est accompagné d’un trouble du transit, je suis les recommandations adaptées à la diarrhée ou à la constipation.

 

Si je produis beaucoup de gaz

Si mon ballonnement se caractérise par une forte production de gaz, je peux éliminer temporairement les aliments fermentescibles un à un et les réintroduire progressivement pour tester ma sensibilité. L’exclusion de l’aliment ne sera nécessaire qu’en cas d’amélioration des symptômes.

Les aliments fermentescibles pouvant aggraver mon ballonnement sont :

  • Les aliments riches en fibres sont à consommer en les répartissant bien sur la journée : céréales et pain complets, son, légumineuses, légumes, fruits secs…
  • Les légumes « gazogènes » : oignon, salsifis, artichaut, chou, navet, soja, poireau, asperge, petit pois, champignons (qui contiennent des glucides mal digérés)
  • Les produits « light » : riches en édulcorants de type polyols (sucre-alcools dont le nom finit par « -ol », tels que sorbitol, xylitol, maltitol)
  • D’autres aliments : la chicorée, la banane peu mûre…

En cas de SII associé au météorisme, un régime contrôlé en FODMAPS (sucres fermentescibles) peut également être adapté. 

Remarque : Ces régimes nécessitent une prise en charge par un médecin et/ou un diététicien spécialisé dans la gestion de ces troubles. L’exclusion des aliments sans suivi est un risque de carence et peut entraîner des conséquences sur ma santé.

 

Conseils généraux

Pour limiter le ballonnement, je peux également suivre quelques conseils simples :

  • J’évite de manger trop gras, pour limiter mon travail de digestion
  • Je limite les boissons gazeuses, l’alcool et les boissons contenant de la caféine
  • Je mange dans le calme, lentement, en mastiquant bien

Je peux également demander conseil à mon médecin pour dépister une éventuelle intolérance, responsable du météorisme.

Certaines plantes peuvent également m’aider : cumin, anis, carvi, aneth… En plus de leur action contre le ballonnement, elles apportent du goût à mes plats.

 

Le rôle du médecin dans la prise en charge du ballonnement


Dois-je consulter ?

Le ballonnement n’entraîne généralement pas de complications, c’est pourquoi certains patients rechignent à consulter. Pourtant, le météorisme peut être très désagréable et handicapant, poussant parfois le malade à s’isoler et refuser les évènements sociaux.

Il est possible de trouver des solutions avec un médecin, et de trouver la cause de mes ballonnements pour mieux les prendre en charge.

Par ailleurs, si mon ballonnement entraîne des douleurs trop fortes et/ou est accompagné de ces symptômes, je prends rapidement rendez-vous avec un médecin :

  • Je n’arrive plus à aller à la selle ou à émettre des gaz
  • Je vomis, je fais des malaises, je suis constipé depuis plusieurs jours
  • J’ai de la diarrhée, de la fièvre, des frissons
  • Il y a du sang dans les selles
  • Si mes ballonnements persistent longtemps

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Les pistes de traitement

Le ballonnement n’est pas une fatalité. Consulter un médecin permettra de faire les recherches nécessaires et d’éliminer les différentes pathologies. 

Cerner l’origine de mon météorisme me permettra aussi d’améliorer la prise en charge. Le médecin pourra m’aider sur mon alimentation ou me diriger vers un diététicien spécialiste de ce trouble.

Enfin, il pourra me proposer des traitements tels que le charbon actif ou des probiotiques.

Remarque : le charbon actif diminue l’absorption de certains nutriments et de certains médicaments. Il est essentiel d’en parler avec votre médecin ou votre pharmacien avant de vous auto-médiquer.

Le ballonnement peut être à l’origine d’une souffrance insidieuse, souvent difficile à évoquer par honte du sujet. Pourtant, en parler avec mon médecin est le premier pas vers une vie sans cette gêne !

 

Propos écrits par Amanda Huguet-Millot, Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé

 

Sources : 

  • Abrégé d’hépato-gastro-entérologie. Colopathie fonctionnelle. Editions Elsevier-Masson 2ème édition - Partie « Connaissances » - 2012
  • Ameli – Syndrome du côlon irritable
  • Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie – Ballonnement abdominal : Quoi de neuf ?
  • INSERM – Microbiote intestinal
  • Sender R, Fuchs S, Milo R (2016) - Revised Estimates for the Number of Human and Bacteria Cells in the Body. PLoS Biol 14(8): e1002533.  
  • Service public d’information en santé – Ballonnement, flatulence et aérophagie
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) – Conseil de pratique – Ballonnement abdominal chronique
  • VIDAL – Ballonnement, flatulence et aérophagie